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	<title>Consternant</title>
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	<description>Comprendre l’écologie et la société à travers des récits inspirants</description>
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	<title>Consternant</title>
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		<title>Voyage spatial de Katy Perry &#038; co : la bêtise sur orbite</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ghislain Journé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 May 2025 14:33:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Consternant]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qu’ils furent éprouvants ces témoignages de six femmes puissantes embarquées dans la navette de Jeff Bezos, le non moins puissant patron de Blue Origin venu en personne assister au décollage [&#8230;]</p>
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<p>Qu’ils furent éprouvants ces témoignages de six femmes puissantes embarquées dans la navette de Jeff Bezos, le non moins puissant patron de Blue Origin venu en personne assister au décollage de sa fusée en forme de chibre…</p>



<p>Retour sur ce vol spatial touristique 100 % féminin, 100 % VIP, 100 % indécent – et sur la bataille bien réelle des récits qui se joue derrière cette pseudo conquête spatiale instagrammable. Car pendant que notre planète surchauffe et que certains s’obstinent à ne rien voir, d’autres s’emploient à réenchanter l’avenir dans les limites planétaires, en traçant les contours d’un futur à la fois possible et désirable.</p>



<p>«&nbsp;We are all in this together&nbsp;!&nbsp;» (on est tous là-dedans ensemble) s’enflamma Lauren Sanchez, la compagne du milliardaire, manifestement émue de prendre soudain conscience que nous étions tous, humains, embarqués sur le même vaisseau terre… et qu’il n’y avait pas de&nbsp;planet B&nbsp;? Sanchez n’est pas allée jusqu’à verbaliser ce constat implacable, peut-être encore hors de portée tant on semblait loin, ici, d’avoir saisi le concept de limite planétaire.</p>



<p>«&nbsp;I can’t wait to go back out there&nbsp;!&nbsp;» (j’ai trop hâte d’y retourner) s’est exclamée Aisha Bowe, ingénieure aérospatiale, également membre de l’excursion. Enfonçant le clou quelques jours plus tard dans CBS mornings – une émission matinale incontournable aux États-Unis :&nbsp;« J’aurais aimé qu’ils (nos détracteurs) voient le visage de Zofia. Une petite fille de six ans qu’on a accueillie. C’est peu dire qu’elle était excitée&nbsp;! Je lui ai demandé : “Maintenant que tu as vu un lancement, qu’est-ce que tu veux faire ?” Et elle m’a répondu : “Je veux aller dans l’espace et je veux aider à protéger la Terre.” Et je me suis dit : c’est pour ça qu’on est là. »</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Gayle King, Aisha Bowe describe the moment Earth came into view during historic spaceflight" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/5xak17GtDTs?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div><figcaption class="wp-element-caption">Extrait de l&#8217;émission CBS Mornings.</figcaption></figure>



<p>Envoyer un maximum de monde dans l’espace pour protéger la terre&nbsp;? En voilà une idée&nbsp;! Ou quand l’émotion et les rêves d’une petite fille justifient la dégradation organisée des conditions d’habitabilité de la planète, pour le bon plaisir d’une poignée d’ultra-privilégiés.</p>



<p>«&nbsp;It’s a reminder of how we need to do better and be better, as human beings. If everybody could experience the peace that we had up-there&nbsp;» (C’est un rappel que nous devons faire mieux et être meilleurs, en tant qu’êtres humains. Si tout le monde pouvait expérimenter la paix que nous avons ressentie là-haut…). Pour la célèbre journaliste Gayle King, il aura fallu un voyage dans l’orbite terrestre pour délivrer un message digne d’un enfant de 4 ans verbalisant les bénéfices d’un temps calme.</p>



<p>La bonne nouvelle est que pour l’immense majorité des humains, il n’est pas nécessaire de faire un tour dans l’espace pour apprendre à être de meilleures personnes. Cela s’apprend en cultivant sa sensibilité aux autres et au vivant qui nous entoure&nbsp;: forêt, montagne, océans, animaux… ce «&nbsp;grand tout&nbsp;» dont on fait partie intégrante.</p>



<p>Faire mieux et être meilleur, cela commencerait donc, pour Gayle King, par se soucier des premières victimes de l’urgence climatique, celles qui n’en portent qu’une infime responsabilité mais qui vont en payer le prix fort parce que d’autres s’obstinent à maintenir un modèle insoutenable pour la collectivité, dont cette expédition représente le summum à tout point de vue, tant matériel – confère les émissions carbone d’un tel vol – que moral – alors que l’urgence consiste à préserver le vivant et la biosphère, on entretien l’idée que nous pourrions nous extraire de cette réalité indépassable (ou plutôt quelques «&nbsp;happy few&nbsp;»).</p>



<p>Mais gardons le meilleur pour la fin : la réaction de la chanteuse Katy Perry tout émue en apesanteur, tenant une pâquerette face caméra, en clin d’œil à sa fille Daisy (pâquerette en anglais). Jaillissant de la capsule, l’interprète du célèbre tube « I kissed a girl (and I liked it) » a donc embrassé… la terre. Livrant un témoignage aussi sucré et indigeste qu’un flan industriel : « It’s not about me, it’s not about singing my songs, it’s about a collective energy in there. It’s about us, it’s about making space for futur women, and taking up space, and belonging. It’s about this wonderful world that we see right out there and appreciating it, this is all for the benefit of earth. » (Il ne s’agit pas de moi, de mes chansons… Il s&#8217;agit d&#8217;ouvrir la voie pour d&#8217;autres femmes, de prendre l&#8217;espace et montrer qu&#8217;on a notre place ici. Il s&#8217;agit aussi d&#8217;apprécier le monde incroyable que l&#8217;on a. Tout cela dans l’intérêt de la Terre.) Dans l’intérêt de la Terre, vraiment ?</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2025/05/Katy-PERRY-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-2724771" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2025/05/Katy-PERRY-2-1024x683.jpg 1024w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2025/05/Katy-PERRY-2-300x200.jpg 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2025/05/Katy-PERRY-2-768x512.jpg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2025/05/Katy-PERRY-2.jpg 1500w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Katy Perry embrasse le sol à sa sortie de la capsule Blue Origin.</figcaption></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Réinventer le rêve américain</strong></h3>



<p>Il est fascinant de constater que l’urgence climatique n’a été un sujet pour quasiment aucun des protagonistes dans cette aventure. Qu’il s’agisse bien sûr de Blue Origin, des passagères de la navette et des grands médias couvrant l’évènement, comme l’intervieweur de CBS qui n’aura à aucun moment abordé les questions fondamentales posées par ces virées spatiales, préférant faire réagir ses invitées – Aisha Bowe et Gayle King – sur la présence à leurs côtés d’autres femmes de couleur pour célébrer l’évènement. Balayant l’enjeu environnemental par cette conclusion d’une légèreté confondante :&nbsp;«&nbsp;il faut rappeler que l’exploration spatiale nous apprend quelque chose à chaque mission. Et cela mérite d’être célébré.&nbsp;»</p>



<p>Mais cette mise en récit lisse et pleine de bons sentiments semble heureusement avoir suscité une très large vague d’indignation, en particulier sur les plateformes, témoignant une conscience accrue du public des enjeux sociaux et environnementaux, et faisant présager une bataille des récits, avec «&nbsp;Star Wars&nbsp;» et sa puissance de feu d’un côté, Real Life de l’autre. Autant dire, à ce stade, David contre Goliath.</p>



<p>On pourra néanmoins se montrer reconnaissant envers ces 6 personnalités d’avoir permis d’apporter de la clarté, à leur corps défendant, sur ce qui est réellement en jeu ici, à savoir l’urgence à faire émerger un récit alternatif suffisamment puissant pour qu&#8217;à l&#8217;avenir aucune petite fille, aucun petit garçon ne soit ébahi devant une fusée sur sa rampe de lancement.</p>



<p>Pour ce faire, il va bien sûr falloir continuer d’expliquer l’absurdité de cette conquête du néant spatial, mais aussi – voir peut-être surtout – inspirer davantage autour du vivant, et imprimer au plus profond des consciences la chance inouïe que nous avons de vivre sur cette planète sans nul autre pareil.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Vous allez aussi aimer :</h3>



