Le canal de Suez à nouveau bloqué par un cargo, le commandant avance une motivation écologique

jeudi 01 avril 2021

« Nee, ik vaar niet verder »… « Non, je n’irai pas plus loin ». Voilà ce qu’a répondu Bart Van Outheusden, le capitaine hollandais, lorsque les autorités de régulation du canal de Suez lui ont donné l’autorisation de s’engager. Avec à son bord plus de 300 000 tonnes de pétrole brut, le supertanker bloque en partie l’accès au canal depuis hier soir 21h (source : Al Jazeera). Le commandant du cargo expliquait hier son geste au journaliste : « j’ai contracté la COVID il y a quelques mois et ça a été un déclic… J’ai réalisé que nos modes de vie ultra mondialisés n’étaient plus soutenables. Alors quand on s’est retrouvés bloqués derrière Ever Given (le navire échoué pendant plusieurs jours) ma conscience m’a ordonné de « faire quelque chose ».

Révolté par l’inaction des gouvernements face à la crise écologique, l’homme estime que face au mur de l’urgence climatique « toute action est justifiée dès lors qu’elle reste pacifique. Moi j’ai la possibilité de freiner le commerce des énergies fossiles, alors je le fais. À chacun de faire sa part du job. Voter c’est un début, mais ça ne suffit plus. »

Au journaliste qui lui fit remarquer qu’en transportant du pétrole il était dans une contradiction, le capitaine a répondu « nous sommes tous plus ou moins imbriqués dans ce système, chacun avec nos contradictions. Il n’y a pas les bons d’un côté et les méchants de l’autre. Mobilisons-nous plutôt pour changer le cours des choses, comme je le fais aujourd’hui. »

Bart Van Outheusden, capitaine de Less is Good

Le capitaine se fait peu d’illusions sur son avenir professionnel au sein de la compagnie de transport maritime qui l’emploie. Il affirme toutefois avoir « un plan B » : « je compte me recycler dans le transport fluvial, tout comme mon meilleur ami pilote de ligne qui s’est reconverti dans le rail. Beaucoup de métiers vont être amenés à disparaître, mais d’autres vont se développer. À nous de nous réinventer ! » plaide-t-il avec philosophie.

Quand on lui demande s’il ne craint pas les conséquences de son action, le néo-activiste répond sans hésiter : « je crains beaucoup plus les conséquences de mon inaction, de notre inaction ! ».

Sommé de remettre en marche son supertanker sous peine de poursuites, Bart Van Outheusden clame son message à qui veut l’entendre et ne compte manifestement pas en rester là. Armé d’un rouleau de peinture blanche, harnaché à son baudrier, il s’apprête à rebaptiser son navire Less Is Good avec un immense hashtag accolé. « Cette action ne serait pas possible sans la mobilisation d’une formidable équipe ici à bord » précise-t-il.

Tous disent partager un même espoir : voir émerger une société « plus sobre, plus heureuse ».

#LessIsGood #PoissonDAvril

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