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	<title>Focus</title>
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	<description>Comprendre l’écologie et la société à travers des récits inspirants</description>
	<lastBuildDate>Sat, 12 Jul 2025 20:43:52 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Focus</title>
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		<title>Contre le backlash écologique, miser sur le récit</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ghislain Journé]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Jul 2025 07:59:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Focus]]></category>
		<category><![CDATA[Grand Format]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Less is luxe ». C’est par ces trois mots que Kim Kardashian a annoncé sur Instagram vouloir incarner une nouvelle philosophie aux antipodes de son train de vie habituel, publiant un [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://leterrien.fr/focus/contre-le-backlash-ecologique-miser-sur-le-recit/">Contre le backlash écologique, miser sur le récit</a> est apparu en premier sur <a href="https://leterrien.fr">Le Terrien</a>.</p>
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<p>« Less is luxe ». C’est par ces trois mots que Kim Kardashian a annoncé sur Instagram vouloir incarner une nouvelle philosophie aux antipodes de son train de vie habituel, publiant un portrait d’une sobriété qu’on ne lui a jamais connue. La star y apparaît transfigurée, posant près d&#8217;un arbre, vêtue d’un simple sari vert. Et l’influenceuse aux 350 millions d’abonnés d’expliquer son revirement par ces mots : « Peut-on vivre heureux avec moins ? À 44 ans, je réalise – comme on dit, mieux vaut tard que jamais – que la consommation à outrance est une impasse. Aujourd’hui, je suis milliardaire. Est-ce qu’avoir 1 milliard de plus me rendrait plus heureuse ? Je n’ai pas besoin de tout cet argent. J’ai donc décidé de <a href="https://leterrien.fr/consternant/planete-recherche-philanthropes-desesperement/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">donner 90% de ma fortune</a> – 1,5 milliard de dollars – à des organisations qui se mobilisent pour préserver notre maison commune.</p>



<p>Le bonheur se trouve dans la simplicité, la sobriété, la générosité… l’harmonie avec la nature. J’espère que ma démarche en inspirera d’autres !&nbsp;».</p>



<p>N&#8217;allez pas sur le compte Instagram de Kim Kardashian. Elle n’a, hélas, jamais écrit ces mots.</p>



<p>Bien au contraire, il est fascinant de constater que les influenceurs les plus puissants du monde occidental – en termes d’audience – sont aussi, très manifestement, ceux qui ignorent le plus l’environnement, si l’on en juge au mode de vie qu’ils valorisent auprès de leurs communautés. Voyages en jet, virées dans l’espace, signes extérieurs de richesse, produits de beauté, chirurgie esthétique, jeux vidéo… Autant de joyeusetés qui, si elles étaient démocratisées, comme l’espère la très déphasée <a href="https://leterrien.fr/consternant/voyage-spatial-de-katy-perry-co-la-betise-sur-orbite/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Katy Perry</a> à propos de son petit tour dans l’espace avec 5 autres femmes riches, ouvriraient les portes de l’enfer climatique bien avant la fin du siècle, compte tenu des bombes carbone que lâchent quotidiennement ces personnes.</p>



<p>Ce constat pose une question essentielle, et d&#8217;autant plus pressante que nous sortons d&#8217;une nouvelle vague de chaleur exceptionnelle marquée au fer rouge du changement climatique, coïncidant avec une préoccupante série de reculs environnementaux (le fameux &#8220;backlash écologique&#8221;) : comment réorienter l’imaginaire collectif vers des modèles à la fois durables et désirables ?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Pour quoi opérer la transition&nbsp;?</strong></h3>



<p>Dans son best-seller «&nbsp;<em>Start with WHY</em>&nbsp;» (&#8220;<em>Commencer par pourquoi – Comment les grands leaders nous inspirent à passer à l’action</em>&#8220;) Simon Sinek rappelle le contexte du grand discours de Martin Luther King sur les marches du Lincoln Memorial à Washington en 1963.</p>



<p>« I have a dream »… &nbsp;Martin Luther King parlait avec foi et conviction, il ne se contentait pas de marteler ce que les Américains devaient faire. Comme le souligne avec humour Simon Sinek, il a dit «&nbsp;I have a dream&nbsp;», et pas «&nbsp;I have a plan&nbsp;»&nbsp;! Aussi les gens qui partageaient ce en quoi il croyait ont repris sa cause, se la sont appropriée. Et ce discours fut l’un des points culminants du mouvement des droits civiques aux Etats-Unis, avec la transformation profonde que l’on connaît.</p>



<p>En France, alors que plus de 80% des personnes interrogées dans les dernières enquêtes d’opinion se disent inquiètes du réchauffement climatique et estiment qu’il est important de mettre en place des actions pour s’adapter, la société peine à se mettre en mouvement. Nous manquerait-il un Martin Luther King de la cause climatique&nbsp;?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Incarner l’écologie autrement</strong></h3>



<p>L’écologie politique en France cultive une aversion assumée pour la figure du leader charismatique, lui préférant une approche plus horizontale et collective. Une stratégie certes louable, mais qui dans une société habituée aux incarnations, montre ses limites.</p>



<p>Ajoutons que la culture de lutte qui domine au sein des mouvements écologistes n&#8217;aide pas non plus à développer l’imaginaire du monde d’après – le fameux récit. De fait, on y dénonce et on alerte plus souvent qu’on y aspire à un grand projet, et lorsqu’on propose c’est souvent sur les moyens (décarbonation, sobriété, régulations) plutôt que sur la vision d’un futur réinventé, possible, désirable.</p>



<p>Ce faisant, on peine à&nbsp;embarquer le public et consécutivement les décideurs.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Renverser la table en matière de communication</strong></h3>



<p>François Gemenne, président du Conseil scientifique de la Fondation pour la nature et l&#8217;homme et membre du GIEC estime que «&nbsp;si l’on veut que cela marche,&nbsp;il va falloir renverser la table en matière de communication&nbsp;(…) Il faut montrer qu&#8217;il y a plein de bénéfices au niveau individuel&nbsp;: pour la santé, pour le confort, pour le portefeuille. Et aussi des bénéfices pour les entreprises, en termes de compétitivité, d&#8217;attractivité ou de baisse de certains coûts.&nbsp;» (<em>France Info</em>, 31 mai 2025).</p>



<p>La chercheuse en sciences cognitives Mélusine Boon-Falleur (CRIS – SciencesPo) ne dit pas autre chose quand elle observe que si l’on a considérablement progressé en matière d’information, et consécutivement de prise de conscience sur la question de l’urgence écologique – 8 personnes sur 10 dans le monde disent avoir vécu les effets du changement climatique – beaucoup reste à faire en matière de communication autour des solutions, où l’on constate un important déficit de connaissance.</p>



<p>Or d’après la chercheuse, la communication autour des solutions permet justement, si elle est bien contextualisée, de lever certains freins cognitifs et ainsi d’accélérer le passage à l&#8217;action. Notamment sur le terrain de la norme sociale et de la réputation&nbsp;:<br><br>&#8211; Lorsque les comportements vertueux s’inscrivent dans une tendance, la mise en dynamique de l’information peut être un levier efficace pour provoquer la réflexion « Je peux changer ». Dire par exemple «&nbsp;de plus en plus d&#8217;individus réduisent leur consommation de viande&nbsp;» se révèle plus efficace que de dire «&nbsp;certaines personnes réduisent leur consommation de viande&nbsp;».<br><br>&#8211; En tant qu’espèce sociale, nous attachons naturellement de l’importance à ce que les autres pensent de nous. Plusieurs expériences menées, visant à rendre plus visibles les initiatives individuelles, ont ainsi permis d’identifier la réputation comme un mécanisme puissant pour pousser les gens à passer à l’action (comme en témoignent les influenceurs et leur pouvoir prescripteur).<br><br>En outre, pour éviter le sentiment d’impuissance résultant d’une communication focalisée sur le problème de l’urgence écologique, il est essentiel d’arriver à parler davantage des solutions et des choses qui fonctionnent, et démontrer ainsi que l’engagement est utile.</p>



<p>Deux domaines apparaissent ainsi particulièrement propices à l’émergence d’un récit mobilisateur, parce que les transformations qui y sont engagées produisent des effets performatifs, visibles et rapides : <strong>l’agriculture</strong> <strong>(1)</strong> et <strong>les jardins privatifs</strong> <strong>(2)</strong>.</p>



<h3 class="wp-block-heading">1. <strong>Ébranler le dogme mortifère de l’agriculture industrielle</strong></h3>



<p>L’agriculture est aujourd’hui le deuxième secteur le plus émetteur de gaz à effet de serre (GES) en France, derrière le transport, avec 20 % des émissions nationales. Mais là où la plupart des autres secteurs clés de la transition écologique ne peuvent, au mieux, que réduire leur empreinte, l’agriculture a, elle, ce pouvoir unique : contribuer aussi au stockage du carbone et à la restauration de la biodiversité.</p>



<p>Autant de raisons d&#8217;accélérer la transition agricole. Pourtant l’agriculture reste en proie à un modèle industriel dominant, remarquablement décrit dans l’enquête <em>Silence dans les champs</em> où le journaliste Nicolas Legendre assemble le puzzle du complexe agro-industriel breton – berceau du modèle productiviste français. Extrait&nbsp;:</p>



<p>«&nbsp;<em>À l’autre bout du spectre, militants écologistes, représentants des syndicats agricoles minoritaires et partisans d’une «&nbsp;autre agriculture&nbsp;» jouent également des coudes pour faire avancer leur cause. Le rapport de force, cependant, ne leur a jamais été favorable</em>&nbsp;».</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="908" height="564" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2025/06/image.png" alt="Séquence de l’arrivée du tracteur dans la cour d’une ferme, tirée du documentaire Nous paysans." class="wp-image-2750276" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2025/06/image.png 908w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2025/06/image-300x186.png 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2025/06/image-768x477.png 768w" sizes="(max-width: 908px) 100vw, 908px" /><figcaption class="wp-element-caption">Séquence de l’arrivée du tracteur dans la cour d’une ferme, tirée du documentaire &#8220;Nous paysans&#8221; (voir liens ci-dessous).</figcaption></figure>



<p>Le contexte politique et économique qui a permis à ce modèle agricole de se développer au lendemain de la Seconde Guerre est bien connu. Il s’agissait de faire de l’agriculture un fer de lance de la reconstruction et de la modernisation de l’économie française.</p>



<p>Le récit de cette agriculture «&nbsp;moderne&nbsp;», s’appropriant la notion de progrès, imprègne ainsi depuis plus d’un demi-siècle l’imaginaire collectif et arrime les consommateurs aux dogmes d’une alimentation nécessairement «&nbsp;moins cher&nbsp;» et d’une prétendue «&nbsp;souveraineté alimentaire&nbsp;» invoquée ad nauseam par ses porte-voix – grandes coopératives, groupes agroalimentaires, syndicats majoritaires, responsables politiques, relais d’opinion, etc.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Contexte – </strong>Récit <strong>–</strong> Acteurs<strong>&nbsp;: l’urgence d’un réalignement</strong></h3>



<p>En 2025 le contexte a pourtant profondément changé. Le changement climatique figure parmi les principales préoccupations des Français et la nécessité d’un virage à 90 degrés en faveur d’un modèle fondé sur l’agroécologie est soulignée par un nombre croissant d&#8217;acteurs et d&#8217;institutions, parmi lesquelles l&#8217;Institut national de recherche pour l&#8217;agriculture, l&#8217;alimentation et l&#8217;environnement (INRAE).</p>



<p>Le biologiste Marc-André Selosse calcule même que si nous augmentions chaque année la teneur en matière organique des sols (l&#8217;un des principes phares de l&#8217;agroécologie) de 0,4%, cela compenserait tout le carbone que l’humanité émet dans l’atmosphère cette année-là.</p>



<p>Et cela tombe bien, car la plupart des sols agricoles manquent de matière organique et le fumier, matière organique autrefois répandue sur les champs, a été remplacé par des engrais minéraux fortement émetteurs de gaz à effet de serre. Or la matière organique ne manque pas&nbsp;: c’est le fumier issu de l’élevage ou les déchets organiques de nos poubelles.</p>



<p>Cela montre qu’avec une autre agriculture fondée sur l&#8217;agroécologie on peut à la fois réduire les émissions de gaz à effet de serre, capter et stocker l’excès de carbone, tout en améliorant le fonctionnement des sols et régénérer la biodiversité. </p>



<p><em>Lire : <a href="https://leterrien.fr/focus/le-sol-potentiel-sauveur-ou-fossoyeur-de-lhumanite/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le sol, potentiel sauveur ou fossoyeur de l&#8217;humanité</a> (interview de Marc-André Selosse)</em></p>



<p>L&#8217;essayiste Gaspard Koenig, très mobilisé sur les enjeux agricoles, estime que cette transition est engagée et qu&#8217;elle est inéluctable. Reste à l’accélérer en s’en faisant les relais, en tant que citoyens (votants) et consommateurs avertis (!).</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L’exemple de l’Andhra Pradesh en Inde, le plus important projet d’agroécologie au monde</strong></h3>



<p>En Inde, l’État de l’Andhra Pradesh s’est lancé dans un pari audacieux : accompagner six millions de foyers agricoles représentant au total huit millions d’hectares vers une agriculture sans produits chimiques d’ici 2031. Ce modèle, appelé &#8220;Natural Farming&#8221;, repose sur des principes universels d’agroécologie : pas d’intrants, des sols maintenus couverts et vivants, une forte biodiversité, l’usage de semences indigènes et la restauration des équilibres naturels. À la clé : des sols régénérés, une meilleure rétention de l’eau et du carbone, des rendements stables, une hausse des revenus agricoles et une plus grande résilience face aux sécheresses et inondations.</p>



<p>Lancé en 2016 avec 40 000 agriculteurs, le programme en mobilise aujourd’hui plus de deux millions.</p>



<p>Si la généralisation de l’agriculture naturelle en Inde est encore loin d’être acquise face au système agricole industriel issu de la «&nbsp;révolution verte&nbsp;», elle n’en demeure pas moins un remarquable exemple de redirection écologique portée par les communautés locales – essentiellement les femmes – et capable d’embarquer un État tout entier.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">2. Révolution <strong>dans les parcs et jardins : sauver le vivant&#8230; chez soi</strong>, pour commencer !</h3>



<p>Dans un article publié le 30 mars 2025, <em>Le Monde</em> décrit le phénomène des obligations réelles environnementales (ORE) – un dispositif inventé par la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages de 2016 – prévoyant que dans les espaces concernés par ce dispositif – des parcelles privatives essentiellement – la nature sera laissée en libre évolution et n’y sera nullement exploitée, échappant aux engins à moteur, pesticides, aménagements, déboisements, etc. Après un démarrage lent, observe le quotidien, plusieurs centaines d’ORE ont été signées chez le notaire par des particuliers, depuis 2022, avec des associations écologistes, des conservatoires d’espaces naturels (CEN) ou des collectivités locales.</p>



<p>Au-delà de l’impact potentiellement majeur sur la sauvegarde de la biodiversité si ce dispositif venait à se déployer plus largement – rappelons qu’il existe en France 17 millions de jardins privatifs couvrant une superficie totale de 1 million d’hectares – on en apprécie les bénéfices quasi-immédiats, et visibles&nbsp;!</p>



<p>« Il n’y a pas de règle stricte si ce n’est une intervention minimale. Chez moi je constate avec le temps que moins j’interviens, mieux mon jardin se porte » observe Éric Lenoir, <a href="https://leterrien.fr/consternant/tondre-herbe/#:~:text=Eric%20Lenoir%20est%20%C3%A0%20l,lib%C3%A9r%C3%A9%20de%20l'emprise%20humaine." target="_blank" rel="noreferrer noopener">le pape du jardin Punk</a> et pionnier du rewilding à l&#8217;échelle des jardins.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Conclusion : on a les solutions, manquent les histoires </h3>



<p>Face à la crise écologique, on voit bien que ce ne sont pas les solutions qui manquent, mais les histoires. Celles qui inspirent au-delà des cercles engagés, et favorisent les basculements.</p>