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</ul>
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		<title>Pourquoi on se plante à vouloir &#8220;replanter&#8221; des haies</title>
		<link>https://leterrien.fr/consternant/pourquoi-on-se-plante-a-vouloir-replanter-des-haies/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Ghislain Journé]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Apr 2024 15:14:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Consternant]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Précisons d’emblée que l&#8217;auteur de cet article n’est pas un adepte de la monoculture qui verrait dans les haies une perte de surface cultivable, des contraintes pour les engins agricoles [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://leterrien.fr/consternant/pourquoi-on-se-plante-a-vouloir-replanter-des-haies/">Pourquoi on se plante à vouloir &#8220;replanter&#8221; des haies</a> est apparu en premier sur <a href="https://leterrien.fr">Le Terrien</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Précisons d’emblée que l&#8217;auteur de cet article n’est pas un adepte de la monoculture qui verrait dans les haies une perte de surface cultivable, des contraintes pour les engins agricoles ou des frais d’entretien (arguments usuels des contempteurs de la haie). Au contraire, puisqu&#8217;il est désormais établi que la disparition de 70% des haies depuis 1950, soit environ 1,4&nbsp;million de kilomètres, est une véritable catastrophe pour l’agriculture, l’élevage, la biodiversité, l’eau, la santé humaine, le CO2, etc.</p>



<p>Aussi, le lancement d’un Pacte en faveur de la haie par le ministère de l’Agriculture visant à replanter 50 000 km de haies à horizon 2030 a toutes les raisons de réjouir sur le papier. Sur le papier uniquement, car l&#8217;approche des pouvoirs publics, qui abordent la question à la façon d’un chantier autoroutier – « Je veux un linéaire qui ne se réduise plus en France » nous dit le ministre – est symptomatique d&#8217;un modèle agricole qui se révèle fondamentalement incapable de concilier l&#8217;impératif de production et la préservation de l’environnement, alors même que ces deux notions sont indissociables. </p>



<p>C’est d&#8217;ailleurs la compréhension des vertus de l&#8217;association cultures / écosystèmes qui a permis, autrefois, d’appréhender la haie de façon systémique, comme un maillage essentiel et structurant des territoires agricoles.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Pourquoi c’est si important, les haies&nbsp;?</strong></h3>



<p>Difficile d’énumérer tous les bénéfices tant ils sont nombreux. L&#8217;expert en agroforesterie Emmanuel Torquebiau en liste ici quelques-uns :</p>



<p>«&nbsp;Dans un paysage de bocage où il y a beaucoup de haies qui entourent les parcelles – on pense à des petites parcelles d’environ un hectare – en hiver les risques de gel sont diminués car la présence des arbres modifie le flux d’air froid dans les champs, et à l’inverse en été en cas de grosse chaleur les parcelles bocagères ont une température moins élevée que celles des parcelles sans bocage. Ça tamponne les variations de température. Sans oublier bien sûr les autres contributions essentielles des arbres aux cultures : protection et stimulation de la vie des sols, diminution du ruissellement, meilleure infiltration et filtration de l’eau, apports d’éléments nutritifs, refuge pour les espèces auxiliaires, etc.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li> Lire aussi :&nbsp;<a href="https://leterrien.fr/focus/lagriculture-du-21eme-siecle-devra-necessairement-associer-les-arbres-emmanuel-torquebiau-expert-en-agroforesterie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L’agriculture du 21ème siècle devra nécessairement associer les arbres</a></li>
</ul>



<p>À plus grande échelle et dans une approche systémique, on mesure ainsi le potentiel des arbres qui contribuent indirectement au climat régional avec cette eau qui ne ruisselant plus reste dans le sol, aide les plantes à pousser, des plantes qui évaporent, produisent de l’humidité à l’origine des nuages et des précipitations.&nbsp;»</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>On plante des arbres à grand frais, alors qu’on pourrait s’inspirer de la Régénération Naturelle</strong></h3>



<p>Il faut voir la peine que l’on se donne à planter dans un alignement parfait les jeunes arbustes censés constituer ces nouvelles haies. Souvent la plantation ne dénote pas des monocultures environnantes, on croirait la version agricole du jardin à la française, parfaitement maîtrisé. Des bâchages au sol sont censés retenir l’humidité en été, tandis que des filets en plastique empêchent les ongulés sauvages de venir brouter les jeunes pousses. L’humain a donc tout prévu, alors où est le problème ?</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="840" height="438" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Haies-3.jpg" alt="" class="wp-image-1514662" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Haies-3.jpg 840w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Haies-3-300x156.jpg 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Haies-3-768x400.jpg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Haies-3-610x318.jpg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Haies-3-480x250.jpg 480w" sizes="(max-width: 840px) 100vw, 840px" /><figcaption class="wp-element-caption">Une &#8220;haie&#8221; replantée entre deux champs, à Lavannes, dans la Marne. Photo : Sipa Press</figcaption></figure>



<p></p>



<p>Emmanuel Torquebiau renverse cette table bien dressée d’une simple observation&nbsp;:</p>



<p>«&nbsp;Plus je m’intéresse à la Régénération Naturelle, plus je me dis qu’elle pourrait être développée pour nos haies ici en France. Généralement on achète des plants chez le pépiniériste que l’on met en ligne en bord de champs, alors que si on protège le champ et qu’on laisse venir la végétation naturelle, on voit très rapidement germer des frênes, des cornouillers, des noisetiers, des aubépines… qui vont former une haie naturellement diversifiée, intéressante à de nombreux points de vue, et surtout beaucoup plus résistante&nbsp;que des plants de pépinière ! La seule précaution est peut-être de protéger les pousses pour éviter que les chevreuils viennent trop brouter les jeunes sujets (encore que les ronces, qui précèdent l’arrivée des ligneux, remplissent très bien cette fonction, gratuitement de surcroît. Ndlr). Mais on peut très bien imaginer une haie à partir de régénération naturelle assistée, c’est une méthode méconnue en Europe mais très développée en Afrique où elle a fait ses preuves. J’ignore pourquoi on ne s’en inspire pas davantage.&nbsp;»</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>À quoi ressemblait une haie, autrefois&nbsp;?</strong></h3>



<p>Instituteur à la retraite, ébéniste à ses heures, Joël Sauvage sourit quand on lui parle de ces&nbsp;haies que l’on replante. Ce passionné d’arbres qui arpente la campagne bourguignonne depuis plus d’un demi-siècle se souvient très bien des paysages bocagers typiques de la Saône-et-Loire avant le remembrement des années 70&nbsp;:</p>



<p>«&nbsp;Autrefois les haies étaient taillées tous les 10 à 15 ans, elles faisaient facilement 5 mètres de large et plus de 10 mètres de haut, fournissant une nourriture abondante à la faune sauvage et au bétail, même en hiver, grâce aux baies d’aubépine et d’églantier qui y poussaient en abondance. On y trouvait une incroyable diversité d&#8217;espèces&nbsp;: aubépine, cornouiller, églantier, prunelier (l’épine noire), lierre, sureau, ronce, noisetier, frêne, ainsi que de nombreuses variétés d’arbres fruitiers sauvages (notamment des pommiers et des poiriers qui donnaient des petits fruits), … À présent, les haies sont ratiboisées tous les ans dès août-septembre et il n’y a plus rien à manger pour les animaux. Elles sont devenues anecdotiques.&nbsp;»</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Haies-2-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-1514660" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Haies-2-1024x681.jpg 1024w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Haies-2-300x200.jpg 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Haies-2-768x511.jpg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Haies-2-610x406.jpg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Haies-2-1080x719.jpg 1080w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Haies-2-980x652.jpg 980w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Haies-2-480x319.jpg 480w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Haies-2.jpg 1255w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Une haie, en vrai, cela ressemble plutôt à çà (haie champêtre dans le Kent, en Angleterre). Photo : iStock.</figcaption></figure>



<p></p>



<p>Espérons que le timide retour des haies annonce un mouvement de renaturation de nos paysages agricoles, et qu’inspirés par cette dynamique vertueuse les agriculteurs se réapproprient le concept (ancien&nbsp;!) de la Régénération Naturelle Assistée (RNA). Parions que fatigués de voir leurs plantations crever de soif en été, ils feront appel au bon sens et finiront par s’en remettre à la nature.</p>



