Un jardin alpin au cœur de Paris

jeudi 03 juin 2021

Les habitués s’y recueillent volontiers en début de matinée, quand le silence et la fraîcheur enveloppent ce petit Eden logé dans une enclave du Jardin des Plantes à Paris. Si on vous y emmenait les yeux bandés, vous ne croiriez pas que cet écrin de nature sauvage se situe à quelques pas de la gare d’Austerlitz et des quais congestionnés.

Dans une tribune très commentée, l’humoriste Gaspard Proust s’interrogeait sur le sens de l’écologie en ville : « Quel rapport véritable à la nature peut-on avoir en vivant à Paris ? (…) Les écolos-urbains, c’est un oxymore » assénait-il. Une promenade matinale au Jardin Alpin offrira la meilleure réponse au polémiste pour qui la place de la nature se trouve ailleurs, à la campagne. Partout, la nature nous est vitale et même en ville nous pouvons entretenir avec elle une véritable relation charnelle, en atteste ce merveilleux refuge. Et si rechercher une qualité de vie dans ce contact étroit avec la nature, c’est être perçu par certains comme « écolo-bobo », assumons fièrement l’étiquette !

Après une promenade même courte dans ce jardin des sens, on ressort réellement apaisé. Aussi, quand on réalise que cette prouesse paysagère recouvre une surface d’à peine 2 000 mètres carrés, on se dit qu’il faudrait en disséminer partout dans la ville, des quais piétons au pied des tours de la Défense. À la clé, des bénéfices très concrets et pas seulement pour la biodiversité : îlot de fraîcheur, atténuation du bruit, espace de déconnexion… Une véritable médecine douce du quotidien pour des urbains qui ont pu mesurer le caractère vital de la nature pendant les confinements.

Immersion en pleine nature… à Paris

À quelques pas du Jardin Alpin, une mini-prairie haute parsemée de coquelicots.
En pénétrant dans le Jardin Alpin, on est accueilli par ce majestueux charme pleureur centenaire.
Sous le feuillage du charme pleureur
On s’assoit volontiers pour profiter des panoramas exceptionnels qu’offre ce refuge

« Les premiers jardins alpins apparurent au milieu du XIXe siècle en Europe. Ils furent créés d’abord en altitude dans le massif alpin, puis se développèrent au début du XXe siècle en plaine, dont celui du Jardin des Plantes (1930-1936). En France, on donnera à ces jardins le nom d’alpin, de par la provenance des plantes, collectées principalement dans les Alpes. Le jardin alpin du Muséum regroupe aujourd’hui 32 rocailles différenciées selon des secteurs géographiques (Alpes, Caucase, Himalaya, …) et des milieux montagnards reconstitués (tourbière, éboulis, mégaphorbiaie, …). » Site du Jardin des Plantes.

Rocailles caractéristiques des milieux montagnards. Au centre, un bouleau.
Les pas japonais permettent de se promener au plus près des plantes sans risquer d’abîmer les massifs.

« Le jardin Alpin, tel que nous le connaissons aujourd’hui par sa situation au sein du Jardin des Plantes, est né dans les années 1930 de l’initiative d’André Guillaumin (1885 – 1976), botaniste, assistant de la chaire de Culture au Muséum. Avec la collaboration de Camille Guinet et Mariska Heklova, il réaménage le carré des couches, utilisé comme un lieu d’expérimentation depuis le XVIIIe siècle. Sa forme particulière en cuvette et sa situation par rapport à l’ensoleillement permettent de reproduire les favorables conditions pour l’acclimatation des plantes provenant de différentes altitudes. » Site du Jardin des Plantes.

Au Jardin Alpin la tonte se fait manuellement avec une tondeuse à lames hélicoïdales. Celle-ci évite les nuisances sonores et permet surtout de couper les brins d’herbe et non de les arracher comme le font les tondeuses motorisées. On obtient ainsi une pelouse plus compacte, fournie et rase.
Une charmille enveloppe le promeneur.
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1 Commentaire

  1. Fritsch Arlette

    Magnifique jardin

    Réponse

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