<p>Imaginez à présent qu’il prenne l’envie à Kim Kardashian de se réinventer en influenceuse du vivant…</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1000" height="999" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2025/07/KIM-Kardashian.jpg" alt="" class="wp-image-2758191" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2025/07/KIM-Kardashian.jpg 1000w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2025/07/KIM-Kardashian-300x300.jpg 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2025/07/KIM-Kardashian-150x150.jpg 150w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2025/07/KIM-Kardashian-768x767.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption class="wp-element-caption">Kim K. X Vandana Shiva</figcaption></figure>



<p>« <em>Les récits sont des façons de faire exister des mondes. […] Il faut donc raconter une autre histoire, parce que celle qui continue d’être récitée, celle du Progrès, du développement, de la modernisation, ne fait plus monde.</em> » Bruno Latour, <em>Où atterrir&nbsp;?</em> (2017).</p>



<p>Photo principale : coucher de soleil sur le pont du Golden Gate à San Francisco. Crédits : Ian Turner.</p>



<p><strong>Sources&nbsp;:</strong></p>



<p>&#8211; <a href="https://www.youtube.com/watch?v=lBjJdyqGx3E" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Conférence de Vijay Kumar</a> (Institut Agro Montpellier).</p>



<p>&#8211; <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/01/19/en-inde-l-andhra-pradesh-se-convertit-a-l-agroecologie_6066806_3234.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">En Inde, l’Andhra Pradesh se convertit à l’agroécologie</a> (Le Monde).</p>



<p>&#8211; <a href="https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2025/03/30/ces-particuliers-qui-transforment-leur-jardin-en-reserve-de-biodiversite-je-participe-a-mon-petit-niveau-a-ameliorer-la-vie-sauvage_6588240_4497916.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«&nbsp;Il y a tellement d’oiseaux, d’insectes, ça chante, ça vole, ça se déplace, ça foisonne&nbsp;»</a>&nbsp;: ces jardins «&nbsp;vivants&nbsp;», où la nature est libre d’évoluer (Le Monde).</p>



<p>&#8211; <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/zero-emission/le-seul-moyen-de-lutter-contre-les-gaz-a-effet-de-serre-est-de-montrer-comment-la-transition-est-bonne-pour-le-portefeuille-et-la-competitivite-estime-francois-gemenne-4742496" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« Le seul moyen de lutter contre les gaz à effet de serre est de montrer comment la transition est bonne pour le portefeuille et la compétitivité »</a>, estime François Gemenne (France Info).</p>



<p>&#8211; <a href="https://www.parlonsclimat.org/post/backlash-ecologique" target="_blank" rel="noreferrer noopener">“Backlash” écologique : attention à la prophétie auto-réalisatrice</a> (Parlons Climat).</p>



<p>&#8211; Documentaire <a href="https://www.france.tv/france-5/nous-paysans/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«&nbsp;Nous Paysans&nbsp;»</a> (France TV)</p>



<p>&#8211; Documentaire <a href="https://videos.parleur.net/w/9db1e182-44ad-4377-b252-bd5cfd1fd0aa" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«&nbsp;Tu nourriras le monde&nbsp;»</a> (Parleur.net)</p>



<p>&#8211; <a href="https://www.youtube.com/watch?v=baC6B8Nk65M" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pesticides : les lobbies de l&#8217;agro-business ont-ils gagné ?</a> (France TV).</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Pesticides : les lobbies de l&#039;agro-business ont-ils gagné ? - C Ce Soir du 27 mai 2025" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/baC6B8Nk65M?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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		<title>Cette entreprise à mission accompagne plus de 3000 fermes sur la voie d’une agriculture régénératrice</title>
		<link>https://leterrien.fr/focus/cette-startup-accompagne-plus-de-3000-fermes-sur-la-voie-dune-agriculture-regeneratrice/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Ghislain Journé]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Mar 2024 20:00:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Focus]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Startup pionnière de la contribution carbone au profit d’un modèle agricole durable, Agoterra mise sur le déploiement à grande échelle de l&#8217;agriculture régénératrice, une approche qui vise notamment à réduire [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Startup pionnière de la contribution carbone au profit d’un modèle agricole durable, Agoterra mise sur le déploiement à grande échelle de l&#8217;agriculture régénératrice, une approche qui vise notamment à réduire les émissions de gaz à effet de serre, dont le secteur agricole reste à ce jour le deuxième plus gros émetteur en France, derrière le transport.</p>



<p>À la tête d’Agoterra depuis 2021, l’entrepreneur Mathieu Toulemonde constate une prise de conscience grandissante sur le fait que la performance économique peut et doit aller de pair avec la performance environnementale. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Agriculture régénératrice : le concept</strong></h2>



<p>Le concept d’agriculture régénératrice regroupe un ensemble de pratiques propices à la restauration des sols agricoles, telles que la réduction du labour pour un passage en semis direct, la couverture des sols tout au long de l’année, les cultures diversifiées pratiquées en associations, la réduction de l&#8217;usage d’intrants chimiques,&nbsp;l’augmentation des surfaces en prairie, le développement de l’agroforesterie, etc. Toutes ces pratiques se complétant dans une approche systémique, dans le but d’aller vers un système agroécologique.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Lire aussi :&nbsp;<a aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://leterrien.fr/focus/lagriculture-du-21eme-siecle-devra-necessairement-associer-les-arbres-emmanuel-torquebiau-expert-en-agroforesterie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L&#8217;agriculture du 21ème siècle devra nécessairement associer les arbres</a></li>
</ul>



<p>Parmi les nombreux bénéfices associés à ces méthodes, on note une réduction des émissions de gaz à effet de serre et une meilleure séquestration du carbone dans le sol. Autant de CO2 que les agriculteurs peuvent désormais valoriser sur le marché du carbone volontaire, grâce au système des crédits carbone.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Contribution carbone&nbsp;# Compensation&nbsp;</strong></h2>



<p>La compensation carbone consiste pour une entreprise à évaluer ses émissions de CO2 et à compenser celles-ci en finançant via le système des crédits carbone des pratiques relevant notamment de l’agriculture régénérative, permettant ainsi de réduire ou de stocker une quantité équivalente de CO2.</p>



<p>«&nbsp;Nous parlons plutôt de contribution carbone et non de compensation carbone, qui est un terme très discutable, estime Mathieu Toulemonde. En effet la compensation carbone laisse entendre que des entreprises fortement émettrices pourraient être neutres en annulant leurs émissions, sans remettre en question leur business model. Scientifiquement, ça ne tient pas. Pour cette raison nous préférons plutôt parler de contribution carbone. On peut ainsi aider au développement de puits de carbone qui vont permettre de contribuer collectivement à la neutralité carbone territoriale, française ou mondiale.&nbsp;»</p>



<p>Agoterra intervient dans ce cadre en tant qu’intermédiaire entre les entreprises et les agriculteurs, accompagnant les premières dans leur démarche de réduction d’empreinte carbone en leur permettant d’identifier, de financer et de suivre des projets bas-carbone certifiés, au plus près de leur chaîne de valeur – dans un rayon inférieur à 100 km – et en aidant les seconds à déployer une agriculture régénératrice en ayant accès à de nouvelles sources de financement.</p>



<p>«&nbsp;Nous avons créé la structure en mai 2021 pour collecter les fonds de nos premiers clients entreprises et les reverser, le principe étant de permettre à nos clients de ne pas traiter en direct avec les fermes, puisqu’elles ne sont pas structurées pour cela.</p>



<p>Ensuite on collecte et on traite via notre plateforme tout un ensemble d’informations que nous restituons aux entreprises, avec un fort enjeu de communication et d’acculturation aux questions agricoles, notamment pour éviter le greenwashing. Au-delà de ce reporting la plateforme permet de créer un lien entre les entreprises et les fermes, avec des actualités et un partage d’information qui vont bien au-delà de la seule question du carbone&nbsp;» explique l’entrepreneur.</p>



<p>Agoterra assure ensuite un suivi annuel de chaque exploitation – sur une durée totale de 5 ans – assurant un paiement annualisé des crédits carbone pour l’agriculteur en fonction de sa performance, avec à la clé l’obtention de labels certifiés du type Label bas-carbone. Autre facteur essentiel de succès pour les agriculteurs partenaires, le volet formation technique et agronomique, dispensé en lien avec des partenaires dédiés sur le terrain.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/03/Agoterra-2-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-1340142" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/03/Agoterra-2-1024x576.jpeg 1024w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/03/Agoterra-2-300x169.jpeg 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/03/Agoterra-2-768x432.jpeg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/03/Agoterra-2-610x343.jpeg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/03/Agoterra-2-980x551.jpeg 980w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/03/Agoterra-2-480x270.jpeg 480w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/03/Agoterra-2.jpeg 1080w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Visite de la ferme de Jean-François (Villeneuve d&#8217;Asq &#8211; Octobre 21). Photo : Agoterra.</em></figcaption></figure>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>De multiples intérêts écologiques… et économiques</strong></h2>



<p>Le stockage et la réduction des émissions de gaz à effet de serre est indéniablement l’un des principaux bénéfices associés à l’agriculture régénérative, bien illustré par l’initiative 4 pour 1000 «&nbsp;Les sols pour la sécurité alimentaire et le climat&nbsp;» lancée par la France à l’occasion de la COP21&nbsp;: si, dans tous les sols, on augmentait chaque année de 0,4&nbsp;% (soit 4 ‰) la teneur en matière organique, donc en carbone, on compenserait le CO2 émis par l’homme dans l’atmosphère. Sans oublier bien sûr l’objectif principal, qui reste de réduire nos émissions de gaz à effet de serre.&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Lire aussi :&nbsp;<a href="https://leterrien.fr/focus/le-sol-potentiel-sauveur-ou-fossoyeur-de-lhumanite/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le sol, potentiel sauveur ou fossoyeur de l’humanité</a>&nbsp;(interview exclusive de Marc-André Selosse)</li>
</ul>



<p>Mais les bénéfices de l’agriculture régénérative vont bien au-delà de la seule question du carbone, puisqu’elle permet de stimuler la vie des sols, entrainant de ce fait tout un cortège d’effets bénéfiques : diminution de l’érosion des sols, meilleure circulation et rétention des ressources hydriques dans le sous-sol, apports de nutriments pour les cultures, stimulation de la biodiversité, etc.</p>



<p>On perçoit consécutivement l’intérêt économique qu’ont les agriculteurs à mettre en œuvre de telles pratiques, dans la mesure où celles-ci impactent directement la qualité des cultures d’une part et le volume des coûts en carburant et en intrants d’autre part.</p>



<p>À cela s’ajoute donc l’argument financier des crédits carbone. Pour mieux se le représenter nous avons interrogé Mathieu Toulemonde sur le revenu complémentaire que pouvait raisonnablement espérer un agriculteur&nbsp;:</p>



<p>«&nbsp;D’abord il est important de préciser que d’une exploitation à l’autre le revenu associé aux crédits carbone peut-être très variable. Toutefois, en moyenne, on constate pour une exploitation environ 500 tonnes de CO2 séquestrées ou réduites sur 5 ans, avec un prix à la tonne de CO2 situé entre 32 et 42 euros. Par conséquent sur une fourchette basse nous tablons sur 15 000 euros jusqu’à 25 000 euros en moyenne, voire 60 à 70 000 euros pour les plus grandes exploitations. Sans inclure tous les bénéfices économiques induits par les pratiques agronomiques associées à l’agriculture régénérative.</p>



<p>La preuve que l’on peut allier performance économique et performance environnementale. C’est essentiel si on veut que le système se déploie à grande échelle » relève Mathieu Toulemonde.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="874" height="581" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/03/Agoterra-3.png" alt="" class="wp-image-1340145" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/03/Agoterra-3.png 874w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/03/Agoterra-3-300x199.png 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/03/Agoterra-3-768x511.png 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/03/Agoterra-3-610x406.png 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2024/03/Agoterra-3-480x319.png 480w" sizes="auto, (max-width: 874px) 100vw, 874px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Sur la plateforme d&#8217;Agoterra, on peut consulter l&#8217;ensemble des projets de transition vers une agriculture régénératrice et bas-carbone.</em></figcaption></figure>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une démarche qui séduit toujours plus d’agriculteurs</strong></h2>



<p>S’il a d’abord conquis des agriculteurs déjà convaincus, voire des pionniers, le concept a rapidement essaimé au-delà.</p>



<p>«&nbsp;Aujourd’hui on constate une belle dynamique, puisque l’année de notre lancement fin 2021 nous avions 301 agriculteurs référencés sur la plateforme, fin 2022 nous passions la barre des 1000 fermes, puis 3000 en 2023. Soit près de 1% des exploitations françaises à ce jour.&nbsp;»</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>… et d’entreprises en quête d’impact et de traçabilité</strong></h2>



<p>C’est pendant qu’il développait une startup en Asie que le trentenaire eut l’idée de relocaliser la compensation carbone au plus près des chaînes de valeur, en imaginant un système plus fiable.</p>



<p>« Chez Agorize, la startup pour laquelle je travaillais alors, nous voulions réduire notre empreinte carbone et pour ce faire nous avions financé un chantier de plantation d’arbres quelque part en Inde. Je me souviens qu’on avait reçu un certificat papier par la poste qui disait très peu de choses de ces plantations. Il n’y avait pas de suivi, pas de certification… bref c’était léger !</p>



<p>Parallèlement, la ferme familiale est passée en bio en 2020 et nous avons cherché des sources de cofinancement pour opérer cette transition. Il se trouve que l’exploitation étant basée à Villeneuve d’Ascq, nous avions à proximité des grandes entreprises comme Bonduelle, McCain, Décathlon… Or ces sociétés vont souvent financer des projets sans rapport avec leur activité à l’autre bout du monde, alors qu’elles pourraient relocaliser cette contribution carbone au profit de projets situés sur leur territoire, voire au sein même de leur chaîne de valeur. C’est à ce moment-là que j’ai eu le déclic&nbsp;! se remémore le chef d’entreprise.</p>



<p>Quant à la fiabilité des crédits carbone, fréquemment mise en cause, les projets que nous sélectionnons bénéficient de crédits carbone certifiés par les labels les plus exigeants (Label bas-carbone, Gold Standard, ou ISO) et&nbsp;parallèlement nous avons lancé la Climate Agriculture Alliance, une interprofession des crédits carbone au niveau européen dont l’objectif est de mettre en place des garde-fous, en créant un registre européen des crédits carbone pour éviter par exemple que des agriculteurs puissent se faire rémunérer plusieurs fois pour la même pratique. Cette fiabilité est absolument cruciale&nbsp;».</p>



<p>Fraîchement certifiée B Corp, déjà forte de 60 clients – principalement des grandes entreprises – Agoterra voit l’avenir en grand avec une ambition internationale. Cela tombe bien car en matière d’agriculture il y a urgence à accélérer la transition, et pas qu’en France.</p>



<p>Vous voulez rencontrer Agoterra&nbsp;? Rendez-vous le 16 mai à <a href="https://www.agoterra.com/carbonconnect">CarbonConnect</a> qui se tiendra cette année à AgroParisTech, la grande école du ministère de l&#8217;Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, composante de l&#8217;Université Paris-Saclay, sous le haut patronage des ministères de l’Agriculture &amp; de l’Écologie. Au programme des rencontres et ateliers thématiques en présence d’agriculteurs et d’entreprises. L’évènement est ouvert à toutes celles et ceux qui s’intéressent au sujet de transition agricole autour de l’agroécologie. </p>