<p></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Lire aussi : <a aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://leterrien.fr/focus/laisser-faire-la-nature-pour-sortir-de-limpasse-climatique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Laisser faire la Nature pour sortir de l&#8217;impasse climatique </a></li>
</ul>
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			</item>
		<item>
		<title>En avril, ne te couvre plus d’un fil !</title>
		<link>https://leterrien.fr/consternant/en-avril-ne-te-couvre-plus-dun-fil/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Ghislain Journé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Apr 2024 18:38:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Consternant]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qu’il semble loin le fameux dicton, en ce début de mois d’avril… En effet, ce week-end il «&#160;n’avait jamais fait aussi chaud, aussi tôt dans l’année en France&#160;»,&#160;confirme Météo France [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Qu’il semble loin le fameux dicton, en ce début de mois d’avril… En effet, ce week-end il<em> «&nbsp;n’avait jamais fait aussi chaud, aussi tôt dans l’année en France&nbsp;»,&nbsp;</em>confirme Météo France en revenant sur ces derniers jours anormalement chauds pour la saison aux quatre coins du pays. Ainsi, samedi 6 avril, l’indicateur thermique national (soit la moyenne quotidienne de la température relevée dans 30 stations météorologiques représentatives du territoire) atteignait 17,6°C. Du jamais vu aussi tôt depuis le début des relevés.</p>



<p>De nouveaux records nationaux de chaleur et de douceur nocturne ont même été battus pour un mois d&#8217;avril : Il a ainsi fait 32,7°C à Orthez et 32°C à Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, 30,5°C à Tarbes (Hautes-Pyrénées), 28°C à Munster (Haut-Rhin) ou encore 21,8°C au Markstein, à 1&nbsp;184&nbsp;mètres d&#8217;altitude dans les Vosges… (source&nbsp;: France Info).</p>



<p>Un épisode loin d’être isolé, puisqu’il intervient dans le contexte de 26 mois d’affilée au-dessus des normes en France (10 à l’échelle de la planète) semblant confirmer une accélération du réchauffement climatique, globalement conforme aux scénarios les plus pessimistes des derniers modèles climatiques, soulignent les scientifiques.</p>



<p>Pas encore de quoi freiner les touristes internationaux qui profitent de Paris en ce début de printemps, et certainement pas tous ceux qui ont pris leurs billets pour les JO et afflueront bientôt en masse, alors que l’hypothèse d’un épisode caniculaire – tout à fait plausible vu l’emballement des températures en tous points du globe – semble avoir été largement occultée par les organisateurs. Quant au gouvernement n’en parlons pas, l’heure est au rétropédalage général sur les engagements écologiques pour coller à la roue d’une extrême droite annoncée triomphante aux élections européennes.</p>



<p>En traversant la Cour carrée du Louvre – conservée désespérément minérale en respect des règles patrimoniales – en cette étrange journée estivale, entouré de touristes béats, on serait presque pris d’un vertige devant tant d’incurie. Alors même que les drames qui se profilent sont si prévisibles, et que les solutions pour y faire face sont là, à notre disposition.</p>



<p>Impression de marcher sur un fil.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="907" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Louvre-1024x907.jpg" alt="" class="wp-image-1476079" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Louvre-1024x907.jpg 1024w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Louvre-300x266.jpg 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Louvre-768x680.jpg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Louvre-610x540.jpg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Louvre-1080x957.jpg 1080w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Louvre-980x868.jpg 980w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Louvre-480x425.jpg 480w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/04/Louvre.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">En ce lundi 8 avril la température frôle les 25 degrés sur la Cour carrée du Louvre à Paris, vouée à devenir une véritable rôtisserie en été&#8230; 2,5 hectares qui pourraient être convertis en oasis de fraîcheur végétalisée &#8211; tout en valorisant bien sûr le patrimoine architectural. Le genre d&#8217;audace qui s&#8217;imposera si l&#8217;on veut conserver l&#8217;habitabilité de la capitale dans les années qui viennent. </figcaption></figure>



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		<title>Martine et ses amis : entre stéréotypes et méconnaissance du vivant</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ghislain Journé]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Mar 2024 16:06:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Consternant]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la série «&#160;Les amis de Martine&#160;», on demande «&#160;Jean-Lou et Sophie construisent une cabane&#160;», l’histoire de deux gamins qui avec l’aide de leurs amis vont construire une magnifique maisonnette [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Dans la série «&nbsp;Les amis de Martine&nbsp;», on demande «&nbsp;Jean-Lou et Sophie construisent une cabane&nbsp;», l’histoire de deux gamins qui avec l’aide de leurs amis vont construire une magnifique maisonnette qui va devenir le lieu d’inoubliables jeux de vacances…</p>



<p>Si l’on met de côté les stéréotypes de genre de cette BD imaginée dans les années 50, celles et ceux qui ont connu l’enfance sans les écrans auront certainement la nostalgie d&#8217;une époque où les enfants ne rêvaient souvent que d’une chose&nbsp;:&nbsp;jouer dehors&nbsp;!</p>



<p>Cela étant, tout n’était pas mieux avant. À commencer par le niveau de compréhension du vivant, très bien illustré par ce passage en apparence anodin&nbsp;: «&nbsp;Jean-Lou prend Sophie par la main et l’entraîne vers le petit bois (…)</p>



<p>&#8211; Où couriez-vous comme ça&nbsp;? crie l’élagueur, occupé à débarrasser les arbres des branches inutiles&nbsp;».</p>



<p>Et voilà rentrée dans la tête de nos petites têtes blondes l’idée qu’il faut débarrasser les arbres – et par extension la forêt – du bois mort.</p>



<p>Or à propos des arbres morts, les naturalistes Béatrice Kremer-Cochet et Gilbert Cochet, auteurs de <em>«</em> l’Europe Réensauvagée <em>» </em>(Actes sud, 2020), font cette observation&nbsp;:</p>



<p>« Les arbres morts jouent un rôle important même si les gens ont envie de les prélever pour &#8220;faire propre &#8220;. Un arbre mort peut parfois rester sur pied un siècle et offrir le gîte et le couvert à de nombreuses espèces. Certains insectes xylophages vont ainsi consommer le bois mort, des oiseaux comme le pic ou la sittelle mangent leurs larves. Les pics y creusent des trous qui serviront de nichoirs pour d’autres espèces d’oiseaux comme certaines chouettes ou les mésanges, de même que pour des mammifères comme les martres ou les chauve-souris. Il y a toute une vie qui s’installe, sans même parler du développement des champignons sur ces végétaux morts…</p>



<p>On estime généralement le volume du bois mort à l’hectare. Dans les forêts françaises on a quelques dizaines de m3 de bois mort à l’hectare tandis que dans des forêts laissées en libre évolution on peut avoir jusqu’à 200 m3 à l’hectare. C’est énorme quand on pense que chez nous, nous n’avons parfois même pas ce volume en bois vivant&nbsp;!&nbsp;»</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/03/Arbre-mort-2-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-1351538" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/03/Arbre-mort-2-768x1024.jpg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/03/Arbre-mort-2-225x300.jpg 225w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/03/Arbre-mort-2-610x814.jpg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/03/Arbre-mort-2-480x640.jpg 480w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/03/Arbre-mort-2.jpg 950w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption class="wp-element-caption">Même mort, un arbre peut rester sur pied pendant des décennies, comme ce vieux chêne dans la campagne anglaise.</figcaption></figure>



<p>Quant aux branches mortes, Vincent Jeanne, président de la Société Française d&#8217;Arboriculture, rappelle qu’«&nbsp;autrefois nous avions le réflexe de retirer tout le bois mort, notamment pour des raisons esthétiques. Mais aujourd’hui on sait que (…) tant qu’il n’est pas tombé, ce bois influe sur la biomécanique de l’arbre et lui permet notamment de s’adapter aux contraintes du vent. En d’autres termes l’arbre adapte sa morphologie&nbsp;en fonction de l’environnement. Si le houppier (la partie supérieure de l’arbre) est dense et que l’on retire le bois mort, cela peut créer des passages d’air et fragiliser sa structure.&nbsp;»</p>



<p>Pour revenir à Martine (ou Sophie en l&#8217;occurrence), si ses aventures devaient être remises au goût du jour, l’élagueur pourrait être remplacé par un ornithologue en train de fixer un piège photographique sur une branche et Martine prendrait certainement la tête des opérations pour embarquer ses amis dans la construction d&#8217;un affût en vue d&#8217;une mission d&#8217;observation des espèces de la forêt (plusieurs études récentes tendent à démontrer que les femmes sont plus sensibles aux enjeux écologiques que les hommes). Plutôt que de suivre les garçons en jouant à la décoratrice d’intérieur ou à l’infirmière de service…</p>



