Le bonheur est dans le Perche

dimanche 22 mars 2020

Jean-Edouard Jeauneau est éleveur. Il bichonne 120 vaches Red Angus sur 130 hectares de prairie biologique en plein cœur du parc naturel du Perche, à deux heures au sud-ouest de Paris. Si les vaches pouvaient noter leurs conditions de vies elles mettraient sans doute 10/10 à cette ferme engagée dans un modèle d’élevage traditionnel extensif. On pourrait difficilement être plus éloigné du système intensif.

Jean-Edouard Jeauneau avec Sultan, taureau de race Red Angus

Ici les animaux vivent dans des conditions irréprochables et lorsqu’on pénètre dans le bâtiment on remarque immédiatement des signes qui ne trompent pas : les vaches se laissent volontiers approcher, elles sont paisibles et d’une remarquable beauté. Contrairement aux élevages intensifs où les bêtes vivent entassées dans une odeur d’ammoniac insoutenable, ici l’odeur du foin vous enveloppe. Les animaux évoluent à leur guise entre la prairie alentour et la stabulation où le fourrage récolté pendant l’été leur est distribué à volonté pendant l’hiver. Les veaux cabotinent joyeusement au milieu du troupeau et reviennent téter leur mère avec laquelle ils vivent jusqu’à 8 mois – dans les élevages intensifs ils sont arrachés à la mère dès la naissance. Il n’y a pas de mots pour comparer une ferme comme celle-ci avec un élevage industriel. Il faut le voir de ses propres yeux, le sentir, le toucher pour comprendre que ce type d’élevage, dramatiquement minoritaire, devrait être LA norme.

Quant à notre éleveur il est intarissable sur son métier et sa passion pour les bêtes. En témoigne son attachement pour Ulysse et Vishnu, ses deux magnifiques chevaux percherons qu’il a dû se résigner à vendre après un accident d’équitation. Hors de question toutefois de séparer le tandem. « Pourquoi ?

– Parce qu’on ne sépare pas deux frères » rétorque notre amoureux des animaux.

Bien qu’il ne puisse les garder, son sang ne fit qu’un tour lorsqu’un acquéreur potentiel sembla davantage s’intéresser à leur prix au kilo.

« Dehors ! » lâcha-t-il sans une seconde d’hésitation. On peut donc être éleveur et avoir un cœur, n’en déplaise aux végans et autres animalistes qui connaissent si mal le monde paysan.

Mais revenons à nos vaches : ici chacune dispose d’un hectare de prairie et profite d’une alimentation 100% bio et locale. Avec une durée de vie qui ferait pâlir d’envie l’ensemble du règne bovin : 6 ans en moyenne pour les femelles, 3 ans pour les mâles. Ça peut paraître court, c’est pourtant une belle vie pour des animaux destinés à l’alimentation humaine.

Qu’on adhère ou pas à la consommation de viande, on peut tomber d’accord sur une chose : la planète se porterait mieux si les humains consommaient moins de viande, mais mieux. Car la viande rouge est un produit d’exception, on l’a oublié. Votre budget ne vous permet pas d’acheter cette viande-là ? Suivez plutôt ces 3 conseils :

– Mangez moins de viande et utilisez les économies réalisées pour acheter de la qualité ;

– Achetez en direct de l’exploitation. Vous économiserez ainsi la marge des distributeurs et aurez accès à une alimentation de bien meilleure qualité ;

– Interrogez-vous vraiment sur le prix de cette viande que vous jugez « chère » : lorsqu’on mesure le travail de l’éleveur et le sacrifice d’une bête, est-ce finalement si cher de mettre quelques euros supplémentaires au kilo lorsqu’il en va de notre santé, de celle des animaux et finalement de notre planète ?

En attendant rendez-vous dans les exploitations comme celles de Jean-Edouard Jeauneau. L’occasion de transmettre de fabuleuses leçons de choses aux enfants et découvrir de magnifiques terroirs.

Le Perche on vous le dit, c’est le paradis.

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