<p></p>



<p><em>Portrait principal : Mathieu Toulemonde, fondateur et dirigeant de Agoterra.</em></p>
<p>L’article <a href="https://leterrien.fr/focus/cette-startup-accompagne-plus-de-3000-fermes-sur-la-voie-dune-agriculture-regeneratrice/">Cette entreprise à mission accompagne plus de 3000 fermes sur la voie d’une agriculture régénératrice</a> est apparu en premier sur <a href="https://leterrien.fr">Le Terrien</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Gaspard Koenig : « S’il était bien articulé, le projet agroécologique pourrait être assez consensuel »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ghislain Journé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Feb 2024 08:17:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Focus]]></category>
		<category><![CDATA[Grand Format]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans&#160;l’Origine du monde – Une histoire naturelle du sol à l’intention de ceux qui le piétinent (Actes Sud, 2021), le professeur au Museum national d’Histoire naturelle Marc-André Selosse nous emmène [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://leterrien.fr/focus/gaspard-koenig-sil-etait-bien-articule-le-projet-agroecologique-pourrait-etre-assez-consensuel/">Gaspard Koenig : « S’il était bien articulé, le projet agroécologique pourrait être assez consensuel »</a> est apparu en premier sur <a href="https://leterrien.fr">Le Terrien</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Dans&nbsp;<em>l’Origine du monde – Une histoire naturelle du sol à l’intention de ceux qui le piétinent</em> (Actes Sud, 2021), le professeur au Museum national d’Histoire naturelle Marc-André Selosse nous emmène dans un monde sous-terrain fascinant, palpitant de vie, dont on réalise qu&#8217;il recèle des solutions pour faire face aux défis du réchauffement climatique et de l’effondrement du vivant. On y apprend notamment le rôle clé de l’humus, cette couche superficielle formée par la décomposition de la matière organique et qui garantit la fertilité d’un sol. L&#8217;humus permet ainsi la vie du végétal, et consécutivement la nôtre.</p>



<p><em>Humus</em>, c’est aussi le titre du dernier roman de Gaspard Koenig (Prix Interallié 2023), proposant à travers les parcours croisés de deux amis étudiants agronomes que les choix de vie vont irrémédiablement éloigner – Kévin se retrouvant à la tête d’une startup de vermicompostage, Arthur tentant une expérience de restauration des champs de l’ancienne ferme familiale, souillés aux pesticides – un narratif efficace pour éveiller notre intérêt pour un univers encore trop largement méconnu. C’est d’ailleurs en plongeant les mains dans la terre d’un potager où il fait des expérimentations «&nbsp;pas toujours très concluantes&nbsp;» que l’auteur, qui se définit comme&nbsp;semi néo rural, a eu envie de mieux comprendre le sol et plus particulièrement les vers de terre – protagonistes centraux du livre, véritables ouvriers de l&#8217;humus  – «&nbsp;l’un des animaux les plus importants de l’évolution naturelle, celui sans qui tout s’écroule&nbsp;» résume-t-il.</p>



<p>Du livre, de ses différentes recherches et rencontres, l’auteur-politique tire une conviction : l’agriculture a besoin d’un «&nbsp;choc pisanien&nbsp;» en faveur de l’agroécologie. Il nous explique.</p>



<p><strong>&#8211; Le philosophe Baptiste Morizot estime qu’il nous faut «&nbsp;vivifier et inventer une culture du vivant car celle-ci nous forcerait à penser autrement ce que l’on mange, et toute l’agriculture.&nbsp;» Est-ce que ce n’est pas cela qu’il faudrait</strong> <strong>mettre&nbsp;au-dessus de tout ?</strong></p>



<p>Je pense qu’il est surtout très important, pour réconcilier ces deux mondes qui ont tendance à s’opposer de manière caricaturale – syndicats agricoles &#8220;classiques&#8221; d’un côté et ceux qui tiennent un discours écologiste de l’autre – de convaincre les écologistes que l’on peut produire, et les agriculteurs que l’on peut produire davantage avec la nature, en respectant les sols. Mais cela suppose de mettre en place d’autres politiques publiques.</p>



<p>Quant à la pensée écologique, je trouve l’approche d’Élisée Reclus, auteur anarchiste et écologiste de la fin du 19<sup>ème </sup>, très éclairante. Celui-ci nous incite à penser une écologie qui lie et connecte l’homme et la nature. À l’inverse de l’écologie politique contemporaine dont on a l’impression que l’objectif, pour caricaturer un peu, est de mettre tous les êtres humains dans des villes pour faire des économies carbone – indéniables – et de faire de la renaturation, du rewilding, dans le reste du territoire pour que la nature soit livrée à elle-même. Ce n’est pas du tout l’idéal de Reclus qui au contraire considère que l’anthropisation de la nature – qui est de toute façon aujourd’hui totale en Europe – n’est pas le problème en soi, le problème est la manière dont l’homme le fait. Car l’homme peut améliorer la nature en allant dans son sens, c’est-à-dire en respectant l’individualité du vivant et en accroissant sa diversité en allant dans le sens du processus de l’évolution naturelle.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« L’homme peut tirer profit de cette nature pour produire tout en la respectant, voire en participant de l’équilibre d’un écosystème. C’est tout le sens des associations qui sont pratiquées en agroforesterie. »</em></p>
</blockquote>



<p>Dans la nature il peut arriver qu’une espèce invasive détruise la diversité et l’homme peut agir pour la reconstruire. Par conséquent chez Élisée Reclus il n’y a pas du tout l’idée de séparer l’homme de la nature, mais au contraire de renaturer l’homme d’un côté, c’est-à-dire en lui refaisant comprendre ce qu’il a en lui de sauvage, et de l’autre côté assumer que l’homme peut tirer profit de cette nature pour produire tout en la respectant, voire en participant de l’équilibre d’un écosystème. C’est tout le sens des associations qui sont pratiquées en agroforesterie, par exemple.</p>



<p><strong>&#8211; Vous dites qu’il manque une réflexion systémique en matière d’agriculture et effectivement on a le sentiment que les transformations se font à la marge quand elles ne sont pas tout simplement abandonnées – le blocage sur l’objectif de 4% de jachères et la mise à l’arrêt du plan Écophyto sont révélateurs…</strong></p>



<p>Aujourd’hui le problème est que nous sommes entre deux eaux et que le discours politique est extrêmement flou, on l’a vu d’ailleurs sur le plateau de l’émission «&nbsp;<a href="https://www.france.tv/france-5/c-politique/saison-15/5624607-agriculture-anatomie-d-une-lutte.html" target="_blank" aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" rel="noreferrer noopener">Agriculture&nbsp;: anatomie d’une chute</a>&nbsp;» sur France 5, où nous avions un ministre de l’agriculture qui se disait favorable à l’agroécologie mais qui le lendemain faisait des annonces qui allaient exactement en sens inverse.</p>



<p>Les agriculteurs souffrent de cette contradiction – plus que de telle ou telle norme – et d’un sentiment de suradministration, car il y a des injonctions contradictoires permanentes entre un modèle de la PAC qui continue de les encourager à la production et des normes environnementales qui viennent les contredire, alors qu’on peut imaginer des politiques publiques qui au contraire permettraient une transition globale vers l’agroécologie.</p>



<p>En effet si la direction était claire et que l’ensemble de la politique publique se mettait en branle autour du projet agroécologique, nous n’aurions pas toutes ces oppositions, d’autant qu’il y a aujourd’hui une vraie prise de conscience du besoin de transition, avec beaucoup d’agriculteurs conventionnels qui comprennent de mieux en mieux la question des sols, qui retrouvent un savoir-faire et qui seraient prêts à faire cette transition. Je note d’ailleurs qu’en agriculture conventionnelle il y a déjà une réduction avérée de l’utilisation des intrants et une extension du couvert végétal – il suffit de prendre le train pour constater qu’il y a de moins en moins de champs laissés nus. Donc tout le monde va un peu dans cette direction, mais le problème est qu’il n’y a pas de projet assumé.</p>



<p><strong>&#8211; C’est cela, le «&nbsp;choc pisanien&nbsp;» dont l’agriculture a besoin&nbsp;?</strong></p>



<p>Effectivement dans les années 60 Edgard Pisani, alors ministre de l&#8217;Agriculture, a théorisé, politisé, diffusé un modèle agricole que l’on appellera productiviste, de manière extrêmement claire et ferme, lequel a entraîné un mouvement de fond malgré des résistances (en particulier autour de la question du remembrement, ndlr). Aujourd’hui c’est un mouvement de fond vers l’agroécologie dont on a besoin. Ce projet agricole est d’ailleurs assez évident quand on lit la science moderne et contemporaine, notamment les rapports de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) qui s’orientent tous vers cette approche-là.</p>



<p>L’agroécologie, que l’on pourrait définir comme une agriculture qui permet la productivité par l’écologie, regroupe toutes sortes de variantes qui suivent à peu près toutes les mêmes principes, à savoir pas d’intrants de synthèse et pas de labour profond. Dès lors que l’on respecte ces deux piliers, on est sûr de ne pas faire de bêtise. Surtout, l’agroécologie est quelque chose qui peut être adapté à chaque terroir, à chaque besoin.</p>



<p>Ce serait un très beau projet national qui mobilise non seulement l’agriculture, mais bien au-delà. C’est d’ailleurs ce que tente de faire l’État indien du Madhya Pradesh depuis 5 ans avec succès. C’est un territoire différent du nôtre bien sûr, plutôt rural, mais les derniers rapports de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) constatent des rendements et des revenus en hausse, de même qu’une nette amélioration de la santé des populations.</p>



<p>Cette transition agroécologique, qui est nécessaire pour le vivant – les sols, les insectes, les vers de terre, les oiseaux, bref tout le monde – suppose davantage de main d’œuvre, donc un autre aménagement du territoire, le fait d’assumer une forme d’exode urbain avec d’autres politiques sociales, une autre organisation des subventions agricoles, une autre appréhension des paysages&#8230; C’est assez énorme en fait&nbsp;!</p>



<p><strong>&#8211; Vous prônez depuis longtemps une simplification des normes. Mais cette simplification ne risque-t-elle pas de se faire au détriment de la transition écologique&nbsp;?</strong></p>



<p>Il y a un risque de confusion sur ce point. Pour moi le désir de liberté et de simplification est absolument lié à la nature, de manière fondamentale. Évidemment le problème est qu’aujourd’hui, en exigeant la simplification, qui est le reflet d’un mal généralisé dans notre société bureaucratique et centralisée, on risque beaucoup – et c’est précisément ce qu’il se passe – de simplifier les normes environnementales. Ainsi la simplification devient le paravent du déni écologique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« La simplification devient le paravent du déni écologique. »</em></p>
</blockquote>



<p>Évidemment je ne veux pas me porter caution de cela, puisque les rares normes qu’il faut garder sont précisément les normes environnementales. Surtout, simplifier ne veut pas dire adoucir, au contraire&nbsp;! Une norme simple est une norme extrêmement contraignante. Une norme complexe est au contraire une norme qui crée une injustice entre ceux qui peuvent l’appréhender et ceux qui sont éloignés des centres de pouvoir et d’information et qui n’y comprennent rien. Mais ces normes complexes créent aussi des souplesses puisqu’elles sont mitées d’exceptions et de cas particuliers que les mieux informés vont pouvoir contourner.</p>



<p>Prenons l’exemple de l’agroécologie. Si demain une loi stipulait que l’on interdit les intrants de synthèse et le labour profond, ce serait une simplification massive. Or quand on a dit ces deux choses-là, on peut laisser tout le reste à l’ordre spontané, puisque pour respecter ces deux contraintes les agriculteurs seront obligés d’en passer par tout ce que l’on souhaite développer – haies, agroforesterie, couvert organique, inter-cultures, associations culturales etc. C’est un exemple un peu extrême sans doute, mais cela montre bien qu’une norme très simple se suffit à elle-même, elle n’appelle pas de distinguo, elle pose une contrainte telle que vous êtes obligé de trouver une solution vertueuse.</p>



<p><strong>&#8211; En attendant le modèle agro-industriel fondé sur une agriculture conventionnelle domine largement, alors qu’on sait qu’il n&#8217;est pas viable, et malgré cela le pouvoir politique ne donne pas l’impression de vouloir fondamentalement changer les choses. Tout cela peut-il véritablement changer&nbsp;?</strong></p>



<p>Je note néanmoins que le ministre de l’agriculture parle positivement de l’agroécologie, ce qui n’aurait certainement pas été le cas il y a dix ans. C’est le signe qu’il y a des choses qui évoluent, en tout cas dans les discours. Je suis pour ma part convaincu que l’agroécologie est la modernité, et donc le monde de demain.</p>



<p>Toutefois il ne faut certainement pas commettre l’erreur de renoncer à l’impératif de production en agriculture. D’abord ce serait une erreur politique parce que cela condamnerait les écologistes à rester extrêmement marginaux, et je pense que ce serait une erreur économique, et surtout une erreur historique et agronomique, puisque les paysans ont toujours voulu produire plus.</p>



<p>Par ailleurs une culture respectueuse du sol est extrêmement productive, la permaculture est bio-intensive et produit davantage sur un hectare donné – évidemment avec beaucoup plus de main d’œuvre et différentes techniques – que du maraîchage conventionnel. Aujourd’hui les expériences menées par l’INRAE sur l’agroécologie montrent que l’on peut passer en agriculture de conservation des sols et néanmoins maintenir les rendements qui permettent de produire, de nourrir, et de faire des grandes cultures de céréales à l’échelle.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Si on est uniquement dans l’imaginaire des micro-fermes en circuits courts, je crains que la transition soit inacceptable et extraordinairement longue. »</em></p>
</blockquote>



<p>Je dis cela car si on est uniquement dans l’imaginaire des micro-fermes en circuits courts, je crains que la transition soit inacceptable et extraordinairement longue, surtout qu’on ne va pas exactement dans cette direction. Il faut certes encourager cela, mais il faut aussi laisser une place, au sein de contraintes agroécologiques, à un modèle qui permette d’avoir aussi des grandes exploitations, une agro-industrie qui transforme pour une population qui n’a pas accès à l’autoproduction ou aux circuits courts.</p>



<p>Aussi, dans cette logique, les mécanismes de marché ne sont pas à jeter avec la chimie. Il ne faut pas associer productivisme et capitalisme – d’ailleurs les pays soviétiques étaient extrêmement productivistes tout en étant absolument pas capitalistes, ce qui ne les a pas empêchés de massacrer l’environnement tout comme nous. Par ailleurs dès que l’on met des contraintes agroécologiques fortes, on peut parfaitement utiliser les mécanismes de marché pour accompagner et accélérer cette transition et la faire à l’échelle. Je pense notamment à la finance régénérative où l’on met en place à travers des compagnies de banques et d’assurances des mécanismes de financement de transition vers une agriculture de conservation des sols, une agriculture régénérative. Il ne faut absolument pas se priver de ces instruments-là.</p>



<p>J’écoute aussi les Soulèvements de la Terre qui disent souvent des choses très justes. Mais si le discours écologiste s’auto enferme dans un discours extrêmement politisé, anti-capitaliste, avec un idéal absolument inatteignable de millions de micro-fermes sur l’ensemble du territoire, on n’y arrivera pas, on va au contraire braquer politiquement des gens qui pourraient être des soutiens. Alors que ce projet agroécologique pourrait être, s’il était bien articulé, assez consensuel.</p>



<p></p>



<p></p>



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</ul>
<p>L’article <a href="https://leterrien.fr/focus/gaspard-koenig-sil-etait-bien-articule-le-projet-agroecologique-pourrait-etre-assez-consensuel/">Gaspard Koenig : « S’il était bien articulé, le projet agroécologique pourrait être assez consensuel »</a> est apparu en premier sur <a href="https://leterrien.fr">Le Terrien</a>.</p>
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		<dc:creator><![CDATA[Ghislain Journé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Nov 2023 08:09:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Focus]]></category>
		<category><![CDATA[Grand Format]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Voies ferrées, autoroutes, zones commerciales, fermes photovoltaïques… Les grandes infrastructures qui maillent notre territoire couvrent une immense surface foncière incluant des centaines de milliers d’hectares non bâtis. Longtemps perçus comme [&#8230;]</p>
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<p>Voies ferrées, autoroutes, zones commerciales, fermes photovoltaïques… Les grandes infrastructures qui maillent notre territoire couvrent une immense surface foncière incluant des centaines de milliers d’hectares non bâtis. Longtemps perçus comme un centre de coûts pour les grands groupes qui les exploitent, ces espaces se muent progressivement en champs des possibles pour des entreprises soucieuses de réduire leur empreinte écologique et par la même occasion leurs charges d’entretien. <a href="https://www.greenpraxis.com/" target="_blank" aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" rel="noreferrer noopener">Green Praxis</a> ambitionne de révolutionner ce marché en proposant des solutions basées sur la nature. À la clé, un chiffre d’affaires potentiel estimé à 200 millions d’euros.</p>