<p></p>



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</ul>



<p></p>
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		<title>Agriculture : pour que revivent nos paysans !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ghislain Journé]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Jan 2024 06:37:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Consternant]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Marthe Saclier est née un vendredi 13 octobre 1899 à Saint-André-le-Désert, un petit village de Saône-et-Loire situé à 15 km de Cluny. Elle y est morte en 1986. De nos [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Marthe Saclier est née un vendredi 13 octobre 1899 à Saint-André-le-Désert, un petit village de Saône-et-Loire situé à 15 km de Cluny. Elle y est morte en 1986.</p>



<p>De nos jours on présenterait Marthe comme une agricultrice, mais voilà un mot qui dit bien peu de cette femme dont la vie fut si étroitement, si viscéralement attachée à la ferme familiale, à sa terre, à ce paysage. Marthe faisait partie intégrante du paysage. C’était une paysanne.</p>



<p>Tandis qu’il tourne un reportage pour la télévision française sur la France rurale des années 70, le journaliste Jean-Claude Loiseau est frappé par la présence à l’écran de cette femme. Marthe parle le langage de ceux qui n’ont rien appris dans les écoles, un langage spontané, riche d’images et de formules&nbsp;: «&nbsp;Je ne sais pas ce qu’il va advenir de Paris, mais ça ne sera surement rien de bon. Quand il y a trop de lapins dans un clapier, ils s’étouffent et ils meurent&nbsp;» dit-elle en se remémorant son unique séjour dans la capitale.</p>



<p>Jean-Claude Loiseau a l’idée de retourner voir Marthe afin qu’elle lui raconte sa vie. Le récit, paru en 1976 sous le titre «&nbsp;Marthe, les mains pleines de terre&nbsp;» dresse une fascinante fresque de la vie paysanne il y a un siècle, quand près d’un français sur deux travaillait dans les champs. À la lecture de ce témoignage, on prend la mesure des transformations que l’agriculture a subies tout au long de cette période – davantage qu’au cours des deux millénaires qui ont précédé – particulièrement au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.</p>



<p>&nbsp;« Qu’est-ce qu’ils faisaient, vos parents&nbsp;? demande le journaliste<em>.</em></p>



<p>&#8211; Ils étaient dans la culture. Ils faisent un peu de tout. Ils avaient des vaches, des terres, un peu de blé, un peu de pommes de terre, et puis des vignes, principalement des vignes…</p>



<p>&#8211; Beaucoup d’hectares&nbsp;?</p>



<p>&#8211; Oh non, pas beaucoup&nbsp;! Une p’tiote propriété… D’ailleurs, dans le moment, vous comprenez, avec 5 ou 6 hectares, on vivait largement, tandis que maintenant…&nbsp;»</p>



<p>De fait, le modèle d’agriculture le plus répandu à cette époque était la polyculture-élevage «&nbsp;biologique&nbsp;» – ce concept n’ayant pas encore été théorisé – constitué de cultures diversifiées associant l’élevage, sur des surfaces limitées – souvent moins de 10 hectares contre 70 en moyenne aujourd’hui. Le climat était plus stable, la biodiversité à l’état d’abondance, le quotidien rude mais vivable, l’avenir rempli d’espérance&#8230;</p>



<p>Le Progrès, puis l’emballement de la machine – le recours systématique et systémique à la chimie, les exploitations agrandies, spécialisées, anthropisées, mécanisées…. endettées – interviendraient plus tard, au sortir de la seconde guerre mondiale, et avec lui un essor démographique spectaculaire, signe d’une société apparemment prospère. De 1,6 milliards d’humains à la naissance de Marthe, la population franchit les 5 milliards d’individus l’année de son décès, puis 8 milliards en 2022.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/01/IMG_6244-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-1098948" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/01/IMG_6244-1024x768.jpg 1024w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/01/IMG_6244-300x225.jpg 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/01/IMG_6244-768x576.jpg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/01/IMG_6244-610x458.jpg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/01/IMG_6244-510x382.jpg 510w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/01/IMG_6244-1080x810.jpg 1080w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/01/IMG_6244-1280x960.jpg 1280w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/01/IMG_6244-980x735.jpg 980w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/01/IMG_6244-480x360.jpg 480w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/01/IMG_6244.jpg 1300w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Photo du mariage de Marthe, en 1922.</em></figcaption></figure>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les prémices du réchauffement climatique</strong></h2>



<p>Sur ses vieux carnets, la paysanne raconte 365 jours de sa vie. «&nbsp;Aux premiers jours d’octobre commencent les vendanges&nbsp;». La fermière est encore loin d’imaginer que ce rituel immuable sera bientôt bouleversé par le réchauffement climatique. En effet un siècle plus tard le cycle de maturation de la vigne s&#8217;est considérablement accéléré, obligeant à récolter le raisin souvent dès le mois d’août. Quant-à la description des saisons, on lit avec nostalgie le souvenir des premiers frimats :</p>



<p>« 11 octobre – Jour J pour ramasser mes rouges (les vendanges, ndlr). Froid intense. Tout le monde gelé. Pas de pluie. Ramassé les rouges + 2 rangs de blancs. 11 tonneaux et au chalet 4 tonneaux. L’après-midi pluie, neige.&nbsp;»</p>



<p>Nous sommes depuis sortis du connu, avec pour comparaison des températures oscillant entre 11 et 20 degrés tout au&nbsp;long du mois d’octobre 2023 à Saint-André-le-Désert.</p>



<p>Il y a eu de grandes sécheresses, bien sûr. Une surtout. Au cours de l’été 1976&nbsp;:</p>



<p>« Marthe dit n’avoir jamais connu une aussi longue période de sécheresse. La dernière comparable remonte, selon elle, à 1893. Aucun souffle de vent. La girouette, au-dessus de la grille d’entrée, est immobile. Et le vent soufflerait-il d’ailleurs que cela ne changerait pas grand-chose. Les vents du nord eux-mêmes, qui déferlent du Morvan, ordinairement annonciateurs de pluies, sont secs depuis des semaines et des semaines (…). C’est une étrange apocalypse qui a bouleversé la campagne. Rien, en apparence, n’a bougé. Le décor est pareil à lui-même, figé dans la touffeur exacerbée d’un ciel d’acier. Mais les oiseaux se taisent et les sources sont muettes. Quelles obscures calamités se préparent ? »</p>



<p>Il a fait chaud aussi cet été là. Des pointes à 34 / 35° (soit 5 degrés de moins que les pics relevés lors des derniers épisodes de canicules).</p>



<p>Mais la nature s’en est vite remise, aidée par une année 1977 exceptionnellement pluvieuse. C’est la différence fondamentale entre ce qu’a vécu Marthe et ce que l’on connaît aujourd’hui&nbsp;: des événements exceptionnels, voire inconcevables, deviennent désormais la norme.</p>



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</ul>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le grand emballement</strong></h2>



<p>On sent qu’au soir de sa vie les nuages s’amoncèlent au-dessus de la ferme de Marthe et du monde agricole en général. En effet dans les années 70 l’agriculture est embarquée dans une trajectoire dont beaucoup, comme le journaliste Jean-Claude Loiseau, comprennent déjà qu’elle nous mène dans le mur :</p>



<p>&nbsp;« Il était, à nos yeux, évident que Saint-André s’épuisait à combler des vides creusés par la mort des plus vieux, et surtout par l’exode des jeunes. Ceux qui restaient, jeunes ou vieux, étaient happés dans une ronde réellement infernale. Obligés d’agrandir leurs propriétés pour survivre, ils devaient emprunter à tout va. Et produire toujours davantage pour rembourser toujours plus d’emprunts. Et donc investir encore en matériel et techniques, en temps de travail aussi, pour développer la production. Et emprunter à nouveau pour ces nouveaux investissements. Et… tout cela, pour, un jour peut-être, disparaître du circuit, l’écoeurement – et pire&nbsp;: la honte de l’échec – au ventre.&nbsp;»</p>



<p>À cette époque exit les paysans, on veut des agriculteurs qui gèrent leurs fermes comme des entrepreneurs, à même de produire massivement pour pas cher. On connaît la suite…</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Lire aussi : <a href="https://leterrien.fr/focus/le-sol-potentiel-sauveur-ou-fossoyeur-de-lhumanite/" target="_blank" aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" rel="noreferrer noopener">Le sol, potentiel sauveur ou fossoyeur de l&#8217;humanité</a> (une interview exclusive de Marc-André Selosse)</li>
</ul>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’urgence à «&nbsp;refaire&nbsp;» des paysans</strong></h2>



