10 remèdes contre l’éco-anxiété

dimanche 01 janvier 2023

N’attendez pas le burn-out pour vous préoccuper de votre santé mentale. Voici quelques conseils pour mieux gérer votre angoisse de la fin du monde.

1. Déconnecter l’appli météo

Voilà près de trois ans que j’ai supprimé l’appli météo de mon IPhone. Et vous savez quoi ? Je ne m’en porte pas plus mal. Le déclic est venu pendant le premier confinement en Bourgogne. Un printemps sec comme jamais. À peine un jour de pluie en deux mois. Inquiet pour mes plantations je guettais l’arrivée de la pluie, quotidiennement rivé sur mon appli météo. Pour constater à chaque fois qu’aucune précipitation n’était prévue pour les 10 jours à venir.

Depuis je me contente du bref bulletin matinal de Marie-Pierre Planchon, la sympathique madame météo de France Inter. Ainsi je vis un peu plus sereinement, au jour le jour, dans une incertitude teintée d’espoir.

« Faites qu’il pleuve… Mon seigneur, faites qu’il pleuve ». Extrait du Film Jean de Florette de Claude Berri (1986).

2. Ne pas se laisser bouffer par les réseaux sociaux

Basique mais essentiel. Les réseaux sociaux fonctionnent comme un ruban attrape mouche, usant de tous les leviers pour vous garder connecté. L’observation d’utilisateurs TikTok dans le métro est une expérience intéressante qui devrait vous convaincre, si ce n’est déjà fait, des dommages que causent ces plateformes dont les algorithmes vous inondent de contenus anxiogènes, pour peu que vous manifestiez un intérêt pour les sujets environnementaux. De nombreux experts pointent déjà les effets néfastes sur le développement du cerveau des enfants, on peut aussi craindre une explosion des cas de démence précoce chez les adultes.

Le rapport d’activité sur votre téléphone ainsi que plusieurs applis vous aident à surveiller votre consommation et notamment le temps passé sur les réseaux sociaux.

3. Bien choisir ses influenceurs

Attention aux influenceurs qui, incités à s’indigner pour générer le plus d’interactions possible, vous pourrissent le moral à longueur de posts. On finit par passer des heures à s’exciter sur son fil d’actu comme un hamster sous amphétamines. Pour quel résultat, franchement ?

Certaines saillies sont certes savoureuses, notamment celles de Jean-Marc Jancovici, Aurélien Barrau ou François Gemenne. Mais attention, à lire avec modération car à la longue, ça plombe.

“Ne venez pas parler d’« écologie de combat » : vous vous fichez du climat et de la biodiversité, vous ne connaissez rien à ces dossiers. Je l’ai personnellement observé. Vous avez simplement identifié un créneau porteur pour votre arrivisme politique personnel.” François Gemenne à Sandrine Rousseau après que celle-ci ait conseillé à Yannick Jadot de retrouver une “écologie de combat”. Très active sur les réseaux sociaux, l’éco-féministe est l’un des visages de la radicalisation des débats.

4. Désactiver ces p***** de notifications !

Un peu dans la logique de ce qui précède, à quoi bon être interrompu par une alerte qui vous informe que l’Amazonie crame à un rythme alarmant ? Vous n’allez pas pouvoir y faire grand-chose dans l’immédiat, la seule chose que vous risquez c’est de rater un passage important de la conversation…

« … c’est pourquoi nous avons décidé de ne pas vous augmenter cette année.

– … Peut-on revenir sur le dernier point ? »

5. Aménager des petits coins de ciel bleu

Dénichez quelques pépites qui sauront vous sortir la tête du sot. Erlend Haarberg, Vincent Muniez ou Julien Arbez sont trois preuves – il y en a tant d’autres – qu’il y a aussi des choses magnifiques qui circulent sur les réseaux sociaux. On parie que la nichée de Chouettes de Tengmalm ou ce vol de lagopède au-dessus d’une crête enneigée vous feront vite oublier la dernière indignation de Sandrine Rousseau ?

‘Rock Ptarmigan’ by Erlend Haarberg. Overall Winner and Bird Photographer of the Year 2022

6. Tester la mindfullness

Autre remède incontournable, la méditation en pleine conscience. Ces 15 petites minutes quotidiennes sont une bénédiction tant les bénéfices qu’elles vous apporteront seront vite palpables, bien au-delà de l’éco-anxiété. Laissez-vous guider par un tuto gratuit si vous n’avez jamais essayé, cela vous aidera à vous immerger dans l’expérience. De préférence le matin dès le réveil, avant de faire quoique ce soit. Assis sur un tapis en position méditative, pourquoi pas aidé d’un coussin de méditation pour les moins souples, ou allongé sur un tapis de yoga, idéal pour le « body-scan ».