<p>À la tête de cette startup établie au Technopôle de l’Arbois près d’Aix-en-Provence, Martin Guillaume, ingénieur informatique passé par IBM et Stanford. L’entrepreneur, qui a cofondé Green Praxis avec Jérôme Di Giovanni &#8211; docteur en biologie &#8211; concède avoir fait « un gros choix&nbsp;» en quittant un job confortable pour se consacrer pleinement à ce projet, tenaillé par «&nbsp;un sentiment d’urgence face au changement climatique&nbsp;». Une décision qu’il ne semble pas regretter, puisque trois ans après le début de l’aventure Green Praxis annonce le succès de 5 opérations pilotes ouvrant la voie vers un déploiement à plus grande échelle en France et en Europe. Ses clients s’appellent Vinci, Véolia, SNCF Réseaux ou encore TotalEnergies.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Gérer le foncier autrement</strong></h2>



<p>«&nbsp;Les nouvelles réglementations environnementales obligent les opérateurs à trouver des alternatives à la chimie, et notamment au glyphosate, pour gérer le végétal. Or s’ils veulent éviter de voir les coûts d’interventions mécaniques exploser, ils doivent innover. Ça tombe bien, la nature offre des solutions. Nos experts naturalistes s’en inspirent, avec l’appui des nouvelles technologies et de l’IA » résume Martin Guillaume.</p>



<p>Green Praxis réalise ainsi un état des lieux des biotopes en combinant vues aériennes et données locales, complétées d’analyses bioacoustiques à l’aide d’une technologie brevetée permettant de mesurer l’état de la faune. Le diagnostic sert ensuite à l’élaboration d’un plan de gestion durable selon quatre indicateurs clés.&nbsp;</p>



<p>«&nbsp;Le premier indicateur est économique, puisqu’en proposant des solutions qui impliquent moins de gestion, on permet aux entreprises de réduire leurs coûts d’entretien du végétal d’au moins 20%. Quand on parle de très grandes surfaces pouvant couvrir des centaines voire des milliers d’hectares, ça parle&nbsp;» explique l’entrepreneur.</p>



<p>Il y a ensuite le volet biodiversité, étudié à l’aide de différentes mesures, notamment acoustiques, pour voir si les actions mises en œuvre ont permis de favoriser le retour de la faune. Ces données peuvent être utiles pour recréer des habitats propices à certaines espèces menacées ou encore aménager des corridors écologiques.</p>



<p>Le troisième indicateur est relatif au carbone – moins d’entretien et de coupes signifie plus de séquestration carbone – le quatrième s’intéresse à l’atténuation des risques, notamment les inondations, canicules, sécheresses, incendies et pollutions.</p>



<p>«&nbsp;On sait par exemple qu’un couvert végétal est propice au stockage de l’eau dans les sols, qu’il atténue les risques d’inondations et réduit les îlots de chaleur. Autant d’éléments pris en compte dans le réaménagement de certaines zones artificialisées, c’est par exemple le cas d’une zone commerciale à Cannes pour lequel nous avons été interrogé. Certaines espèces végétales ignifuges peuvent également prévenir les incendies, d’autres ont des propriétés intéressantes pour capter les particules fines&nbsp;» énumère Martin Guillaume.</p>



<p>La technologie intervient pour modéliser l’ensemble des données et délivrer des recommandations intégrant les 4 variables économique – biodiversité – carbone – atténuation des risques. Les experts affinent ensuite pour produire une stratégie de gestion adaptée aux contraintes et aux attentes du client. Plusieurs scénarios d’actions sont systématiquement proposés, permettant de visualiser les différents impacts possibles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Recréer des écosystèmes fonctionnels</strong></h2>



<p>Conscient que certaines espèces invasives comme la renouée du Japon prospèrent sur des terrains pauvres en biodiversité, Green Praxis adopte une approche écosystémique en misant sur les interactions entre espèces –&nbsp;ou «&nbsp;cortège végétal&nbsp;» – testant ce qui fonctionne sur des petites parcelles avant d’opérer à plus grande échelle.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/Renouee-du-Japon-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-844694" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/Renouee-du-Japon-1024x576.jpg 1024w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/Renouee-du-Japon-300x169.jpg 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/Renouee-du-Japon-768x432.jpg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/Renouee-du-Japon-610x343.jpg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/Renouee-du-Japon-1080x608.jpg 1080w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/Renouee-du-Japon-1280x720.jpg 1280w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/Renouee-du-Japon-980x551.jpg 980w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/Renouee-du-Japon-480x270.jpg 480w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/Renouee-du-Japon.jpg 1365w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>La renouée du Japon est une plante exotique envahissante originaire d’Asie de&nbsp;l’Est. Rustique et à croissance extrêmement rapide, elle colonise une grande variété de sols et affectionne les endroits ouverts&nbsp;comme les bordures d&#8217;autoroutes et de voies ferrées.<br>La formation de colonies denses et particulièrement envahissantes empêche la croissance d’autres espèces végétales, appauvrissant de ce fait la biodiversité.</em> <em>Photo : IStock.</em></figcaption></figure>



<p>«&nbsp;Certaines solutions utilisent les nouvelles technologies et l’IA pour optimiser la gestion mécanique ou chimique de la végétation dans une approche destructive, nous misons plutôt sur le bio-mimétisme en s’inspirant d’écosystèmes stables pour trouver des solutions qui fonctionnent dans la durée. Dans cette logique nous pratiquons l’ensemencement sélectif d’espèces autochtones qui permettent pour certaines de réduire l’emprise des espèces invasives. Quoiqu’il en soit n’y a pas de solution miracle, ce sont toujours des équilibres subtils à trouver. On permet de réduire le nombre d’interventions tout en enrichissant les milieux, diminuant du même coup l’empreinte écologique des acteurs économiques. Rien que ça, c’est déjà beaucoup&nbsp;» estime Martin Guillaume.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>«&nbsp;Timing is everything&nbsp;»</strong></h2>



<p>Avant de se lancer l’entrepreneur s’est naturellement demandé si les grands propriétaires fonciers seraient prêts à un tel changement de paradigme dans la gestion des espaces.</p>



<p>«&nbsp;On s’est bien sûr demandé si les acteurs étaient prêts à engager un réel changement dans leurs pratiques de maintenance. Mais clairement c’est maintenant que cela se passe, pour preuve nous rencontrons peu de freins dès lors qu’on prouve que la solution fonctionne, qu’elle peut être déployée et que par ailleurs nous amenons de la simplicité en fédérant un écosystème de prestataires jusqu’ici très éclaté. Plus besoin pour le client de faire appel à un bureau d’étude, de réunir tous les corps de métier en mode projet avec le coût important que cela représente. Absorber cette complexité avec un focus sur les coûts a permis d’accélérer la phase décisionnelle&nbsp;» ajoute Martin Guillaume.</p>



<p>«&nbsp;L’autre avantage de s’appuyer davantage sur les écosystèmes que sur des experts, aussi compétents soient-ils,&nbsp;est que l’on évite les biais cognitifs.&nbsp;»</p>



<p>Ça tombe bien, l’urgence climatique ne nous laisse plus guère le droit à l’erreur.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="567" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/Vue-aerienne-TOTAL-1024x567.png" alt="" class="wp-image-844684" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/Vue-aerienne-TOTAL-1024x567.png 1024w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/Vue-aerienne-TOTAL-300x166.png 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/Vue-aerienne-TOTAL-768x425.png 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/Vue-aerienne-TOTAL-610x338.png 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/Vue-aerienne-TOTAL-1080x598.png 1080w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/Vue-aerienne-TOTAL-1280x709.png 1280w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/Vue-aerienne-TOTAL-980x543.png 980w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/Vue-aerienne-TOTAL-480x266.png 480w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/11/Vue-aerienne-TOTAL.png 1400w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Opération pilote menée sur une ferme photovoltaïque du groupe TotalEnergies implantée sur un ancien site d’enfouissement de déchets chimiques. Malgré 4 visites d’entretien annuelles la végétation y devenait hors de contrôle, réduisant la capacité productive du site. Green Praxis est intervenu sur plusieurs emplacements (4 000 M2 au total) testant un panel de cortèges végétaux. Résultat&nbsp;: en 1 an et demi aucune visite d’entretien n’a été nécessaire. L’opérateur a finalement confié la gestion des 20 hectares à la startup, avec un focus sur la dépollution, la réduction des coûts d’entretien, l’atténuation naturelle de la chaleur à l’aide du tapis végétal – lorsque les températures deviennent trop élevées la production électrique chute à raison d’1% par degré supplémentaire – et la biodiversité. Vue aérienne du site : Green Praxis.</em></figcaption></figure>



<p></p>



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<p></p>



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		<title>« Bifurquer ok, mais pour faire quoi ? » Itinéraire d&#8217;un jeune ingénieur en quête de sens</title>
		<link>https://leterrien.fr/focus/bifurquer-ok-mais-pour-faire-quoi-itineraire-dun-jeune-ingenieur-en-quete-de-sens/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Hugo Chirol]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Jul 2023 11:38:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Focus]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Voilà la question que je me suis désespérément&#160;posée&#160;après le discours des jeunes diplômés d&#8217;AgroParisTech&#160;en mai 2022.&#160;Un an est passé, et après avoir multiplié les expériences académiques, professionnelles et associatives, je [&#8230;]</p>
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<p><strong>Voilà la question que je me suis désespérément&nbsp;posée&nbsp;après le discours des jeunes diplômés d&#8217;AgroParisTech&nbsp;en mai 2022.&nbsp;Un an est passé, et après avoir multiplié les expériences académiques, professionnelles et associatives, je crois pouvoir enfin esquisser les contours d’une réponse.</strong></p>



<p>Revenons quelques années en arrière.&nbsp;J&#8217;ai commencé à me poser sérieusement des questions sur l&#8217;impact de mon futur métier en 2020, après quatre ans d&#8217;études d&#8217;ingénieur.&nbsp;Plutôt concerné par la transition écologique, mais encore assez ignorant des blocages qui existent, je prends un an de césure où je pars en stage dans une entreprise qui développe des projets d&#8217;énergie renouvelable.&nbsp;En tant que chef de projet éolien, je suis surtout sur le terrain, à essayer de convaincre les citoyens de signer des engagements contractuels pour faire avancer les projets.&nbsp;Positionné en aval de la chaîne énergétique, je réalise alors bien rapidement les limites d&#8217;un modèle de déploiement des&nbsp;EnR&nbsp;non planifié par l&#8217;Etat, consistant à laisser les entreprises privées se concurrencer entre elles au point que les maires et propriétaires en zones rurales ne savent plus où donner de la tête.&nbsp;Pendant les réunions internes auxquelles j&#8217;assiste, je suis forcément déçu de comprendre que la motivation principale de l&#8217;entreprise qui m&#8217;emploie est de maximiser des profits&nbsp;(la fin)&nbsp;et que la production d&#8217;électricité renouvelable n&#8217;est qu&#8217;un moyen pour y parvenir.&nbsp;Cette première expérience aura eu le mérite de me faire comprendre que la situation n&#8217;est pas binaire&#8230; Il est certain que travailler dans les EnR est climatiquement plus positif que dans les énergies fossiles&#8230; mais est-ce suffisant ? Changer la manière de produire de l&#8217;énergie est une chose, réduire notre consommation et notre ultra dépendance en est une autre&#8230; et c’est bien sur ce deuxième point qu&#8217;il me semble particulièrement urgent d&#8217;agir.</p>



<p>L&#8217;année suivante, au lieu de réaliser ma cinquième et dernière année au sein de mon école d&#8217;ingénieur, je rejoins un master d&#8217;économie spécialisé dans les énergies. En dépassant mon statut initial d&#8217;ingénieur, l&#8217;idée est d&#8217;appréhender les logiques qui régissent le fonctionnement de notre modèle économique. Cette alternance, je la décroche au sein du Groupe Crédit Agricole pour travailler sur le financement d&#8217;unités de Biogaz et de&nbsp;Biométhane.&nbsp;C&#8217;est peut-être idéaliste et ambitieux, mais ma décision est alors motivée par l&#8217;idée d&#8217;aller &#8220;au cœur du réacteur&#8221; pour &#8220;faire bouger les lignes&#8221;.&nbsp;Les raisons de cet aveuglement naïf doivent peut-être être cherchées du côté des discours que j&#8217;ai commencé à entendre lorsque je me suis mis à questionner le sens de mes études.&nbsp;Professeurs, anciens élèves de l&#8217;école ou membres de ma famille, tous me répètent que la meilleure chose à faire est d&#8217;aller &#8220;changer les choses de l&#8217;intérieur&#8221;.&nbsp;En prenant ce poste au siège d&#8217;un grand groupe bancaire, j&#8217;ai le sentiment de ne pas pouvoir aller plus &#8220;à l&#8217;intérieur&#8221;. Je suis à l&#8217;amont de la chaîne énergétique :&nbsp;là où les décisions de financement sont prises.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><ins>«&nbsp;Changer les choses de l’intérieur&nbsp;»</ins> : changer quoi exactement ?</strong></h3>



<p></p>



<p>D&#8217;abord, pour changer quoi que ce soit, il faut que je m&#8217;intègre, et au siège d&#8217;une grande banque, cela veut dire mettre des chemises bleues, des chaussures en cuir, et faire une croix sur toute profondeur d&#8217;interactions sociales.&nbsp;Ce&nbsp;côté&nbsp;très &#8220;fade&#8221; des relations humaines m&#8217;a tellement marqué que j&#8217;en ai fait un texte, publié <a aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.linkedin.com/pulse/jeune-cadre-dynamique-plus-fade-la-vie-voyage-au-bout-hugo-chirol/?originalSubdomain=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">sur&nbsp;LinkedIn</a> puis sur <a aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.lemonde.fr/campus/article/2023/04/02/j-ai-decouvert-le-quotidien-monotone-et-deshumanise-de-la-vie-d-un-jeune-cadre-dynamique-dans-une-grande-banque_6167930_4401467.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Monde</a>, ce qui m&#8217;a valu un grand nombre de messages adorables de la part de personnes ayant&nbsp;ressenti le même vide humain dans des cadres de travail similaires.</p>



<p>Mes missions étaient consacrées à l&#8217;analyse technico-économique d&#8217;unités de biogaz, mais j&#8217;assistais également aux réunions d&#8217;équipes mensuelles dans lesquelles on fait le bilan sur le portefeuille de projets et l&#8217;atteinte des objectifs.&nbsp;Ma participation à ces réunions a grandement contribué à me faire comprendre &#8220;l&#8217;état d&#8217;esprit&#8221; qui règne dans le milieu bancaire.&nbsp;On y parlait que de chiffres, tout était quantifié, mesuré, de manière à ce qu&#8217;on puisse faire de grands tableaux de suivis récapitulant les ratios économiques, le taux de satisfaction client, et même des choses plus abstraites comme &#8220;l&#8217;indice d&#8217;excellence relationnelle&#8221;.&nbsp;Les objectifs du département ne se calculent ni en MW de capacité installée, ni en MW/h d&#8217;électricité produite mais en Millions d&#8217;Euros d&#8217;Investissement et en % de rentabilité.&nbsp;C&#8217;est bien clair, encore une fois, le financement des énergies renouvelables n&#8217;est qu&#8217;un moyen, la finalité du groupe qui m&#8217;emploie reste toujours la même :&nbsp;engranger du profit.&nbsp;Si l&#8217;histoire s&#8217;arrêtait là, on pourrait se dire que ce n’est pas si problématique, que l&#8217;impact de mon travail est relativement positif.&nbsp;Le problème est de savoir à quoi servent les profits générés par le département auquel j’appartiens.&nbsp;En l&#8217;occurrence, le&nbsp;Crédit Agricole est le premier financeur du groupe&nbsp;TotalEnergies, entreprise dont&nbsp;70%&nbsp;des investissements sont encore dédiés aux énergies fossiles.&nbsp;De 2016 à 2021, ce soutien a représenté plus de 7 milliards d&#8217;euros et&nbsp;Amundi, l&#8217;une des filiales du Crédit Agricole, en est le premier actionnaire.&nbsp;En tant que salarié, cette hypocrisie était assez insoutenable.&nbsp;D&#8217;un côté j&#8217;œuvrais pour la transition énergétique en France, de l&#8217;autre, les profits générés par mon activité permettaient, indirectement, de financer des bombes climatiques comme le projet EACOP, qui est à l&#8217;origine du déplacement de plus de 100 000 personnes vivant à proximité du projet en Tanzanie et en Ouganda et qui devrait émettre plus de 34 millions de tonnes de Co2 dans l&#8217;atmosphère par an.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Si bifurquer est la seule solution, où faut-il aller ?</strong></h3>