<p>Marthe serait sans doute bien en peine ne serait-ce que de comprendre l’agriculture française en 2023, tant celle-ci s’est complexifiée, financiarisée, globalisée, avec des défis immenses qui dépassent largement les agriculteurs mais dont ces derniers se retrouvent souvent seuls à devoir affronter les conséquences.</p>



<p>Elle se dirait peut-être que les défis auxquels l’humanité fait face sont au moins comparables à ceux de l’agriculture au lendemain de la guerre, quand il fallait tout reconstruire, tout réinventer. Que peut-être nous pourrions retrouver une épopée agricole en associant davantage le progrès à la préservation de cette nature dont on dépend totalement. En remontant le chemin parcouru pour retrouver le fil de notre histoire.</p>



<p>Peut-être que cela pourrait se traduire par un retour à l’essence même de la vocation du paysan : recréer de la proximité, de la diversité, de la simplicité, de la valeur. Retisser le lien essentiel à la terre et au vivant. En somme, retrouver un peu de bon sens.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/01/IMG_6241-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-1098951" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/01/IMG_6241-768x1024.jpg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/01/IMG_6241-225x300.jpg 225w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/01/IMG_6241-610x814.jpg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/01/IMG_6241-480x640.jpg 480w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/01/IMG_6241.jpg 950w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Marthe Saclier (1899 &#8211; 1986).</em></figcaption></figure>



<p></p>



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<p></p>
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			</item>
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		<title>Les aînés, précieux témoins du réchauffement climatique et de l’effondrement du vivant</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ghislain Journé]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Nov 2023 12:52:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Consternant]]></category>
		<category><![CDATA[Grand Format]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour comprendre le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité, il y a bien sûr les synthèses du GIEC et de l&#8217;IPBES (la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Pour comprendre le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité, il y a bien sûr les synthèses du GIEC et de l&#8217;IPBES (la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques). Il y a aussi les témoignages de quelques anciens qui nous donnent un précieux éclairage sur ces changements que l&#8217;on observe désormais à l&#8217;échelle d&#8217;une vie. Rencontre avec Joël Sauvage, 74 ans, ancien instituteur, ébéniste à ses heures. </p>



<p>Joël habite un petit village de Saône-et-Loire où il a vu au fil des décennies le réchauffement climatique et les pratiques agricoles remodeler le paysage de son enfance et anéantir une vie sauvage jadis foisonnante. Précisons que l&#8217;homme ne se revendique pas «&nbsp;écolo&nbsp;» au sens politique (la politique l’intéresse peu). Sa passion pour la nature résulte d’une vie entière à sillonner cette campagne qui l’a vu naître.</p>



<p>L&#8217;homme s’informe comme peu de ses contemporains : il suit les actualités principalement sur le journal papier de Saône-et-Loire, lit beaucoup – passionné de Georges Sand – ne dispose pas d&#8217;Internet, d’email ou de téléphone portable – « le téléphone fixe me suffit » assure-t-il… Une vie simple, au contact de la nature, la tête et les pieds sur terre. Rencontre.</p>



<p>&#8211; <strong>Pouvez-vous décrire en quelques mots la campagne de votre enfance&nbsp;? Était-elle très différente de celle d’aujourd’hui&nbsp;?</strong></p>



<p>Oh oui, elle était très différente. La campagne de mon enfance était un paysage bocager&nbsp;: des petites parcelles, beaucoup de haies très touffues, une mosaïque de friches, de prés, de cultures de petites surfaces (1 hectare en moyenne), de forêts… une grande diversité d’espèces.</p>



<p>&#8211; <strong>Que retenez-vous du remembrement, véritable bascule dans le mode de vie paysan&nbsp;?</strong></p>



<p>Le remembrement a eu lieu ici, dans le sud de la Saône-et-Loire, en 1970-71. Beaucoup de haies ont alors été arrachées, des arbres coupés, les parcelles agrandies.</p>



<p>Il faut réaliser que l&#8217;agriculture et l&#8217;élevage ont évolué davantage en 70 ans qu&#8217;au cours des 19 siècles précédents, en raison des progrès du machinisme et de l&#8217;industrie chimique (à partir de la deuxième moitié du 19ème siècle). </p>



<p>Là où il y avait 50 exploitants en 1920, il n&#8217;en reste qu&#8217;un. Les surfaces cultivées se sont agrandies, comme le cheptel moyen d&#8217;un élevage a considérablement augmenté. Une seule tendance : récolter toujours davantage, élever toujours plus d&#8217;animaux. Il y avait déjà de gros propriétaires autrefois, certes, mais ils employaient beaucoup de main d&#8217;oeuvre : fermiers, métayers, ouvriers agricoles&#8230; ce qui faisait vivre beaucoup de gens.</p>



<p>Le bilan humain est donc désastreux sur tous les plans, de l&#8217;emploi à la santé. Car qui dit quantité dit agriculture et élevage intensifs, ce qui implique inévitablement utilisation de pesticides, d&#8217;engrais chimiques dont les agriculteurs ont été les premières victimes (en particulier les viticulteurs avec une augmentation préoccupante de certains cancers). L&#8217;agriculture biologique s&#8217;est certes développée depuis une vingtaine d&#8217;années, mais elle est difficilement rentable et devrait bénéficier davantage des indemnités de la PAC (qui au contraire, continue de privilégier les gros exploitants), car elle produit plus cher et n&#8217;attire qu&#8217;une clientèle suffisamment aisée. </p>



<p>De toute façon, les sols qui ont été cultivés pendant 30, 40, ou 50 ans avec des pesticides et des engrais chimiques ne peuvent pas être utilisés en bio car ils sont contaminés pour des dizaines d&#8217;années&#8230; C&#8217;est également le cas des eaux des rivières et de beaucoup de nappes souterraines. Des analyses complètes de l&#8217;eau et des sédiments nous révèleraient sans doute la présence de nombreuses molécules inventées par l&#8217;homme, néfastes à notre santé et n&#8217;existant pas à l&#8217;origine dans notre monde.</p>



<p>&#8211; <strong>Vous avez longtemps pratiqué la chasse mais vous avez arrêté, constatant que la faune s’effondrait. À quoi ressemblait une partie de chasse il y a un demi-siècle, y avait-il vraiment plus de gibier, en nombre et en diversité ?</strong></p>



<p>La chasse autrefois se pratiquait uniquement sur du gibier né sur le territoire à l’état sauvage et ce gibier était très abondant, aussi bien les espèces sédentaires – perdrix, faisans, lièvres, lapins de garenne, alouettes, grives… – que le gibier migrateur&nbsp;– bécasses, canards, cailles, etc.</p>



<p>Or aujourd&#8217;hui la transformation des paysages, dans la plupart des régions de culture, a entraîné la disparition quasi totale du petit gibier sédentaire et la plupart des faisans et des perdrix que l&#8217;on observe proviennent d’élevages et sont lâchés quelques jours avant l’ouverture de la chasse. </p>



<p>Le gibier a logiquement disparu puisqu’il ne peut plus se cacher, se nourrir, se reproduire. L’agriculture conventionnelle a empoisonné toute cette vie.</p>



<p>Autre conséquence désastreuse, comparable à l&#8217;histoire du silure pour la pêche : l&#8217;économie et la pratique de la chasse se sont orientées vers le grand gibier &#8211; le sanglier et le chevreuil &#8211; d&#8217;où la prolifération de ces espèces puisqu&#8217;on a protégé leur reproduction pour conserver un attrait pour la chasse. </p>



<p>Pour preuve, dans notre commune il se tuait dans les années 50 cinq ou six sangliers par an et trois ou quatre chevreuils au maximum. Aujourd&#8217;hui il se tue 20, 30 sangliers voire davantage, et autant de chevreuils. Il y a aussi les accidents de la route provoqués par ces animaux, les dégâts forestiers ainsi que sur les cultures et les pâturages, lesquels occasionnent d&#8217;importantes indemnités au profit des agriculteurs.</p>