7. S’abonner au « fil good » du Monde

Parce qu’on en a de plus en plus besoin, retrouvez, tous les lundi soir, la sélection de nouvelles réconfortantes, d’étincelles d’espoir, de portraits inspirants, publiés par la rédaction du Monde. Ça fait du bien, aussi.

8. Choisir le bon KPI (Key Performance Indicator)

Vous n’êtes pas prêt à passer votre quotidien au crible d’un bilan carbone ? C’est OK ! Choisissez pour commencer un Indice Clé de Performance (KPI en anglais) à votre portée sur lequel vous pourrez avoir un réel impact. Pas un truc en mode green washing du style moins de pièces jointes dans mes e-mails ou un col roulé en hiver… On parle ici d’un geste significatif, et ludique si possible !

Par exemple diviser par 2 voire par 10 votre consommation de viande rouge, en mettant à l’honneur une viande de qualité et en la remplaçant le reste du temps par des menus gourmands, mais plus économiques et surtout à faible empreinte carbone.

Remplacer le prochain voyage en avion par une destination plus proche. Toujours remplacer ce que vous enlevez par quelque chose d’autre qui pourra s’avérer tout aussi chouette. On se prend déjà la crise climatique, on ne va pas en plus se flageller avec des orties !

9. Soutenir un pur projet

Quelque chose qui vous dépasse, qui vous reconnecte à la terre. Il est important, dans une époque dominée par l’incertitude, de trouver des causes qui nous transportent, dans une démarche de proposition plutôt que d’opposition.

C’est l’approche d’une organisation comme l’Association Francis Hallé pour la Forêt Primaire, dont les membres se mobilisent pour faire renaître une vaste forêt sauvage sur 70 000 hectares. Sans doute l’un des projets de préservation de la nature les plus innovants et les plus inspirants du moment. Le mouvement en est à ses débuts et la mobilisation du public autour de la philosophie qu’il défend – sortir d’une vision gestionnaire de la nature – est absolument capitale pour la concrétisation du projet, et au-delà pour solutionner la crise climatique et l’effondrement de la biodiversité.

Le botaniste Francis Hallé et des membres de l’association lors d’un voyage d’étude dans les Vosges du Nord.

Il y a tant d’associations à différents échelons national, régional et local qui ont besoin, plus que jamais, de soutiens pour avancer. France Nature Environnement, le Réseau Action Climat ou le WWF offrent un large panel d’actions concrètes.

Autre coup de cœur : la plateforme de financement de la transition écologique BlueBees qui aide des agriculteurs à concrétiser leur projet sous la forme de prêts ou de dons. Mention spéciale pour ce jeune cuniculteur en Haute Vienne qui veut remettre à l’honneur une race locale de lapin dans une approche inspirée par l’agroforesterie. Quand on sait comment sont élevés 99% des lapins de consommation en France, on a clairement envie d’encourager ce genre d’initiative 😉

10. Glander. Avec modération, mais glander !

Accordez-vous régulièrement un peu de temps pour « tout couper » et ne rien faire.

Je vous vois venir… « encore un qui prône la paresse ». Rien à voir, il est question ici de santé mentale. D’ailleurs cette tentation de se couper de l’ensemble des canaux d’information se répand dans toutes les strates de la société. D’après une étude publiée par la Fondation Jean-Jaurès en septembre, 53 % des Français déclarent souffrir de « fatigue informationnelle ». Nous sommes ainsi conditionnés, dès le plus jeune âge, à éviter l’ennui alors qu’il est prouvé que le désœuvrement, la flânerie, recèlent aussi des vertus. À petites doses c’est un moyen de développer l’imaginaire, la créativité, le ressourcement.

11. (bonus) Carpe diem

Vivre dans l’instant, tout en étant responsable. Le plaisir associé à la vertu… La fameuse formule n’est pas seulement un appel à jouir du moment présent, elle est une invitation à apprécier des plaisirs simples, en harmonie avec ce que la Nature nous donne, en étant en paix avec soi-même. Plus de 2000 ans après, la célèbre maxime du poète latin Horace se révèle plus que jamais d’actualité.

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