<p></p>



<p>Mes différentes tentatives me font toutes arriver à la même conclusion&nbsp;: c&#8217;est bien l&#8217;état d&#8217;esprit de &#8220;quête de profit&#8221; qu&#8217;il faut bousculer. Or cette recherche de rentabilité est la raison d&#8217;être d&#8217;une entreprise&#8230;&nbsp;Essayer de changer ce paradigme en travaillant à l&#8217;intérieur d&#8217;une banque semble voué à l&#8217;échec, à moins que l&#8217;entreprise ne veuille se mettre elle-même en difficulté.&nbsp;Le Crédit Agricole, comme ses concurrents, n&#8217;est pas la seule entreprise fautive. Toutes sont prises dans une mécanique infernale et n’ont donc aucun intérêt&nbsp;(autre qu&#8217;une certaine dignité, mais&nbsp;cela&nbsp;semble&nbsp;insuffisant&nbsp;dans le monde des affaires) à arrêter volontairement le financement des énergies fossiles.&nbsp;Si elles le font, elles se privent d&#8217;une source importante de profit, s&#8217;affaiblissent face à leurs concurrentes, et prennent le risque d’être rachetées par eux.&nbsp;Ainsi, la question se pose à l&#8217;échelle de la société :&nbsp;quel modèle économique juste et durable permettrait aux entreprises de sortir de cette infinie quête de croissance ?</p>



<p>Pour beaucoup d&#8217;ingénieurs (mais pas que), le débat d&#8217;idées sur la décroissance est devenu une réelle source d&#8217;espoir, un refuge idéologique, où pour la première fois, je trouvais une approche systémique à la hauteur de l&#8217;urgence climatique. À partir du constat que le modèle économique actuel est incapable de résoudre une crise si profonde qu&#8217;il a lui-même provoquée, la décroissance permet de penser un modèle de société prenant en compte la finitude des ressources planétaires, dans un esprit de démocratie et de justice sociale. Le plus impressionnant est de voir que des auteurs comme André Gorz, Ivan Illich, Karl Polanyi ou Nicholas Georgescu-Roegen avaient déjà compris dans les années 1970 l&#8217;absurdité du modèle actuel, avant même que le changement climatique soit compris et documenté.</p>



<p>Bifurquer est donc devenu évident.&nbsp;C&#8217;est certain, je ne travaillerai plus jamais dans une entreprise classique, encore moins un grand groupe.&nbsp;Mais une fois qu&#8217;on a dit ça, où aller ?&nbsp;Où et comment agir pour faire advenir une société de la décroissance, où la réduction de la production et de la consommation est planifiée et décidée démocratiquement, où la convivialité, l&#8217;autonomie et le soin sont les valeurs centrales ?&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L<ins>a</ins> coopérative,&nbsp;modèle central d<ins>’</ins>une économie de la décroissance</strong></h3>



<p></p>



<p>Je ne m&#8217;étais jamais trop intéressé aux coopératives<ins> mais</ins> j&#8217;en suis devenu plus familier ces derniers temps, alors que je réalisais un tour d&#8217;Europe de 4 mois avec <a aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.weareclimates.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&#8217;association&nbsp;CliMates&nbsp;</a>pour travailler sur les initiatives de réappropriation d<ins>u</ins> pouvoir politique par les citoyens sur les questions climatiques.&nbsp;Le voyage (que nous avons documenté dans <a href="https://www.weareclimates.org/about-2" target="_blank" aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" rel="noreferrer noopener"><ins>une série de</ins> newsletters</a>) était axé sur un large panel de leviers citoyens comme le municipalisme, les communs, les référendums locaux ou encore les conventions citoyennes<ins>.</ins> Il m&#8217;a <ins>aussi </ins>permis de rencontrer des citoyens engagés sur des thématiques diverses. J&#8217;ai été particulièrement captivé par le fonctionnement des coopératives<ins>, sujet qui s&#8217;est révélé en résonance avec mes questionnements sur le rôle de l&#8217;ingénieur au service d’une société écologique</ins>. À Bari, Bruxelles ou Berlin, j&#8217;ai découvert des coopératives exerçant des activités dans des domaines variés comme l&#8217;énergie, le logement ou l&#8217;agriculture.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="498" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/07/Hugo-Chirol-3-1024x498.jpeg" alt="" class="wp-image-639076" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/07/Hugo-Chirol-3-1024x498.jpeg 1024w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/07/Hugo-Chirol-3-300x146.jpeg 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/07/Hugo-Chirol-3-768x373.jpeg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/07/Hugo-Chirol-3-610x296.jpeg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/07/Hugo-Chirol-3-1080x525.jpeg 1080w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/07/Hugo-Chirol-3-1280x622.jpeg 1280w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/07/Hugo-Chirol-3-980x476.jpeg 980w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/07/Hugo-Chirol-3-480x233.jpeg 480w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/07/Hugo-Chirol-3.jpeg 1500w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Rencontre avec Vedran Horvat, directeur de l&#8217;institut d&#8217;écologie politique de Zagreb.</em></figcaption></figure>



<p></p>



<p>Une coopérative, c&#8217;est une entreprise qui appartient aux consommateurs.&nbsp;L&#8217;idée est que le citoyen&nbsp;puisse&nbsp;exercer un contrôle démocratique sur ce qu&#8217;il consomme et ce qui est produit.&nbsp;En principe, il faut acheter des parts d&#8217;une coopérative pour en devenir actionnaire&nbsp;(ou coopérateur)&nbsp;et obtenir un droit de vote à l&#8217;assemblée générale.&nbsp;Contrairement à une entreprise classique, le nombre de parts n&#8217;est pas proportionnel au nombre de voix.&nbsp;Si certains citoyens ont 200 parts, ces derniers auront autant d&#8217;influence sur la stratégie de l&#8217;entreprise qu&#8217;une personne qui n&#8217;en a qu&#8217;une.&nbsp;Ce fonctionnement est doublement pertinent :&nbsp;d&#8217;une part il permet aux citoyens de contrôler la production&nbsp;(élément sur lequel les citoyens n&#8217;ont aucun pouvoir dans le système classique), ensuite il leur permet de percevoir une partie des profits générés.&nbsp;La finalité d&#8217;une coopérative n&#8217;est pas censée être le profit, mais le juste partage des richesses et le développement du territoire.&nbsp;Les bénéfices générés doivent être réinvestis dans d&#8217;autres activités ou dans d&#8217;autres projets, par exemple en soutenant des initiatives sociales ou environnementales.</p>



<p>De nombreux exemples existent dans le domaine de l&#8217;énergie. À Berlin, nous avons pu rencontrer BürgerEnergie Berlin (énergie citoyenne Berlin), une coopérative qui compte 1 500 membres (propriétaires de parts) et exploite une dizaine de points de production d&#8217;énergie solaire répartis dans la ville. La marge obtenue lors de la vente de l&#8217;électricité permet à la coopérative de développer de nouveaux projets et de rémunérer ses membres. Les décisions stratégiques sont prises lors de l&#8217;assemblée générale, où chaque actionnaire dispose d&#8217;une voix, peu importe le nombre de parts qu&#8217;il possède. Au delà de la production, l&#8217;initiative plaide pour une démocratisation du secteur de l&#8217;énergie, et permet à ses membres de se sensibiliser aux enjeux de la transition énergétique.</p>



<p>Comme avec toutes les solutions, il peut y avoir anguille sous roche. Une coopérative peut exister sous plusieurs statuts juridiques aux contours parfois flous, au point que certaines coopératives semblent très éloignées de leur idéal coopératif initial. Le Crédit Agricole, par exemple, se considère comme un groupe coopératif et mutualiste, ce qui ne l&#8217;empêche pas de continuer à financer les énergies fossiles. Du peu que j&#8217;en ai vu jusqu&#8217;à maintenant, le principal gage de sincérité d&#8217;une coopérative (dans le sens où elle est organisée démocratiquement) semble résider dans sa petite/moyenne taille et dans son implantation à l&#8217;échelle locale. En prenant ces deux éléments en compte, le modèle peut incarner une solution dans une économie où le niveau de production aurait retrouvé le &#8220;sens des limites&#8221; qui fait tant défaut à notre économie mondialisée.&nbsp;</p>



<p>Une fois passée la vertigineuse étape de la &#8220;bifurcation&#8221;, le modèle coopératif peut être une direction cohérente à emprunter, en mettant son énergie et ses compétences au service d&#8217;un collectif de citoyens qui s&#8217;auto-organisent démocratiquement plutôt que d&#8217;actionnaires déjà multimillionnaires.&nbsp;Dans tous les secteurs d&#8217;activités, les coopératives pourraient capter les jeunes générations en quête de sens dans leur travail pour contribuer à construire concrètement une société de la décroissance.&nbsp;</p>



<p></p>



<p><em>Photo principale : Hugo Chirol.</em></p>



<p></p>



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		<title>« L’agriculture du 21ème siècle devra nécessairement associer les arbres » Emmanuel Torquebiau, expert en agroforesterie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ghislain Journé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jun 2023 06:47:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Focus]]></category>
		<category><![CDATA[Grand Format]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Spécialiste d’agroforesterie tropicale, chercheur émérite au CIRAD de Montpellier, Emmanuel Torquebiau est l’auteur du « Livre de l’Agroforesterie – comment les arbres peuvent sauver l’agriculture » publié chez Actes Sud, captivant récit [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://leterrien.fr/focus/lagriculture-du-21eme-siecle-devra-necessairement-associer-les-arbres-emmanuel-torquebiau-expert-en-agroforesterie/">&lt;strong&gt;« L’agriculture du 21&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; siècle devra nécessairement associer les arbres » Emmanuel Torquebiau, expert en agroforesterie&lt;/strong&gt;</a> est apparu en premier sur <a href="https://leterrien.fr">Le Terrien</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Spécialiste d’agroforesterie tropicale, chercheur émérite au CIRAD de Montpellier, Emmanuel Torquebiau est l’auteur du « <em>Livre de l’Agroforesterie</em> <em>– comment les arbres peuvent sauver l’agriculture » </em>publié chez Actes Sud<em>,</em> captivant récit d’une pratique née au Néolithique et qui se révèle d’une étonnante actualité à l’aune des crises écologiques. On y comprend véritablement la relation intime entre l’arbre et la culture et l’intérêt que nous aurions à retisser ce lien en agriculture.</p>



<p>Pour l’expert, face au mur de l’urgence climatique et de l’effondrement du vivant, l’agroforesterie offre une mosaïque de solutions dont la Ferme du 21<sup>ème</sup> siècle devra inévitablement se saisir. À l’instar du botaniste Francis Hallé, qui fut son professeur à l’université de Montpellier et dont il est resté proche, Emmanuel Torquebiau aime avant tout «&nbsp;raconter&nbsp;», un talent peu commun dans le domaine scientifique. Rencontre.</p>



<p>&#8211; <strong>Si l’agroforesterie est un mot relativement récent, la pratique remonte quant-à elle aux origines de l’agriculture&nbsp;?</strong></p>



<p>Je définis l’agroforesterie comme une utilisation du sol consistant à associer des arbres à l’agriculture ou à l’élevage, afin d’obtenir des productions utiles au vivant. Mais cette association arbres-cultures-élevage est effectivement pratiquée depuis l’origine de l’agriculture au Néolithique, c’est à dire il y a environ 12 000 ans&nbsp;!</p>



<p>Les premiers agriculteurs, qui étaient les chasseurs cueilleurs, ont été obligés de défricher des forêts pour y installer leurs premières cultures, puisqu’à cette période les paysages étaient quasi-exclusivement forestiers. On a ainsi assisté à la naissance de la fameuse agriculture sur brûlis. Une agriculture itinérante, mélange d’arbres et de cultures. La fertilité du sol s’épuisant rapidement, il fallait régulièrement défricher puis brûler avant de semer les cultures annuelles. La zone étant par la suite laissée en jachère forestière, et ainsi de suite. Cette agriculture itinérante existe encore aujourd’hui dans de nombreux pays d’Asie du sud-est et en Afrique tropicale. Elle a en revanche disparu d’Europe.</p>



<p>La deuxième forme d’agroforesterie observée au Néolithique est l’alimentation du bétail avec du fourrage arboré ou la conduite des troupeaux dans des parcours arborés, pratique qui subsiste encore dans certaines régions du monde.</p>



<p>L’agriculture s’est ensuite largement sédentarisée et l’agroforesterie s’est adaptée.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/ET-par-Pierre-Chatagnon-La-Massane-mai-2022-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-607537" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/ET-par-Pierre-Chatagnon-La-Massane-mai-2022-1024x683.jpg 1024w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/ET-par-Pierre-Chatagnon-La-Massane-mai-2022-300x200.jpg 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/ET-par-Pierre-Chatagnon-La-Massane-mai-2022-768x512.jpg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/ET-par-Pierre-Chatagnon-La-Massane-mai-2022-610x407.jpg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/ET-par-Pierre-Chatagnon-La-Massane-mai-2022-1080x720.jpg 1080w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/ET-par-Pierre-Chatagnon-La-Massane-mai-2022-1280x853.jpg 1280w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/ET-par-Pierre-Chatagnon-La-Massane-mai-2022-980x653.jpg 980w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/ET-par-Pierre-Chatagnon-La-Massane-mai-2022-480x320.jpg 480w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/ET-par-Pierre-Chatagnon-La-Massane-mai-2022.jpg 1350w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Emmanuel Torquebiau, mai 2022. Photo / Pierre Chatagnon.</em></figcaption></figure>



<p></p>



<p>&#8211; <strong>Aujourd’hui l’agroforesterie se pratique y compris dans des zones très densément peuplées. On est surpris d’apprendre que c’est au Brésil, en Indonésie, en Chine et en Inde qu’on observe les plus grandes augmentations de surfaces arborées dans les cultures.</strong></p>



<p>Oui car dans ces pays deux modèles se côtoient, une agriculture conventionnelle et une agriculture empreinte de tradition. En Inde par exemple, il y a d’un côté un pays ultra moderne avec des choix de type industriel jusque dans l’agriculture, et en même temps une Inde des petits villages et des petites exploitations dans laquelle on pratique encore une agriculture de subsistance et où on maintient les arbres dans le paysage agricole. Dans de nombreux pays comme au Kenya, la densité de population et la densité d’arbres sont même souvent corrélées. Un des exemples les plus spectaculaires est sans doute l’île de Java en Indonésie, où malgré une densité très élevée d’environ 800 habitants au kilomètre carré, en dehors des rizières – le riz ne supportant pas l’ombre – tout est boisé, y compris dans les villages, autour des maisons, sur les coteaux… les arbres sont absolument partout.</p>



<p>&#8211; <strong>Si on s’intéresse à la France, le bocage – ces champs bordés de haies – est l’un des visages de l’agroforesterie&nbsp;? &nbsp;</strong></p>



<p>Oui, c’est sans doute la forme d’agroforesterie la plus connue. Précisons que cette pratique existait bien avant que le terme d’agroforesterie soit inventé. Je note d’ailleurs que le bocage est plutôt bien perçu en comparaison avec l’agroforesterie qui peut susciter de l’incompréhension, voire des réticences, peut-être à cause de la prédominance du message forestier, alors que le concept suggère la présence d’arbres dans le paysage, pas forcément de forêts.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Paysage-bocager-a-Roquefixade-Aude-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-607538" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Paysage-bocager-a-Roquefixade-Aude-1024x576.jpg 1024w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Paysage-bocager-a-Roquefixade-Aude-300x169.jpg 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Paysage-bocager-a-Roquefixade-Aude-768x432.jpg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Paysage-bocager-a-Roquefixade-Aude-610x343.jpg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Paysage-bocager-a-Roquefixade-Aude-1080x608.jpg 1080w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Paysage-bocager-a-Roquefixade-Aude-1280x720.jpg 1280w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Paysage-bocager-a-Roquefixade-Aude-980x551.jpg 980w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Paysage-bocager-a-Roquefixade-Aude-480x270.jpg 480w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Paysage-bocager-a-Roquefixade-Aude.jpg 1500w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Paysage bocager à Roquefixade, dans l&#8217;Aude.</em></figcaption></figure>