<p>&#8211; <strong>Qu’en était-il de la pêche&nbsp;?</strong></p>



<p>La pêche dans le Grison et la Grosne, les deux principaux cours d’eau qui sillonnent le territoire, autrefois très poissonneux, n’a plus d’intérêt aujourd’hui. Ces cours d’eaux sont logiquement pollués par les nitrates et les pesticides agricoles, mais aussi par les rejets des lagunes d’assainissement qui arrivent systématiquement aux rivières. Beaucoup d’espèces ont ainsi quasiment disparu&nbsp;: perches, brochets, truites. Seules les espèces les plus résistantes sont encore présentes&nbsp;: carpes, chevesnes, gardons, barbeaux, silures. Et toutes sont plus ou moins malades.</p>



<p>Ajoutez à ces pollutions le réchauffement de la température de l&#8217;eau dû au réchauffement climatique, et vous observez logiquement une modification considérable du milieu. Je me souviens qu&#8217;en 2007 un agriculteur me racontait qu&#8217;il avait été obligé d&#8217;installer une clôture électrique pour empêcher ses vaches de se rendre à la rivière pour boire. Plusieurs d&#8217;entre elles étaient mortes empoisonnées ! Il m&#8217;a d&#8217;ailleurs montré des analyses de cette eau : on y avait décelé d&#8217;énormes quantités de virus et de bactéries, à l&#8217;origine des maladies de son cheptel. </p>



<p>Parmi les espèces qui survivent dans ce milieu, il y en a une qui prospère et qui envahit toutes nos rivières : le silure. Ces poissons extrêmement voraces dévorent les autres espèces et il ne semble pas y avoir de limite à leur croissance, puisque certains spécimens atteignent allègrement les 100 kg. Aussi on retrouve de tout dans leur estomac : rats, pigeons, poules d&#8217;eau, canards, petits chiens&#8230; Sans nul doute il y aura un jour un accident avec un petit baigneur qui se retrouvera entraîné au fond par un gros spécimen, quand on sait que le silure est attiré par à peu près tout ce qui bouge ou se débat dans l&#8217;eau&#8230;  </p>



<p>En attendant on est content de vendre des cartes de pêche et on glorifie les pêcheurs qui continuent de prendre les silures pour les mesurer, les peser, les photographier, puis les remettre à l&#8217;eau en toute inconscience. Cette eau où il n&#8217;y aura bientôt plus que&#8230; des silures !</p>



<p>&#8211; <strong>Depuis 10 ans le rythme et l’intensité des sécheresses et des canicules s’emballent, si bien qu’un évènement autrefois exceptionnel devient la norme. Vous me disiez que le seul évènement comparable à ce que l’on vit depuis 2015, c’est la sécheresse de 1976. Pouvez-vous nous en dire quelques mots&nbsp;?</strong></p>



<p>Je me souviens effectivement qu’en 1976 la sécheresse a sévi dès le printemps jusqu’au 20 août. Il a fait chaud cet été-là, mais pas au-delà de 34-35°. Rien de comparable avec les températures que l’on relève maintenant. Surtout, quand la sécheresse s’est achevée nous avons eu des pluies quasi-continuelles entre la fin de l’année 76 et toute l’année 77. En fait, cette fameuse sécheresse de 76 a été un évènement isolé.</p>



<p>&#8211; <strong>Et avant 1976, à quand faut-il remonter pour observer un événement comparable&nbsp;?</strong></p>



<p>Avant 1976 il faut remonter à 1893 pour trouver un évènement comparable. La sécheresse cette année-là a marqué les mémoires, elle est restée célèbre dans toute la France et quand j’étais enfant j’en entendais parler. Entre ces deux dates il y en a eu deux autres épisodes, moins marqués, en 1906 et en 1947.</p>



<p>&#8211; <strong>Vous me disiez que l’année dernière le niveau d’une rivière avait baissé jusqu’à l’étiage datant du dernier record… en 1893. Un événement séculaire devient quasi-annuel, désormais&nbsp;?</strong></p>



<p>Absolument. Depuis 2015, nous sommes désormais victimes de chaleurs et de sécheresses importantes tous les ans. C’est d’ailleurs en 2015 que j’ai relevé ici pour la première fois une température de 40°. Même chose en 2021, 2022… et 2023.</p>



<p>&#8211; <strong>Vous êtes propriétaire d’un verger avec des arbres fruitiers plantés par votre père. Quelles espèces y trouve-t-on et comment se portent-elles&nbsp;aujourd’hui ?</strong></p>



<p>Dans ce verger qui fait 7600 m2, depuis quelques années nous avons vu mourir beaucoup de pommiers, cerisiers, pruniers. Des arbres anciens mais aussi des jeunes sujets. Et ceux qui ne sont pas morts sont en mauvaise santé&nbsp;: branches sèches, fruits qui tombent avant maturité…</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/JOEL-3-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-852972" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/JOEL-3-1024x768.jpg 1024w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/JOEL-3-300x225.jpg 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/JOEL-3-768x576.jpg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/JOEL-3-610x458.jpg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/JOEL-3-510x382.jpg 510w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/JOEL-3-1080x810.jpg 1080w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/JOEL-3-1280x960.jpg 1280w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/JOEL-3-980x735.jpg 980w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/JOEL-3-480x360.jpg 480w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/JOEL-3.jpg 1300w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Le verger de Joël.</em></figcaption></figure>



<p>&#8211; <strong>Un peu partout en France on observe un dépérissement massif des arbres. Avez-vous déjà observé quelque chose de comparable dans le passé&nbsp;?</strong></p>



<p>Non. Avant 2015, seuls les vieux arbres mouraient de vieillesse…</p>



<p>&#8211; <strong>Vous avez enseigné pendant 35 ans au sein d’une école élémentaire du village. Vous m’expliquiez que l’éveil à la nature ne faisait pas partie de l’enseignement dans la mesure où les enfants vivaient en contact étroit avec celle-ci. Pourtant, on a le sentiment que si la connaissance scientifique autour de la nature progresse, la connaissance du grand public a quant à elle régressé. Qu’en pensez-vous&nbsp;? Faudrait-il généraliser les classes vertes&nbsp;?</strong></p>



<p>Pour se rendre compte de l’état des milieux naturels il faut vivre en contact étroit avec la nature et cela pendant une durée assez longue – une vie idéalement – pour constater les changements, les évolutions. Or ce n’est plus le cas de l’immense majorité de nos concitoyens.</p>



<p>Quant aux agriculteurs, les dernières générations ont été perverties par les intérêts des vendeurs de matériel agricole, de pesticides, d’engrais chimiques, etc. En quelques dizaines d’années tous les milieux naturels ont été touchés par diverses pollutions&nbsp;: air – eau – sol. Seules les régions montagneuses ou boisées ont été relativement épargnées. Les terrains cultivés intensivement sont les plus touchés.</p>



<p>On sait qu’il sera très difficile de revenir en arrière, mais il faut absolument que nous parvenions à provoquer une prise de conscience collective et les reportages et témoignages ne suffiront pas. Tout doit être mis en œuvre dans ce sens et dès le plus jeune âge, cela inclue les classes vertes bien sûr.</p>



<p>&#8211; <strong>Y-a-t-il un livre qui vous a marqué particulièrement et que vous conseilleriez à la fois pour comprendre et s’émerveiller&nbsp;?</strong></p>



<p>Une de mes meilleures lectures de jeunesse fut «&nbsp;Bestiaire enchanté&nbsp;» de Maurice Genevoix. L’auteur montre une connaissance réelle des milieux naturels, des animaux et plus globalement un grand amour de la nature. Grâce à ce livre que j’ai reçu la note de 18/20 au bac de français. C’était en 1970.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/JOEL-2-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-852973" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/JOEL-2-1024x768.jpg 1024w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/JOEL-2-300x225.jpg 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/JOEL-2-768x576.jpg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/JOEL-2-610x458.jpg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/JOEL-2-510x382.jpg 510w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/JOEL-2-1080x810.jpg 1080w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/JOEL-2-1280x960.jpg 1280w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/JOEL-2-980x735.jpg 980w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/JOEL-2-480x360.jpg 480w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/JOEL-2.jpg 1300w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Joël observe un de ses arbres. À gauche, le lit asséché du cours d&#8217;eau qui longe son verger.</em></figcaption></figure>



