Ces arbres centenaires ont une histoire à vous raconter

mardi 13 septembre 2022

Nous sommes retournés voir l’emblématique chêne du château de Cormatin situé à quelques kilomètres de Cluny, dans le sud de la Bourgogne. La dernière fois c’était en juin 2020.

En l’espace de (seulement) deux ans, plusieurs sécheresses et canicules historiques se sont succédé, impactant durement l’ensemble des écosystèmes et le règne végétal en particulier. Le microbiologiste Francis Martin l’a résumé sur France Inter le 5 août, « une proportion significative des arbres est en train de mourir ». À l’image du vieux chêne de Cormatin qui semble avoir définitivement rendu l’âme, terrassé par une décennie de tous les records. Si on compare la photo principale et celle prise en 2012 (ci-dessous), les images parlent d’elles-mêmes. Ayant poussé sans la concurrence d’autres arbres à proximité, cet arbre remarquable profitait pourtant d’une situation exceptionnelle, au bord d’un plan d’eau. Il a vraisemblablement été plutôt impacté par les températures extrêmes relevées lors des derniers épisodes de canicules.

Le chêne centenaire de Cormatin (flèche noire) photographié en 2012.

Le réchauffement climatique étant un phénomène global, on fait le même constat partout sur la planète, comme dans le sud de la Californie ou l’analyse des anneaux de croissance d’un pin Douglas âgé de plus de 500 ans a récemment mis en lumière – mieux que n’importe quel graphique du GIEC – le bouleversement climatique à l’œuvre. Un article y a été consacré par le New York Times le 20 juillet dernier : « This 500 Year Old Tree in California has a Story to Tell ».

En Californie, le témoignage édifiant d’un pin Douglas âgé de 500 ans

Toutes les années, depuis la naissance de l’arbre, sont marquées par des anneaux de croissance. Plus ceux-ci sont larges, plus la croissance de l’arbre a été importante l’année en question, laissant supposer des conditions climatiques favorables. L’analyse des 5 siècles permet de constater une grande régularité des cycles de croissance de l’arbre, avec, très ponctuellement, des épisodes de sécheresse laissant apparaître des anneaux plus fins.
La grande sécheresse de 1571 est marquée par un micro-anneau de croissance. Cette année là, l’arbre n’a quasiment pas poussé pour faire face à la sécheresse. Isolé, cet événement n’a pas remis en cause son existence. Des épisodes comme celui-ci, le pin Douglas en a connu plusieurs tout au long de sa longue existence…
Mais sur la dernière décennie, les choses s’emballent très nettement, à une fréquence jusque là inconnue dans toute l’histoire de l’arbre : entre 2013 et 2016 sa croissance est difficilement décelable. Quant à l’année 2021, elle est inexistante.

Dans le sud-ouest des États-Unis, la pire sécheresse depuis 1200 ans

C’est la conclusion d’une récente étude publiée dans la revue Nature Climate Change et relayée par le New York Times. Analyse illustrée par un graphique saisissant dans lequel on retrouve les différents épisodes de sécheresses qui ont marqué les siècles et plus particulièrement la dernière méga sécheresse de 1572. Sécheresse attestée par les anneaux de croissance du pins Douglas multi centenaire.

On y voit clairement l’émergence d’une nouvelle méga sécheresse dont les effets sur la croissance de l’arbre sont bien visibles : l’arbre a stoppé sa croissance et lutte désormais pour sa survie. Comme tant d’autres partout sur Terre.

Source : The New York Times.

Photo principale : le chêne remarquable du château de Cormatin, photographié en août 2022.

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