<p></p>



<p>&#8211; <strong>Le bocage évoque effectivement de beaux paysages, pourtant en France on arrache encore beaucoup plus de haies qu’on n’en replante…</strong></p>



<p>Hélas oui et la tendance se poursuit (depuis 1950, 70&nbsp;% des haies ont été arrachées en France, soit environ 1,4&nbsp;million de kilomètres d’après un rapport récent). Il faut bien comprendre que dans la vision industrielle de l’agriculture d’aujourd’hui, l’objectif est avant tout de gagner de la surface cultivable. Or moins de haies, c’est plus de surface.</p>



<p>&#8211; <strong>Pourtant dans la dernière Politique Agricole Commune (PAC) les arbres et les haies ont été mis à l’honneur dans le cadre des&nbsp;écorégimes (90% des aides distribuées), la Commission européenne listant désormais l’agroforesterie parmi les pratiques à soutenir.</strong></p>



<p>Cela va dans le bon sens oui, mais rappelons que dans le cadre de la PAC les grandes lignes sont fixées à Bruxelles, charge aux Régions de l’affectation des aides. On espère observer des impacts sur la répartition de la surface consacrée à l’agroforesterie mais le contexte incite à la plus grande prudence, puisque la guerre en Ukraine a plutôt encouragé le productivisme agricole. En effet le mot d’ordre actuel est plus à produire du blé qu’à planter des haies… Donc ce n’est pas gagné, nous ne sommes pas à l’abri d’un retour en arrière.</p>



<p>&#8211; <strong>Vous expliquez qu’en France l’agroforesterie est plus centrée sur l’arbre que sur les agriculteurs, par conséquent on reste souvent cantonné dans une approche plus environnementale qu’agronomique. C’est ce qui explique les freins&nbsp;au développement de l’agroforesterie ?</strong></p>



<p>Oui c’est une spécificité française, nous avons une vision limitante de l’agroforesterie qui donne plus d’importance à l’arbre qu’à celui qui le plante ou l’entretient. Par ailleurs les arbres font peur à beaucoup d’agriculteurs qui ont en tête le modèle des monocultures de plantes annuelles, où l’arbre est totalement absent. Il y a donc un gros travail de formation à mener en matière de connaissance des arbres bien sûr, mais surtout des arbres associés à une agriculture qui les englobe et dont ils sont indissociables&nbsp;!</p>



<p>Pour cette raison j’en appelle à un nouveau pacte entre les arbres et l’agriculture.</p>



<p>&#8211; <strong>Ce nouveau pacte apparaît d’autant plus nécessaire que les épisodes de sécheresses à répétition vont nous obliger à réinventer notre agriculture. Vous rappelez les propos du géographe Onésime Reclus qui écrivait en 1913 dans <em>Le Manuel de l’eau</em> <em>«&nbsp;pas d’arbres, pas d’eau !&nbsp;»</em> Ce message commence-t-il à imprimer&nbsp;?</strong></p>



<p>Ça vient, progressivement… mais pas assez vite soyons honnêtes. Il y a d’énormes pesanteurs dans l’agriculture. On en parle, des gens travaillent sur ces questions, il y a de plus en plus d’intérêt, mais on aurait pu espérer que cela change beaucoup plus vite. La crise de l’eau et surtout la crise du changement climatique sont en train de provoquer cette prise de conscience et les gens commencent à se poser des questions qu’ils ne se posaient pas il y a 10 ou 20 ans. Ça peut provoquer des choses intéressantes.</p>



<p>&#8211; <strong>Où en est le développement de l’agroforesterie en France&nbsp;?</strong></p>



<p>Comme je l’explique dans le livre, près de 2000 agriculteurs se lancent chaque année dans l’agroforesterie. Avec toute une palette d’applications étroitement liées aux territoires et aux types d’agricultures. J’aimerais que cela aille plus vite bien sûr, car on ne peut pas encore parler d’un mouvement de fond. À l’heure où l’on se parle, l’agroforesterie, les arbres dans les champs, ce n’est passé dans les mœurs que chez les 2 ou 3% d’agriculteurs convaincus, chez lesquels on observe parfois des choses merveilleuses. Il y a des signes encourageants qui prouvent que ça commence à bouger, mais c’est un combat de tous les jours.</p>



<p>&#8211; <strong>«&nbsp;Il y a dans l’agroforesterie une part d’utopie&nbsp;» dites-vous. Pourtant on est frappé par les solutions très concrètes que cette pratique met à notre disposition à la fois pour la biodiversité, la captation du carbone, la foresterie, l’agriculture, l’élevage&#8230;</strong></p>



<p>Sans doute parce que le message agroforestier prend le contrepied de l’agriculture conventionnelle. Nous sommes vraiment dans une approche perpendiculaire. Au lieu de raisonner en termes d’économies d’échelles avec des parcelles de plus en plus grandes, de la monoculture, des machines et des infrastructures toujours plus grosses, de moins en moins de main d’œuvre, le recours aux intrants chimiques et aux engrais de synthèse, etc. l’agroforesterie se base avant tout sur un raisonnement écologique avec, au cœur, les interactions entre espèces. Une approche très peu présente dans l’agriculture d’aujourd’hui. Cette radicalité par rapport au modèle productiviste fait que certains y voient d’abord une forme de militantisme, ce qui a certainement desservi l’agroforesterie. Il se peut aussi qu’on n’ait pas su en parler comme il fallait et il y a sans doute un important travail de communication à mener.</p>



<p>&#8211; <strong>Votre livre est truffé d’exemples, j’ai beaucoup aimé la formule de Fabien Balaguer, directeur de l’Association française d’agroforesterie (AFAF) : <em>« L’arbre est le frigo de la période estivale quand l’herbe vient à manquer »</em>.</strong></p>



<p>J’aime beaucoup cette expression qui est très parlante, notamment en France en fin d’été. Sous les arbres des champs, on a souvent du fourrage jusqu’à la fin de la période estivale pour les animaux, ce qui n’est pas le cas avec les fourrages annuels, souvent secs dès juillet voire avant&nbsp;! En effet dans un espace arboré, les pâturages annuels subsistent plus longtemps car ils sont protégés par les arbres. Le fourrage des arbres lui-même, que les animaux apprécient autant que le fourrage herbacé, est aussi disponible pendant une période plus longue. On voit très bien cela dans le Gers par exemple.</p>



<p>Quant aux vertus de ces fourrages arborés pour les animaux, elles sont documentées. Saule, lierre, orme, peuplier, murier blanc, frêne, noisetier sont les espèces fourragères tempérées les plus appréciées et les éleveurs constatent que leurs bêtes broutent ces ligneux même au printemps quand l’herbe est abondante. De nombreuses études ont prouvé des effets positifs sur la productivité des animaux et sur leur santé.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Arbres-fourragers-en-ete-Ph-Adrien-Messean-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-607539" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Arbres-fourragers-en-ete-Ph-Adrien-Messean-1024x768.jpg 1024w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Arbres-fourragers-en-ete-Ph-Adrien-Messean-300x225.jpg 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Arbres-fourragers-en-ete-Ph-Adrien-Messean-768x576.jpg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Arbres-fourragers-en-ete-Ph-Adrien-Messean-610x458.jpg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Arbres-fourragers-en-ete-Ph-Adrien-Messean-510x382.jpg 510w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Arbres-fourragers-en-ete-Ph-Adrien-Messean-1080x810.jpg 1080w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Arbres-fourragers-en-ete-Ph-Adrien-Messean-980x735.jpg 980w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Arbres-fourragers-en-ete-Ph-Adrien-Messean-480x360.jpg 480w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Arbres-fourragers-en-ete-Ph-Adrien-Messean.jpg 1250w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Arbres fourragers en été. Photo / Adrien Messean.</em></figcaption></figure>



<p></p>



<p>&#8211; <strong>Autre preuve, s’il en fallait, du caractère précieux des arbres, «&nbsp;carat&nbsp;» vient de caroubier&nbsp;!</strong></p>



<p>Le caroubier est un arbre extraordinaire, utilisé depuis l’Antiquité dans la région méditerranéenne. Ses graines ont longtemps servi d’unité de mesure pour les bijoutiers, puisqu’elles ont la particularité de toujours peser exactement 0,2 grammes. C’est de là que vient le mot «&nbsp;carat&nbsp;» qui mesure la teneur d’un métal en or. Mais le caroubier est surtout un arbre nourricier, on fabrique notamment de la farine en broyant ses gousses, c’est aussi un aliment pour le bétail, une plante médicinale, un bois de qualité… C’est un arbre emblématique de l’agroforesterie.</p>



<p>En France il est très rare, il y en a quelques-uns sur la côte d’azur, on espère pouvoir le faire pousser pour produire de la farine. Ce serait une petite révolution.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Les-gousses-du-caroubier-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-607540" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Les-gousses-du-caroubier-1024x768.jpg 1024w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Les-gousses-du-caroubier-300x225.jpg 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Les-gousses-du-caroubier-768x576.jpg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Les-gousses-du-caroubier-610x458.jpg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Les-gousses-du-caroubier-510x382.jpg 510w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Les-gousses-du-caroubier-1080x810.jpg 1080w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Les-gousses-du-caroubier-1280x960.jpg 1280w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Les-gousses-du-caroubier-980x735.jpg 980w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Les-gousses-du-caroubier-480x360.jpg 480w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Les-gousses-du-caroubier.jpg 1350w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Les gousses du caroubier.</em></figcaption></figure>



<p></p>



<p>&#8211; <strong>Pouvez-vous nous dire quelques mots de la régénération naturelle assistée (RNA), une approche au cœur de l’agroforesterie&nbsp;?</strong></p>



<p>C’est une pratique très courante en Afrique sub-saharienne ou j’ai longtemps travaillé, sans doute le meilleur moyen d’avoir des arbres bien adaptés au climat et au sol, puisqu’ils ont germé tout seul sur place ou proviennent de rejets de souche. N’ayant pas été transplantés ou l’ayant été au tout début de leur croissance, leurs racines n’ont pas été malmenées. Ce sont les arbres qui résistent le mieux aux sécheresses. Cette méthode est déployée notamment pour la grande Muraille Verte en Afrique. Dans le Sahel, on a tendance à l’oublier, il ne pleut pas souvent mais quand il pleut les précipitations sont abondantes et pendant trois mois de l’année le paysage devient vert. Pendant cette saison des pluies il y a plein de choses qui poussent, donc protéger ce qui germe à cette période peut apporter des changements considérables dans la couverture du sol et la croissance des arbres.</p>



<p>&#8211; <strong>Cette approche de RNA que vous avez observée en Afrique, pourrait-elle être appliquée en France&nbsp;?</strong></p>



<p>Plus je m’intéresse à cette méthode et plus je me dis qu’elle pourrait être développée ailleurs, notamment pour nos haies ici en France. Généralement on achète des plants chez le pépiniériste qu’on met en ligne en bord de champs, alors que si on protège le champ et qu’on laisse venir la végétation naturelle, on voit très rapidement germer des frênes, des cornouillers, des noisetiers, des aubépines qui vont former une haie naturellement diversifiée, intéressante à de nombreux points de vue, et surtout beaucoup plus résistante&nbsp;que des plants de pépinière ! La seule précaution est peut-être de protéger les pousses pour éviter que les chevreuils viennent trop brouter les jeunes sujets. Mais on peut très bien imaginer une haie à partir de régénération naturelle assistée, c’est une méthode méconnue en Europe mais très développée en Afrique où elle a fait ses preuves. J’ignore pourquoi on ne s’en inspire pas davantage.</p>



<p>&#8211; <strong>Vous dites que les arbres peuvent changer le microclimat. Vraiment ?</strong></p>



<p>Absolument, c’est très connu. Dans un paysage de bocage où il y a beaucoup de haies qui entourent les parcelles – on pense à des petites parcelles d’environ un hectare – en hiver les risques de gel sont diminués car la présence des arbres modifie le flux d’air froid dans les champs, et à l’inverse en été en cas de grosse chaleur les parcelles bocagères ont une température moins élevée que celles des parcelles sans bocage. Ça tamponne les variations de température.</p>



<p>Sans oublier bien sûr les autres contributions essentielles des arbres aux cultures : protection et stimulation de la vie des sols, diminution du ruissellement, meilleure infiltration et filtration de l’eau, apports d’éléments nutritifs, refuge pour les espèces auxiliaires, etc.</p>



<p>À plus grande échelle et dans une approche systémique, on mesure ainsi le potentiel des arbres qui contribuent indirectement au climat régional avec cette eau qui ne ruisselant plus reste dans le sol, aide les plantes à pousser, des plantes qui évaporent, produisent de l’humidité à l’origine des nuages et des précipitations.</p>



<p>&#8211; <strong>Donc je n’ai pas besoin de vous demander ce que vous inspirent les méga-bassines.</strong></p>



<p>C’est une fuite en avant qui n’a pas de sens, il faut essayer au contraire d’adapter notre agriculture à l’évolution du climat et faire en sorte que l’eau qui tombe soit protégée dans les sols. On devrait plutôt parsemer les Deux-Sèvres de haies et de bocage pour obtenir le résultat recherché.</p>



<p>La ferme du 21<sup>ème</sup> devra de toute façon associer les arbres à l’échelle des parcelles et des paysages, et l’agroforesterie représente à ce titre la version ultime et aboutie de la transition agroécologique à venir. Cela me rend confiant sur l’avenir de l’agroforesterie, bien que compte tenu de l’urgence, il faudrait aller beaucoup plus vite.</p>



<p></p>



<p><em>Photo principale : arbres de la régénération naturelle assistée au Sénégal. Photo / Louise Leroux. </em></p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Jaquette-Livre-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-607536" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Jaquette-Livre-768x1024.jpg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Jaquette-Livre-225x300.jpg 225w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Jaquette-Livre-610x814.jpg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Jaquette-Livre-480x640.jpg 480w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/06/Jaquette-Livre.jpg 950w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<p></p>



<p></p>



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		<title>« Le Grand Tétras m’a éclairé sur ce qu’est une véritable forêt vivante » Vincent Munier</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ghislain Journé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Mar 2023 06:43:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Focus]]></category>
		<category><![CDATA[Grand Format]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le naturaliste Michel Munier publie L’oiseau-forêt, précieux recueil d’un demi-siècle d’affût dans la forêt des Vosges. Plus de huit cents nuits d’observations, sous un sapin, pour tenter de déceler les [&#8230;]</p>
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<p>Le naturaliste Michel Munier publie <em>L’oiseau-forêt</em>, précieux recueil d’un demi-siècle d’affût dans la forêt des Vosges. Plus de huit cents nuits d’observations, sous un sapin, pour tenter de déceler les secrets d’un oiseau&nbsp;: le Grand Tétras.</p>



<p>Dans cette émouvante retranscription, faite à partir de carnets de notes accumulés au fil des observations, Michel Munier nous emmène véritablement avec lui, dans l’expérience de l’affût. Au fil de son immersion nous sommes frappés par cette réalité : nous avons largement perdu notre capacité d&#8217;émerveillement face à un monde sauvage pourtant si proche.</p>



<p>Or observer le grand tétras, c’est mieux comprendre l’univers complexe dans lequel il évolue et dont nous dépendons en partie. La forêt. Pour Michel Munier la survie du grand tétras aura été le combat d’une vie. Dans une ère géologique normale il aurait été quasiment&nbsp;impossible à l’échelle d’une existence humaine de voir une espèce disparaître. Lui assiste aux premières loges à l’extinction accélérée de cet oiseau mythique des Vosges, qui aura prospéré sur le massif pendant plus de 10 000 ans. Les causes en sont bien connues. Essentiellement le réchauffement climatique et un développement touristique anarchique.</p>