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		<title>Avec un scénario à 4 degrés, la France se prépare au chaos climatique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ghislain Journé]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Jun 2023 19:20:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Consternant]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Actuellement rien n’incite à l’optimisme en matière de lutte contre le réchauffement climatique, chaque jour ou presque apportant son lot de mauvaises nouvelles en tous points du globe. Tandis que [&#8230;]</p>
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<p>Actuellement rien n’incite à l’optimisme en matière de lutte contre le réchauffement climatique, chaque jour ou presque apportant son lot de mauvaises nouvelles en tous points du globe.</p>



<p>Tandis que la fenêtre de tir pour maintenir le réchauffement en-dessous de 2 degrés se referme, on se prépare au scénario réaliste d’une augmentation des températures d’environ 3 degrés au niveau mondial d’ici la fin du siècle, soit 4 degrés en France, où le basculement sera plus marqué. «&nbsp;Espérer le meilleur, se préparer au pire&nbsp;» dit le dicton…</p>



<p>Or quand on mesure les bouleversements qu’un réchauffement de 1,7 degrés a déjà produit en France – sans compter toutes les surprises à venir, il y en aura ! – « préparer le pays à un réchauffement de 4 degrés d’ici la fin du siècle » n’est pas quelque chose que l’on devrait annoncer comme l’a fait le gouvernement, par la seule voix du ministre de la Transition écologique. Une telle information aurait largement mérité d’ouvrir tous les JT avec une parole présidentielle qui rappelle les grands enjeux et fixe le cap.</p>



<p>Car 4 degrés de réchauffement, ce ne sera pas 2 fois pire qu’aujourd’hui comme on pourrait le penser, mais peut-être 100 fois si l’on considère les boucles de rétroaction et les phénomènes d’emballement qu’un tel cataclysme – totalement inconnu à cette échelle de temps – provoquera. Beaucoup d’experts doutent même que l’on puisse s’adapter à un tel bouleversement.</p>



<p>Le pouvoir politique fait certes preuve de lucidité en énonçant cette hypothèse. Mais il manque le corollaire essentiel : une ambition puissante, illustrée par les actes, pour lutter contre le réchauffement climatique et l’effondrement du vivant qui sont nos deux plus grands défis.</p>



<p>Le ministre ne s’y est pas trompé en jugeant nécessaire de préciser : <em>«&nbsp;Non pas que ça veuille signifier que nous renonçons à des ambitions climatiques. Nous devons agir comme si tout dépendait de nous, mais nous devons nous adapter en mesurant que tout ne dépend pas de nous&nbsp;»</em>.</p>



<p>On entend fréquemment que l’empreinte de la France à l’échelle globale est minime et que les changements systémiques qu’il faudrait engager pour mettre le pays sur la bonne trajectoire seraient rejetés par la société tant ils supposent une remise en question profonde de nos modes de vie.&nbsp;Voilà pourquoi nous ne parvenons pas à sortir de cette écologie des petits pas.</p>



<p>On ne reviendra pas ici sur l’empreinte de la France à l’échelle mondiale, cet argument ne saurait justifier une absence d’ambition face au drame qui s’annonce. Quant à la capacité des gens à accepter l’inconnu, l’exemple du COVID prouve que des mesures inédites pour protéger la population peuvent être engagées. Les sondages placent justement le réchauffement climatique en tête des préoccupations des français, lesquels attendent des réponses fortes.</p>



<p>La France a donc les cartes en main pour se montrer à la hauteur de l’urgence, elle a d’ailleurs prouvé tout au long de son histoire sa capacité à innover et à entraîner d’autres nations. Ce qu’il lui manque cruellement à ce stade, ce sont des dirigeants à même d&#8217;imaginer un nouveau récit et de l&#8217;incarner.</p>



<p>Quand au président on le voit beaucoup ces temps-ci, comme dernièrement au salon VivaTech à Paris où il a affirmé son ambition de voir émerger des champions français de l’intelligence artificielle. On l’a en revanche beaucoup moins entendu – voir pas du tout – sur les 4 degrés…</p>



<p>Question de priorités.</p>



<p></p>



<p><em>Visuel principal : Warming stripes, Ed Hawkins.</em></p>



<p></p>



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		<title>Les insectes, nos alliés, s’éteignent et (presque) tout le monde s’en fout</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ghislain Journé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Feb 2023 21:30:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Consternant]]></category>
		<category><![CDATA[Grand Format]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Certes l’actualité des dernières semaines, largement dominée par la réforme des retraites et la guerre en Ukraine, a laissé peu de champ pour le « reste de l’actualité&#160;» selon la [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Certes l’actualité des dernières semaines, largement dominée par la réforme des retraites et la guerre en Ukraine, a laissé peu de champ pour le « reste de l’actualité&nbsp;» selon la triste formule consacrée.</p>



<p>Pourtant une info « environnementale » &#8211; selon le filtre journalistique habituellement employé &#8211; méritait largement qu&#8217;on s&#8217;y arrête. Il s&#8217;agit de l’effondrement du règne des insectes, dont l’ampleur et la rapidité prend une tournure sidérante, à en croire les récents travaux du professeur Dave Goulson de l&#8217;Université de Sussex en Angleterre. Dans son livre « <a aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2023/02/10/dave-goulson-si-les-insectes-disparaissent-tout-le-reste-disparait-avec-eux_6161275_3244.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Terre Silencieuse</a> » publié récemment, l&#8217;éminent spécialiste des pollinisateurs confirme le scénario à peine croyable d’un effrondrement des populations d’invertébrés de l&#8217;ordre de 80% en Europe ces trente dernières années. Un chiffre absolument vertigineux que les scientifiques eux-mêmes peinent à réaliser, bien que les responsabilités soient bien établies, à commencer par celle du <a aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://leterrien.fr/consternant/vous-avez-dit-agribashing/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">modèle agricole intensif </a>et sa panoplie de biocides.</p>



<p>Le plus grave, au-delà de ce que cette extinction accélérée va entraîner à brève échéance pour l’espèce humaine – crises alimentaires consécutives à l&#8217;effondrement des cultures dépendantes de la pollinisation, dégradation de la qualité des sols, pressions sur les espèces dont la vie dépend directement ou indirectement des insectes (dont nous, surprise&nbsp;!) et autres effets cocktails en cascade – c’est la façon dont cette information a été accueillie.</p>



<p>Disons-le franchement, la plupart des gens se contrefoutent de l’effondrement de l’entomofaune. Si vous connaissez une personne dans votre entourage (qui ne soit pas naturaliste) que cette annonce a réellement interpellée, levez la main ou mettez votre avis en commentaire.</p>



<p>Comme le résume bien le journaliste Stéphane Foucard dans <em>Le Monde</em>, « <em>L’écroulement des populations d’insectes, à peu près partout en Europe, est la composante la plus terrifiante de la crise écologique en cours. Non seulement parce que le problème est d’une gravité inouïe, mais aussi, et peut-être surtout, parce qu’il demeure complètement absent du débat public et de l’horizon politique de nos décideurs – il est d’ailleurs probable que la majorité d’entre eux n’en sachent à peu près rien. (…) L’effondrement des insectes nous renvoie à cette cruelle réalité&nbsp;: en vérité, nous ne contrôlons rien du tout.&nbsp;</em>»</p>



<p>Ce frisson d’angoisse (temporairement) passé, focalisons-nous à présent sur les solutions que nous pouvons déployer à notre échelle et dont les effets bénéfiques sont avérés.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>“Into the Wild” au jardin</strong></h3>



<p>Vous avez un bout de jardin&nbsp;? initiez-vous au rewilding, ça marche&nbsp;! Et c’est si beau. Délimitez un espace où vous <a aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://leterrien.fr/consternant/laissez-pousser-lherbe-bordel/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">laisserez la nature reprendre ses droits</a>. Surtout&nbsp;approchez-les enfants et observez, c’est absolument fascinant. La vie y pullule, au printemps quand les herbes hautes pousseront vous aurez l’impression d’être dans une sorte de Manhattan version «&nbsp;wild&nbsp;». Anecdotique comme action&nbsp;? Par pour le chercheur Dave Goulson, qui estime que si rien qu’en Angleterre les jardiniers particuliers adoptaient cette nouvelle approche au moins sur une partie des jardins, la conversion de millions d’espaces verts privés pourrait contribuer à enrayer le déclin.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/02/Ganivelle-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-543116" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/02/Ganivelle-1024x768.jpg 1024w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/02/Ganivelle-300x225.jpg 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/02/Ganivelle-768x576.jpg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/02/Ganivelle-610x458.jpg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/02/Ganivelle-510x382.jpg 510w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/02/Ganivelle-1080x810.jpg 1080w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/02/Ganivelle-1280x960.jpg 1280w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/02/Ganivelle-980x735.jpg 980w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/02/Ganivelle-480x360.jpg 480w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/02/Ganivelle.jpg 1350w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption><em>Au fond d&#8217;un jardin, une barrière basse en ganivelle délimite un espace sauvage avec des herbes qu&#8217;on laisse pousser. Le long du mur, des ruches.</em></figcaption></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>«&nbsp;La bio c’est logique, c’est biologique&nbsp;» </strong><strong></strong></h3>