<p>S’il est désormais trop tard pour le grand tétras, il serait impardonnable de ne pas retenir la leçon qu’il nous a enseignée. Le photographe Vincent Munier, fils de Michel Munier, revient pour nous sur cette histoire de transmission.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/001_2204_nor_-DSC_1751--1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-555103" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/001_2204_nor_-DSC_1751--1024x682.jpg 1024w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/001_2204_nor_-DSC_1751--300x200.jpg 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/001_2204_nor_-DSC_1751--768x512.jpg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/001_2204_nor_-DSC_1751--1536x1024.jpg 1536w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/001_2204_nor_-DSC_1751--610x407.jpg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/001_2204_nor_-DSC_1751--1080x720.jpg 1080w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/001_2204_nor_-DSC_1751--1280x853.jpg 1280w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/001_2204_nor_-DSC_1751--980x653.jpg 980w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/001_2204_nor_-DSC_1751--480x320.jpg 480w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/001_2204_nor_-DSC_1751-.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Le grand tétras, également appelé coq de bruyère, est le plus gros oiseau de nos forêts. Photo : Vincent Munier</em></figcaption></figure>



<p>&#8211; <strong><em>L’oiseau-forêt</em> nous raconte la fin d’une espèce emblématique de nos forêts d’altitude, le grand tétras. Cet oiseau fascinant a nourri votre passion de l’affût, mais fort tristement l’espèce semble aujourd’hui quasiment éteinte dans les Vosges… en reste-t-il ailleurs en France&nbsp;?</strong></p>



<p>Effectivement il ne reste vraisemblablement plus qu’un mâle et deux ou trois femelles – des sujets âgés – donc on assiste à la fin du grand tétras sur le massif vosgien.</p>



<p>Quant au reste du pays, dans les Alpes il a disparu, il y en a encore dans le Jura ainsi qu’une sous-espèce dans les Pyrénées, mais la population baisse de manière générale en Europe de l’Ouest. C’est une espèce boréale très sensible aux conditions météo, qui a besoin d’hivers rigoureux. Des conditions qui disparaissent, comme a pu le constater mon père au fil des cinquante années d’observations retracées dans son livre.</p>



<p>Ces évolutions qu’il a méticuleusement documentées sont précieuses car on voit bien que nous n’avons plus les hivers que nous avions dans le temps. Or moins de neige, cela signifie plus de prédateurs pour cette espèce nidifuge, qui vit quasi-exclusivement au sol. Les hivers doux conjugués aux sécheresses et aux canicules à répétition fragilisent et modifient la structure de la forêt, le royaume du grand tétras.</p>



<p>Et comme si cela n’était pas suffisant on assiste également à un tourisme massif en forêt, en particulier sur le secteur des Vosges. On le voit avec nos pièges photos, il y a des promeneurs partout avec une forte pénétration y compris dans des zones où autrefois il n’y avait personne. Cela gêne considérablement la reproduction de ces oiseaux farouches.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="678" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/30_003028042010-28042010-_VVV0779-1024x678.jpg" alt="" class="wp-image-555105" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/30_003028042010-28042010-_VVV0779-1024x678.jpg 1024w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/30_003028042010-28042010-_VVV0779-300x199.jpg 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/30_003028042010-28042010-_VVV0779-768x509.jpg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/30_003028042010-28042010-_VVV0779-1536x1018.jpg 1536w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/30_003028042010-28042010-_VVV0779-610x404.jpg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/30_003028042010-28042010-_VVV0779-1080x716.jpg 1080w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/30_003028042010-28042010-_VVV0779-1280x848.jpg 1280w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/30_003028042010-28042010-_VVV0779-980x649.jpg 980w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/30_003028042010-28042010-_VVV0779-480x318.jpg 480w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/30_003028042010-28042010-_VVV0779.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Un grand tétras sur une place de chant. Michel Munier</em></figcaption></figure>



<p>&#8211; <strong>En voulant&nbsp;protéger le vivant les humains optent volontiers pour l’intervention. À ce propos un projet de réintroduction du grand tétras dans les Vosges vous fait bondir…</strong></p>



<p>Effectivement, il est prévu qu’on aille prélever des animaux en Norvège pour les introduire chez nous, où on sait pertinemment qu’ils mourront puisque les conditions de leur survie ne sont plus réunies. Toutes les expériences précédentes menées en France, en Ecosse, en Europe de l’Est et ailleurs ont échoué, puisque ce sont des espèces extrêmement difficiles à réintroduire. Une expérience similaire a été tentée dans le Massif central où 600 oiseaux ont été relâchés. Aujourd’hui, il n’en reste plus qu’un&nbsp;!</p>



<p>En attendant, les élus locaux sont contents parce qu’ils ont l’impression d’être actifs et de faire une bonne action.&nbsp;On est dans la pure communication et dans le déni. Ça révèle surtout, encore une fois, un grand manque de connaissance du terrain et du vivant. Il faut vraiment sortir de cette logique interventionniste pour s’attaquer aux causes, essentiellement s’occuper de la biodiversité, et en l’occurrence de la qualité de nos forêts.</p>



<p>C’est le but du livre de mon père&nbsp;: tirer les leçons de ce que nous a enseigné le grand tétras. Beaucoup d’humilité.</p>



<p>&#8211; <strong>La fin annoncée du ski dans les prochaines décennies sous l’effet du réchauffement climatique, et donc la perspective d’un peu de calme retrouvé pour ces espèces très sensibles aux dérangements, est-ce une bonne nouvelle ?</strong></p>



<p>On ne peut pas se réjouir de ce réchauffement car il entraine des effets désastreux sur la faune et la flore, mais il arrive effectivement que l’on soit content quand il y a moins de neige, car on constate que cela freine un peu les projets d’aménagement démentiels en montagne. Projets qui redeviennent d’actualité aussitôt la neige revenue.</p>



<p>J’ai grandi avec mon père qui est un écologiste de la première heure, on a toujours été dans ce combat pour la protection du vivant et il y a une chose qui ne change pas&nbsp;: les aspects économique et social prédominent. C’est toujours l’homme et l’emploi avant tout… On occulte l’essentiel. On se trompe complètement de combat.</p>



<p>&#8211; <strong>L’effondrement du vivant – en particulier des populations d’insectes – prend une ampleur inouïe, mais ce qui paraît peut-être plus incroyable encore, c’est de constater que globalement les gens s’en foutent un peu, non&nbsp;?</strong></p>



<p>Absolument, c’est LE grand drame. C’est pour cela que la question de la transmission est fondamentale. J’ai conscience de la chance que j’ai eue de grandir avec une famille qui m’a ouvert les yeux sur la beauté de la nature, c’est une situation privilégiée et je m’en émerveille tous les jours. À présent mon rôle est de diffuser cela, car on ne protège bien que ce que l’on connaît. Or nous sommes formatés très tôt dans un système qui nous enlève cet émerveillement, alors qu’il est à la portée de chacun. Il y a, très tôt, une cécité qui est dramatique. Dès que les enfants sont au collège ils sont formatés pour avoir un travail, «&nbsp;une bonne situation&nbsp;», consommer, et à l’arrivée on n’a plus conscience de ce que l’on perd. On ne se rend pas compte que c’est grave de ne plus avoir de grand tétras, de lucane cerf-volant, de bois mort… Sans parler de la dimension poétique qu’on fracasse très tôt, en même temps que la singularité des individus.</p>



<p>Nous sommes une espèce qui grandit finalement de manière extrêmement égocentrique, on ne comprend pas que nous sommes tous liés, interdépendants. On a beau le dire, le répéter, ça ne change pas&nbsp;!</p>



<p>Il y a un grand manque d’éducation, alors qu’au plus profond de chaque être humain il y a cette sensibilité à la beauté des autres et du vivant. Il faut la réveiller, c’est ce qu’on a essayé de faire avec mon père à travers ce livre <em>L’oiseau-forêt</em>, avec <em>La Panthère des neiges</em> ou encore mon film <em>Ours, simplement sauvage</em>. Pour montrer qu’on peut cohabiter avec les grands prédateurs. C’est assez significatif, cette non-acceptation de celui qui «&nbsp;dérange&nbsp;».</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/27_0027001_2021-04-vos-5107--1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-555107" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/27_0027001_2021-04-vos-5107--1024x682.jpg 1024w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/27_0027001_2021-04-vos-5107--300x200.jpg 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/27_0027001_2021-04-vos-5107--768x512.jpg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/27_0027001_2021-04-vos-5107--1536x1024.jpg 1536w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/27_0027001_2021-04-vos-5107--610x407.jpg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/27_0027001_2021-04-vos-5107--1080x720.jpg 1080w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/27_0027001_2021-04-vos-5107--1280x853.jpg 1280w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/27_0027001_2021-04-vos-5107--980x653.jpg 980w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/27_0027001_2021-04-vos-5107--480x320.jpg 480w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/27_0027001_2021-04-vos-5107-.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Une chouette de Tengmalm à sa loge. V. Munier</em></figcaption></figure>



<p>&#8211; <strong>À travers ces récits on réalise que pour s’émerveiller du monde sauvage, encore faut-il savoir le regarder. Que vous inspirent ces nouvelles générations qui grandissent rivées sur le «&nbsp;feed&nbsp;» des réseaux sociaux&nbsp;? Vous avez emmené Sylvain Tesson, qui promène comme vous un regard attentif sur le monde, pourriez-vous partager ce type d’expérience avec une influenceuse TikTok par exemple&nbsp;?</strong></p>



<p>À une autre époque, en 1903, John Muir avait emmené Theodore Roosevelt bivouaquer en forêt pendant deux jours tout seul, sans son cabinet, et c’est suite à cette expédition que le président américain a créé le parc national de Yosemite. Par conséquent j’imagine qu’il est possible de ramener dans la nature des gens qui en sont déconnectés, d’autant plus des personnes décisionnaires.</p>



<p>Après, il est certain que les écrans nous ont amenés à un autre niveau de déconnexion. Ils nous font vivre les choses par procuration, de manière très furtive et superficielle. J’avoue m’en tenir un peu éloigné. Peut-être est-ce une erreur et il serait bon d’y vénérer plus la beauté du sauvage que laisser place à la vacuité des influenceurs qui nous incitent à consommer bêtement des produits inutiles.</p>



<p>&#8211;<strong> Il y a certes quelque chose d’inquiétant dans ce phénomène de surexposition aux écrans, mais il y a aussi de l’espoir quand on voit que beaucoup de jeunes se mobilisent.</strong></p>



<p>C’est vrai et il faut les encourager, accompagner l’élan de cette génération. J’ai apprécié le discours de ces jeunes étudiants ingénieurs d’AgroParisTech lors de la remise de leur diplôme. C’est tellement encourageant. De notre côté, on était d’ailleurs ravis de voir le succès de <em>La Panthère des neiges</em> auprès des jeunes. Pour ma part je demeure convaincu qu’une révolution des consciences est possible et la jeune génération joue un rôle essentiel.</p>



<p>De tout façon on doit avoir espoir, avancer, être dans le concret. Pour ma part je n’ai pas pris l’avion depuis le Tibet il y a 5 ans, et ce n’est pas faute d’invitations ! C’est dur car je réalise que ces voyages lointains dans le Grand Nord s’apparentaient à une sorte de fuite, liée au manque de place laissée aux bêtes sauvages dans notre pays, un pansement sur des plaies que je n’ai plus aujourd’hui. J’agis désormais localement, notamment en allant à la rencontre des écoles. J’ai dans ces moments-là le sentiment de faire ma part, même si j’ai bien conscience qu’un beau film ou un livre ne suffisent pas.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="684" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/17_0017_KKK2222-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-555108" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/17_0017_KKK2222-1024x684.jpg 1024w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/17_0017_KKK2222-300x200.jpg 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/17_0017_KKK2222-768x513.jpg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/17_0017_KKK2222-1536x1025.jpg 1536w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/17_0017_KKK2222-610x407.jpg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/17_0017_KKK2222-1080x721.jpg 1080w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/17_0017_KKK2222-1280x854.jpg 1280w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/17_0017_KKK2222-980x654.jpg 980w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/17_0017_KKK2222-480x320.jpg 480w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/17_0017_KKK2222.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>V. Munier</em></figcaption></figure>



<p>&#8211; <strong>Que pensez-vous de cette radicalité qui s’exprime à travers des actions-chocs, y compris désormais à l’initiative de scientifiques&nbsp;?</strong></p>



<p>Je la comprends tellement. Leur révolte est plus que légitime. On leur laisse un horrible héritage où les valeurs ont été basées majoritairement sur la croissance, le paraître, l’avoir…</p>



<p>Je me sens solidaire de ces actions. Elles sont des électrochocs qui sont nécessaires à ce stade.</p>



<p>&#8211; <strong>À propos d&#8217;héritage, le botaniste Francis Hallé propose de faire renaître une grande forêt sauvage, amenée à devenir un jour <a aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.foretprimaire-francishalle.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">une forêt primaire</a>, quelque part dans l’est de la France. La forêt des Vosges fait d’ailleurs partie des sites envisagés. Que vous inspire ce projet&nbsp;?</strong></p>



<p>Ce projet est nécessaire, même si je trouve que la surface est encore petite. Mais si on y arrive, ce serait vraiment fabuleux. J’ai assisté à quelques réunions et je me désole de voir qu’il y a des gens qui n’ont toujours pas saisi l’enjeu.</p>



<p>On se focalise toujours sur les emplois, la gestion, la maîtrise de l’homme sur la nature… Alors que ce projet a une belle dimension philosophique également. Évidemment qu’il faut le tenter. Sur 70 000 hectares c’est tout à fait possible&nbsp;: ce serait une sorte de laboratoire pour nos enfants, pour le futur, ce serait d’une richesse immense.</p>



<p>Laisser en libre évolution une forêt comme le propose Francis Hallé est un magnifique projet, mais il faut aussi avoir des forêts exploitées avec raison et bon sens, car on peut aussi y ramener de la biodiversité, en pratiquant par exemple la coupe sélective et en sortant du modèle des plantations d’arbres mono spécifiques.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="684" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/20_0020_KKK3112-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-555110" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/20_0020_KKK3112-1024x684.jpg 1024w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/20_0020_KKK3112-300x200.jpg 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/20_0020_KKK3112-768x513.jpg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/20_0020_KKK3112-1536x1025.jpg 1536w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/20_0020_KKK3112-610x407.jpg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/20_0020_KKK3112-1080x721.jpg 1080w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/20_0020_KKK3112-1280x854.jpg 1280w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/20_0020_KKK3112-980x654.jpg 980w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/20_0020_KKK3112-480x320.jpg 480w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/20_0020_KKK3112.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Aperçu d&#8217;une véritable forêt vivante. V. Munier</em></figcaption></figure>



<p>&#8211; <strong>À travers le titre du livre on comprend effectivement qu’au-delà du grand tétras, il est aussi question de la forêt. Mais pas n’importe quelle forêt…</strong></p>



<p>Dans ce titre – <em>L’oiseau-forêt</em> – il y a un côté totémique car cet oiseau est totalement inféodé à la forêt. Cette forêt que l’on réduit volontiers à du bois alors qu’elle est tellement plus, il y a tant de diversité&nbsp;! Cette naturalité peut être exploitée, mais avec raison et bon sens. On n’est pas obligé d’être dans la logique de cette agriculture intensive que l’on retrouve aussi en forêt, où les monocultures d’épicéas ou Douglas rappellent des champs de maïs. On voit bien que ces plantations d’arbres sont de véritables déserts écologiques qui se révèlent extrêmement fragiles face au réchauffement climatique, avec l’arrivée de parasites ou virus.</p>



<p>Ce sont là quelques enseignements du grand tétras : il faut de la qualité, de la diversité, des clairières, des essences d’arbres différentes, d’âges différents, avec du bois mort au sol, un mélange de strates arbustives… un foisonnement de vie.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="696" src="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/19_0019260706_2_33-1024x696.jpg" alt="" class="wp-image-555109" srcset="https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/19_0019260706_2_33-1024x696.jpg 1024w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/19_0019260706_2_33-300x204.jpg 300w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/19_0019260706_2_33-768x522.jpg 768w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/19_0019260706_2_33-1536x1044.jpg 1536w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/19_0019260706_2_33-610x414.jpg 610w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/19_0019260706_2_33-1080x734.jpg 1080w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/19_0019260706_2_33-1280x870.jpg 1280w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/19_0019260706_2_33-980x666.jpg 980w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/19_0019260706_2_33-480x326.jpg 480w, https://leterrien.fr/wp-content/uploads/2023/03/19_0019260706_2_33.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Plantation d&#8217;épicéas. V. Munier</em></figcaption></figure>



<p>&#8211; <strong>Votre passion pour l’observation du vivant est avant tout une histoire de transmission qui a débuté avec votre père. Vous avez un jeune fils, marche-t-il sur vos traces ?</strong></p>



<p>J’ai un fils de 12 ans que j’ai emmené bivouaquer très tôt sous la tente, dans la neige, dès l’âge de deux-trois ans. Est-ce qu’il sera aussi féru que mon père et moi, je ne sais pas. En tout cas je lui donne les valeurs qu’on m’a transmises très tôt et je suis ravi quand il m’appelle, tout excité de voir un Pic épeiche par la fenêtre.</p>



<p><a aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.vincentmunier.com/shop/loiseau-foret/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« <em>L&#8217;oiseau-forêt »</em></a>, <em>un livre de Michel Munier publié chez Kobalann Editions. 256 pages accompagnées d&#8217;une soixantaine d&#8217;images d&#8217;archives et de photographies naturalistes.</em></p>



<p><em>Portrait de Vincent Munier (image principale) : Benoît Aymon.</em></p>



<p></p>



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<p>L’article <a href="https://leterrien.fr/focus/le-grand-tetras-ma-eclaire-sur-ce-quest-une-veritable-foret-vivante-vincent-munier/">&lt;strong&gt;« Le Grand Tétras m’a éclairé sur ce qu’est une véritable forêt vivante » Vincent Munier&lt;/strong&gt;</a> est apparu en premier sur <a href="https://leterrien.fr">Le Terrien</a>.</p>
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		<title>Chez beaucoup, à Noël, l’écologie s’est invitée entre la dinde et le dessert</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ghislain Journé]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Dec 2022 15:25:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Focus]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avant les fêtes on a lu beaucoup d’articles boîte à outils pour savoir comment aborder les questions environnementales qui ne manqueraient pas de s’inviter au repas de Noël. On pouvait [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Avant les fêtes on a lu beaucoup d’articles boîte à outils pour savoir comment aborder les questions environnementales qui ne manqueraient pas de s’inviter au repas de Noël. On pouvait trouver des conseils utiles pour savoir quoi répondre au grand père climatosceptique – quelques spécimens sévissent toujours – ou à la tante réac qui rejette la faute sur ces chinois qui « polluent tellement plus que nous », sans se mettre à dos tout le monde en passant pour un Khmer vert, comme le cousin vegan resté à Clermont-Ferrand pour cause de TGV annulé et refus de se rabattre sur un mode de transport émetteur de CO2.</p>



<p>Pour ma part j’étais certain que mes pintades aux abricots et leur purée maison accompagnées d’un Château La Lagune emmèneraient les convives vers des sujets plus festifs ou tout au moins plus consensuels. Hélas il n’en fut rien et la jeune génération, incontestablement plus préoccupée par la question écologique, emmena rapidement la conversation sur <a href="https://leterrien.fr/inspirant/dabord-jai-pleure-et-puis-jai-reagi/" target="_blank" aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" rel="noreferrer noopener">l’éco-anxiété</a>. De quoi s’agissait-il, qui l’était et surtout comment gérer cette détresse&nbsp;?</p>



<p>Les baby-boomers présents reconnurent qu’aucune question existentielle de cet ordre n’avait traversé leur esprit quand ils étaient jeunes et on sentait chez eux une certaine inquiétude à voir des gens de vingt ans se poser des questions aussi sérieuses, avec toutes les répercussions que cela implique, à commencer par la remise en question du choix d’avoir des enfants dans un monde dans lequel il paraît si difficile de se projeter.</p>



<p>De cet échange un peu chaotique il n’est pas sorti de grande idée ou de réponse simple, plutôt de la confusion. La discussion a finalement bifurqué vers d’autres sujets, les convives percevant certainement le poids du débat sur l’ambiance générale.</p>



<p>Je serais curieux de savoir combien de familles ont été percutées par ce thème à l’occasion du dîner de Noël. Beaucoup, c’est certain. Comment pourrait-il en être autrement après une année 2022 marquées au fer rouge par les crises écologiques&nbsp;?</p>



<p>Certains relativisent la gravité du problème ou affichent une confiance absolue dans le progrès, d’autres assument une relative indifférence, d’aucuns apparaissent anxieux voire dépassés… Les dîners de famille offrent ainsi, à travers une palette de sentiments mêlés, une expérience sociologique passionnante. On comprend surtout que la crise écologique ne peut pas être abordée comme n’importe quel sujet tant ses implications sur nos vies sont profondes et complexes.</p>



<p>Ce qu’il en ressort, me semble-t-il, c’est qu’en 2022 la prise de conscience est globalement là, la gravité de la situation ne fait plus guère débat. On sent monter une peur que chacun gère comme il peut devant un phénomène qui nous dépasse par son ampleur et sa gravité, sa rapidité aussi. </p>



<p>Je me remémore ainsi une interview il y a quelques années dans laquelle un écologue expliquait que les conditions de la vie sur terre ; les choses banales du quotidien telles que les saisons, les températures clémentes sous nos latitudes, la biodiversité à l’état d’abondance etc. étaient en réalité un pur miracle d’une fragilité extrême.</p>



<p>Aujourd’hui nous commençons à véritablement comprendre cela, que ce qui était jusqu’alors considéré comme acquis – une planète habitable – ne l’est plus, voyant se produire sous nos yeux des événements qui paraissaient inimaginable il y a seulement deux décennies. Je me souviens qu&#8217;à l&#8217;occasion de mon premier vote pour une élection présidentielle – c’était en 2002 – déjà préoccupé par les questions environnementales je votai pour la candidate Corinne Lepage. À cette époque on parlait beaucoup de pollution de l’air, de déchets nucléaires, d’OGM, beaucoup moins d’énergies renouvelables, presque pas de réchauffement climatique et pas du tout d&#8217;effondrement de la biodiversité. Si on m’avait alors dit qu’en 2022 on dépasserait 40 degrés l’été à Paris, que les 50 degrés seraient en ligne de mire et qu&#8217;on aurait perdu 80% des insectes en Europe, je n’y aurais certainement pas cru.</p>



<p>Il faut prendre la mesure du séisme que ces événements produisent sur nous, la remise en cause des modèles établis, ceci d’autant que nous commençons à comprendre que nous sommes certainement loin d’avoir tout vu.</p>



<p>Malgré ce contexte pour le moins anxiogène, il est possible de puiser de l’inspiration, du courage et même du bonheur dans tous les changements profonds qui s’imposent. Car il y a une conviction que j’ai acquise en discutant avec toutes les personnes interviewées pour Le Terrien : les opportunités, les <a aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://leterrien.fr/inspirant/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">personnes inspirantes</a>, les expériences à vivre sont nombreuses dans cette nouvelle perspective qu&#8217;il nous faut tracer. Tout n&#8217;est pas que catastrophes et sacrifices, il y a du sens et du bonheur à la clé, aussi.</p>



<p>Même l&#8217;astrophysicien Aurélien Barrau, qui n&#8217;est pas connu pour son optimisme sur ces sujets, admet qu&#8217;il y a quelque chose d&#8217;exaltant dans la période actuelle et dans les opportunités qui s&#8217;offrent à nous.</p>



<p>En 2023 je vous souhaite donc d&#8217;aborder l&#8217;année en saisissant ce potentiel, et si ce n&#8217;est pas déjà fait de trouver le projet qui vous animera et vous aidera à stimuler l’acteur du changement qui est en vous. Quoiqu’il en soit ce n&#8217;est pas le moment d&#8217;être abattu car les challenges qui s&#8217;annoncent sont avant tout des occasions de vivre mieux !</p>



<p><em>Photo principale :  capture d&#8217;écran tirée du clip &#8220;All I Want For Christmas Is You&#8221; de Mariah Carey</em>.</p>
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		<title>« La question de la dette climatique doit être au cœur de cette COP africaine » Aurore Mathieu, du Réseau Action Climat</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ghislain Journé]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Nov 2022 13:11:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Focus]]></category>
		<category><![CDATA[Grand Format]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aurore Mathieu est responsable des Politiques Internationales auprès du Réseau Action Climat – fédération de 37 ONG qui travaillent sur le changement climatique – en charge notamment du suivi des [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://leterrien.fr/focus/la-question-de-la-dette-climatique-doit-etre-au-coeur-de-cette-cop-africaine-aurore-mathieu-du-reseau-action-climat/">« La question de la dette climatique doit être au cœur de cette COP africaine » Aurore Mathieu, du Réseau Action Climat</a> est apparu en premier sur <a href="https://leterrien.fr">Le Terrien</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Aurore Mathieu est responsable des Politiques Internationales auprès du Réseau Action Climat – fédération de 37 ONG qui travaillent sur le changement climatique – en charge notamment du suivi des négociations climatiques dans le cadre des COP. Elle revient pour nous sur les points clés de la COP 27 qui se tient en Égypte du 6 au 18 novembre.</em></p>



<p>&#8211; <strong>Avez-vous le sentiment que l’accélération du dérèglement climatique fait bouger les lignes à la veille de cette nouvelle COP&nbsp;?</strong></p>



<p>Il y a une prise de conscience de plus en plus réelle des dirigeants sur la nécessité d’agir mais qui se traduit encore peu en actes, même à l’approche de la COP où on est encore loin de voir ce qu’on aimerait voir, à savoir des gestes politiques forts pour baisser les émissions encore plus rapidement.</p>



<p>Lors de la précédente COP à Glasgow les pays s’étaient pourtant mis d’accord pour revenir cette année avec des plans de réduction des émissions plus importants, or on n’a que 23 pays qui ont soumis des nouveaux plans auprès des Nations Unies. Sur la question des financements les pays développés n’ont toujours pas fourni les 100 milliards promis aux pays en développement pour les aider à engager leur transition. Donc les discours sont là, les actes beaucoup moins.</p>



<p>On constate aussi sur le plan énergétique que dans le contexte de la guerre en Ukraine de nombreux pays rétropédalent sur l’exploitation des énergies fossiles, notamment du gaz naturel liquéfié. Autant de signes qui vont à l’encontre des engagements pris.</p>



<p>&#8211; <strong>L’idée de la fin de l’abondance a marqué la rentrée, ce qui laissait entendre qu’on allait – enfin – se projeter sur le long terme, mais finalement on ne parle que des pénuries d’énergie cet hiver…</strong></p>



<p>Il y a vraiment une grande difficulté à planifier sur le long terme avec un temps politique qui n’est pas aligné avec la perspective climatique. Il y a parfois des sursauts de prise de conscience mais pas encore d’action systémique de grande ampleur, il n’y a toujours pas ce grand récit, on pose encore des petits pansements.</p>



<p>&#8211; <strong>Peut-on espérer des avancées pour cette COP de Charm El-Cheikh en Egypte ?</strong></p>



<p>On est sur une COP de la mise en œuvre, il s’agit de délivrer les promesses, la volonté de la présidence égyptienne est d’ailleurs de «&nbsp;rentrer dans le dur&nbsp;» de la mise en œuvre. Sauf que celle-ci se fait au niveau national, domestique. Or le gros enjeu va être sur la réponse aux impacts qui sont de plus en plus palpables, et cela doit passer notamment par le financement au profit de pays et de communautés livrées à elles-mêmes alors même qu’elles sont très exposées et pas ou très peu responsables des dommages qu’elles subissent. La COP 27 doit se décentrer de la seule réduction des émissions, même si cela reste très important et doit rester bien sûr au cœur des négociations.</p>



<p>En même temps, les pays du nord doivent donc aussi apporter une réponse aux impacts que subissent les populations du sud. Cela fait plusieurs années que cette question de la finance est un point de tension, dans un contexte de COP Africaine, un continent particulièrement touché par les impacts climatiques, on attend logiquement qu’elle apporte un début de réponse sur ce point.</p>



<p>&#8211; <strong>Pourtant on sent que les choses bougent au niveau des pays, des institutions et des opinions publiques, on se rappelle du secrétaire général des Nations unies <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/11/04/antonio-guterres-un-diplomate-du-climat-a-la-tete-des-des-nations-unies_6148517_3244.html" target="_blank" aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" rel="noreferrer noopener">Antonio Guterres en visite au Pakistan</a> dévasté par les inondations qui disait «&nbsp;n’avoir simplement pas de mots&nbsp;» pour décrire ce qu’il avait vu… Qu’est-ce qui bloque pour mobiliser ces 100 milliards par an pour les pays pauvres&nbsp;?</strong></p>



<p>Oui au niveau des pays on sent que les choses bougent effectivement, en revanche en matière de solidarité internationale c’est une autre histoire. Or un des principes fondamentaux de la crise climatique est qu’une minorité de pays en sont responsables, ceux-là même qui ont le plus la capacité d’y répondre. Les pays riches. La lutte ne se fait pas que chez soi, il y a toute une diplomatie climatique à intégrer. Certains pays comme les États-Unis et l’Australie sont prêts à réduire leurs émissions domestiques, en revanche ils sont quasiment absents sur la question des finances climat, ils donnent très peu aux pays du sud. C’est comme s’ils n’avaient qu’une partie de leur politique climatique qui était fonctionnelle. Alors même qu’une division entre pays du nord et pays du sud se creuse face à l’incapacité des pays du nord à payer leur dette climatique, ce qui permettrait de surcroît d’avoir des négociations apaisées sur bien d’autres sujets.</p>



<p>À ce jour on ne sait toujours pas quand les 100 milliards seront mobilisés. En 2020 on était à 83 milliards, ça augmente chaque année mais on est encore en retard, pareil pour la finance privée qui ne contribue pas suffisamment aux objectifs climatiques du sud et sont très peu mobilisés sur la question climatique, fournissant encore beaucoup trop d’argent aux entreprises des énergies fossiles malgré des effets d’annonce qui relèvent trop souvent du green washing.</p>



<p>&#8211; <strong>La planète s’est déjà réchauffée de 1,2 degrés par rapport à l’époque pré-industrielle et on mesure l’importance du dérèglement que cela engendre. Dans leur récente synthèse Le Programme des Nations unies pour l’environnement et l’ONU Climat évoquent un réchauffement de 2,8 degrés d’ici la fin du siècle, avec à la clé des conséquences difficilement imaginables. Il n’est pas trop tard&nbsp;?</strong></p>



<p>On va dépasser les 1,5 degrés, cette bataille-là est sans doute déjà perdue. En revanche nous avons d’autres objectifs à tenir, le premier étant de limiter les émissions de 45% à l’horizon 2030, or clairement on n’est toujours pas dedans puisqu’à l’échelle de la planète on augmente encore nos émissions, surtout depuis la reprise post COVID. On n’est donc pas dans la bonne trajectoire, mais cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas la rectifier. Ce n’est pas le moment d’être défaitiste, on peut encore agir pour limiter au maximum ce dépassement et je vous assure que ça vaut le coup quand on sait quel est l’impact de chaque dixième de degré supplémentaire&nbsp;!</p>



<p>C’est précisément la mission des organisations comme le Réseau Action Climat&nbsp;: pousser la France d’abord à respecter ses engagements pris sur le plan international, ensuite à être moteur de cette dynamique.</p>



<p>&#8211; <strong>L’action est-elle un bon remède contre l’éco-anxiété&nbsp;?</strong></p>



<p>Absolument, même si les actions de chacun sont bonnes à prendre mais ne suffisent pas. En démocratie le vote compte beaucoup aussi&nbsp;!</p>



<p><em>Photo principale : vue du Kilimanjaro depuis le Parc National Amboseli, au Kenya / Sergey Pesterev. Quel que soit le scénario climatique, au moins un tiers des glaciers classés au patrimoine mondial de l’humanité sont amenés à disparaître d’ici 2050, alertait l’Unesco à quelques jours de la COP 27 en Égypte. Le Kilimandjaro figure parmi les glaciers les plus emblématiques menacés, de même que ceux du Yellowstone, des Dolomites ou encore les glaciers des Pyrénées-Mont Perdu en France et en Espagne.</em></p>
<p>L’article <a href="https://leterrien.fr/focus/la-question-de-la-dette-climatique-doit-etre-au-coeur-de-cette-cop-africaine-aurore-mathieu-du-reseau-action-climat/">« La question de la dette climatique doit être au cœur de cette COP africaine » Aurore Mathieu, du Réseau Action Climat</a> est apparu en premier sur <a href="https://leterrien.fr">Le Terrien</a>.</p>
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