<p>Pour l’agriculture «&nbsp;c’est compliqué&nbsp;». Entre une Christiane Lambert (la présidente de la FNSEA, syndicat majoritaire du secteur) qui nous explique que les pesticides et autres néonicotinoïdes, c’est maîtrisé – alors que le déclin des insectes démontre exactement l’inverse – et des ministres de l’Agriculture qui ne dévient pas vraiment de la ligne «&nbsp;business as usual&nbsp;», il faut se rendre à l’évidence&nbsp;: l’agroécologie dominante face au modèle productiviste, ce n’est pas pour tout de suite.</p>



<p>À moins que… à moins que les dommages causés par cette agriculture dite «&nbsp;moderne&nbsp;» deviennent bientôt si insoutenables et le changement climatique si dramatique – rappelons qu’au-delà de l’effondrement de la biodiversité qu’il cause, le modèle productiviste n’est pas soutenable dans un monde avec moins d’eau – que les pouvoirs publics s’engagent enfin de manière effective et massive en faveur de la transition agricole, et que les consommateurs se muent en consom’acteurs… Vous l’avez compris, il y a clairement une partie du job qui nous revient, à nous consommateurs. Puisqu’on sait que beaucoup de grands changements ont été l’œuvre de minorités actives, il y des raisons d’espérer, surtout si l’on considère les dynamiques qui naissent de ces initiatives. «&nbsp;Les consommateurs qui choisissent l’agriculture bio adoptent souvent ensuite des pratiques vertueuses dans leurs achats, réduction des emballages, respect de la saisonnalité́, réduction de la consommation&#8230;&nbsp;» relevait récemment Pierrick de Ronne, le président de Biocoop.<br><br>On résume&nbsp;: laisser pousser l’herbe et consommer bio (et local), c’est la base pour nos amis les insectes. En attendant mieux.</p>
<p>L’article <a href="https://leterrien.fr/consternant/les-insectes-nos-allies-seteignent-et-presque-tout-le-monde-sen-fout/">Les insectes, nos alliés, s’éteignent et (presque) tout le monde s’en fout</a> est apparu en premier sur <a href="https://leterrien.fr">Le Terrien</a>.</p>
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		<title>Faut-il ramasser les feuilles mortes ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ghislain Journé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Oct 2022 16:57:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Consternant]]></category>
		<category><![CDATA[Grand Format]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Voilà une question qui, loin d’être anecdotique, en dit long sur le rôle que nous nous sommes assignés sur cette planète. En effet notre réflexe de gérer la nature s’exprime [&#8230;]</p>
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<p>Voilà une question qui, loin d’être anecdotique, en dit long sur le rôle que nous nous sommes assignés sur cette planète. En effet notre réflexe de gérer la nature s’exprime d’abord dans les jardins où nous nous comportons souvent comme de véritables Kim Jong Un.  </p>



<p>Ainsi quand on recherche « <strong>pourquoi ramasser les feuilles mortes</strong> » sur Google, on tombe sur une sélection d’articles dans lesquels le « ramassage des <strong>déchets végétaux</strong> » est volontiers présenté comme le hobby des garants de l’esthétisme et de la propreté au jardin. Ceux qui ne s’acquittent pas de cette tâche sont souvent perçus comme négligents, paresseux, adeptes du désordre. Voilà un avant goût des dingueries que l’espèce humaine a su remarquablement déployer à grande échelle, à l&#8217;image &#8211; entre autres &#8211; des monocultures, des <a aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://reporterre.net/La-coupe-rase-une-aberration-ecologique-qui-menace-nos-forets" target="_blank" rel="noreferrer noopener">coupes rases</a> ou des <a aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/11/24/les-megabassines-sont-le-symbole-d-un-modele-nefaste-aux-paysans-et-a-nos-territoires-l-agriculture-productiviste_6103372_3232.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">mega-bassines</a>.</p>



<p>Mais comment diable les arbres s&#8217;en sont-ils sortis &#8211; au cours des centaines de millions d’années qui ont précédé notre arrivée sur Terre &#8211; avant qu’un génie armé d’un râteau décide de ramasser les feuilles ? </p>



<p>Vous vous en doutez, ils se sont plutôt bien débrouillés sans nous, et pour cause : en se décomposant sur le sol les feuilles alimentent celui-ci en nutriments, l’enrichissant notamment en azote, potasse, calcium, phosphore et magnésium. Vous vous en êtes peut-être aperçu en forêt &#8211; où personne ne ramasse les feuilles &#8211; les sols y retiennent mieux l’humidité, la vie souterraine y foisonne, les arbres y sont rois.</p>



<p>Je vous l’accorde, un tapis de feuilles trop épais pourrait asphyxier ce gazon que vous bichonnez en le « débarrassant » des adventices (SVP ne dites pas « <strong>mauvaises herbes</strong> »). Répartissez-les plutôt et laissez-les jouer leur rôle ! Les précieux nutriments seront également appréciés par la pelouse qui se nourrit elle aussi à partir du sol. Quand aux feuilles tombées dans les allées, répartissez-les sur les pelouses environnantes. Les excès pourront être utilisés en paillis au pied des plantations où ils protègeront les plants contre le gel et permettront de retenir l’humidité au retour des beaux jours, tout en stimulant la vie du sol. </p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2022/10/Feuilles-2-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-454854" width="815" height="610" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2022/10/Feuilles-2-1024x768.jpg 1024w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2022/10/Feuilles-2-300x225.jpg 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2022/10/Feuilles-2-768x576.jpg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2022/10/Feuilles-2-610x458.jpg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2022/10/Feuilles-2-510x382.jpg 510w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2022/10/Feuilles-2-1080x810.jpg 1080w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2022/10/Feuilles-2-1280x960.jpg 1280w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2022/10/Feuilles-2-980x735.jpg 980w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2022/10/Feuilles-2-480x360.jpg 480w" sizes="auto, (max-width: 815px) 100vw, 815px" /><figcaption><em>Au pied des fruitiers, laissez les fruits non ramassés ! Ici les pommes enrichissent le sol en se décomposant. </em></figcaption></figure>



<p>On peut reconnaître quelques limites à cette philosophie de libre évolution adaptée au jardin : les feuilles de certaines espèces comme le platane mettent beaucoup de temps à se décomposer. Quand aux feuilles des arbres malades, comme par exemple les feuilles de marronniers attaqués par la mineuse, elles seront méthodiquement ramassées et supprimées. </p>



<p>Hormis ces quelques exceptions, faites confiance à la nature dans votre jardin, vous serez surpris de la vitesse à laquelle les feuilles se décomposent. Rentrez-vous ça dans le crâne : nous n’avons rien inventé, la nature est LA pro du recyclage. </p>



<p>Dernier détail : c’est aussi moins de travail !</p>



<p>Quand à l’argument de la beauté, un petit coin de nature sauvage réserve de belles surprises d&#8217;esthétisme. Une seule chose à faire : ne rien faire et observer, au fil des saisons, un écosystème se créer sous vos yeux.</p>



<p>Allez donc ranger ce râteau !</p>



<h3 class="wp-block-heading">Vous allez aussi aimer :</h3>



<ul class="wp-block-list"><li><a aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://leterrien.fr/consternant/laissez-pousser-lherbe-bordel/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Laissez pousser l&#8217;herbe, bordel ! </a></li><li><a aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://leterrien.fr/focus/laisser-faire-la-nature-pour-sortir-de-limpasse-climatique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Laisser faire la nature pour sortir de l&#8217;impasse climatique</a></li><li><a href="https://leterrien.fr/focus/le-sol-potentiel-sauveur-ou-fossoyeur-de-lhumanite/" target="_blank" aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" rel="noreferrer noopener">Le sol, potentiel sauveur ou fossoyeur de l&#8217;humanité</a></li></ul>



<p></p>
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